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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:58

 Les Havres Gris…

 

Haldir avait beau avoir beaucoup voyagé sur les Terres du Milieu, jamais il n’avait vu la mer auparavant. Comme nombre de Galadhrims, son cœur fut saisit par une douce mélancolie devant le spectacle des vagues venant caresser le rivage. Il ferma les yeux et savoura un instant cette impression de plénitude, laissant le vent marin jouer avec ses longs cheveux d’argent.

Et boum, il tomba de son cheval !

 

Un bruit de cavalcade et des rires étouffés : il eut juste le temps de voir deux grosses touffes bouclées disparaître derrière les rochers. Mais c’était suffisant pour en déduire que ces deux petits cornichons de Merry et Pippin lui avaient encore joué un mauvais tour. Effectivement il trouva la sangle de sa selle coupée net : le diable soit de leurs sales petits pieds poilus et silencieux ! Il n’aurait donc jamais la paix ?? Entre les blagues idiotes de ces deux là, l’odeur d’Aragorn, la bêtise congénitale de Legolas, l’existence même de Gimli et la nymphomanie - uniquement dirigée contre lui - de Melian, il y avait de quoi se frapper la tête contre un tronc d’arbre.

Tiens, d’ailleurs où était-elle passée? Il ne se souvenait pas l’avoir beaucoup vue de tout le voyage ; alors que normalement elle aurait dû en profiter pour tenter de l’attacher à un arbre et lui faire subir les pires tourments ; comme d’hab, quoi…

Combien de fois avait-il eu envie de lui dire « il vaudrait mieux ne plus se revoir nous deux ! », suivi d’une ribambelle d’insultes en tout genre ? Surtout après la fois où elle l’avait séquestré pour mener une étude sur la sexualité des elfes en l’utilisant comme cobaye.

Il n’allait quand même pas se plaindre qu’elle le lâche un peu, non ? Et puis, il avait mieux à faire, comme profiter de l’air marin vivifiant et SPLOUITCH : une mouette venait de lui chier sur la tête ! Décidément c’était pas sa journée.

 

* * *

Les elfes entrèrent dans la ville et s’assemblèrent sur les quais. Cirdan, le constructeur de bateau était là. Par Eru : quelle barbe ! Quel âge pouvait bien avoir cet elfe pour se trimballer avec un truc pareil accroché au menton ?? Les seigneurs des elfes se retirèrent, tandis qu’on chargeait les bateaux. L’attente serait brève : on allait voyager léger. Ce départ était prévu de longue date et plusieurs convois de meubles précieux et autres tapisseries rares avaient déjà fait voile vers Valinor, menés par les elfes qui souhaitaient se rendre sur les Terres Immortelles pour préparer le terrain.

Parmi ces derniers, Rumil et Orophin, très motivés par la perspective de draguer de nouvelles nanas pour l’un (Haldir doutait fortement qu’il aurait plus de succès à Valinor qu’en Lothlorien) et de découvrir de nouvelles espèces de coléoptères pour l’autre. Ils avaient fait voile ensemble la semaine précédente.

 

Mais aujourd’hui le dernier bateau officiel quittait les Terres du Milieu.

 

Dorénavant, Fondcombe et Caras Galadhorn, les deux grandes cités elfiques, n’étaient plus habitées que par les spectres des temps jadis.

Quand les humains viendraient les piller, ils ne trouveraient que des monceaux de vieilles paperasses concernant la culture du rutabaga et des meubles Ikea sans grande valeur.

 

* * *

 

Quand l’heure d’embarquer fut venue, Haldir se débrouilla pour ne dire au revoir à personne : il détestait les adieux déchirants. Surtout non réciproques. Franchement, qui allait vraiment lui manquer parmi cette bande de guignols de foire ?

 

Cependant, voyant Melian assise sur une bite d’amarrage, l’horizon semblant bien mort dans ses yeux délavés, quelque chose le poussa à s’avancer vers elle.      

        

« Au revoir Melian.

-               Au revoir Haldir »

 

Si jamais il exista un ton plus neutre, il ne le fut sans doute guère plus que celui qu’ils employèrent alors.

 

Et ils se firent la bise, veillant bien à ce que leurs lèvres ne touchent pas la peau de l’autre.

 

Haldir se dirigea alors imperturbablement vers la passerelle, se prit les pieds dedans et faillit tomber à l’eau. Il ne dût son salut qu’à l’intervention de Celeborn qui le rattrapa en lui saisissant le bras.

Le souverain de Lothlorien, plongeant son regard énigmatique dans celui d’Haldir, lui avait alors annoncé :

 

« Le aphadar aen ! »

 

Haldir l’avait regardé, éberlué : « Hein ??? »

 

« Nan, laisse tomber, Haldir, j’avais juste envie de prononcer cette phrase une dernière fois en quittant les Terres du Milieu…

 

- Mais au fait, Monseigneur, ne deviez-vous pas rester en Lorien, jusqu’à ce que les arbres dépérissent ?

- Ouais, je m’étais dit que j’allais faire ça au début, mais Galadriel m’a convaincu de me barrer, après m’avoir fait lire des fanfictions pornos du futur dans lesquelles tout ce que les Terres du Milieu comptent encore d’elfes me passe sur le corps !

- Ah ok ! » Et ils s’installèrent tous deux auprès de Galadriel, d’Elrond et de Gandalf en première classe tandis que les immigrants irlandais devaient s’estimer heureux de trouver une paillasse à fond de cale…

 

* * *

 

Après beaucoup de blabla pénible, on fit monter Bilbon et Frodon à bord. En effet, ce départ était aussi celui des derniers porteurs de l’anneau, mais Haldir s’en foutait.

 

Appuyé contre le bastingage, il regardait vers l’Ouest.

Valinor.

Les Terres Immortelles.

Lui qui était né lors des heures les plus sombres du deuxième âge, n’avait bien entendu jamais foulé les blancs rivages d’Alqualondë. Tout ce qu’il connaissait, tout ce qu’il avait aimé était derrière lui. Comme presque tous ceux de son peuple, il s’apprêtait à dire adieu aux Terres du Milieu.

On leva l’ancre et, tandis que les oiseaux marins les accompagnaient de leurs chants, le bateau s’ébranla et quitta le port.

 

Oh, il restait bien quelques glandus d’elfes trop froussards pour faire le grand voyage, d’autres tellement crétins qu’ils préféraient vivre avec leurs amis nains, d’autres encore qui ne se voyaient pas laisser les Valars leur dicter leur conduite. Parmi ces derniers, beaucoup d’elfes verts dont la seule occupation depuis le premier âge consistait à forniquer dans les buissons et qui s’imaginaient mal, d’un coup, passer toutes leurs journées à écouter les méditations philosophiques transcendantales de Manwë.

Quels bande de nazes : passer à côté de la chance de connaître enfin la paix, dans un endroit créé pour les elfes où tout n’était que calme, luxe et volupté. Le son de mille harpes, la fragrance de mille fleurs, le goût de mille fruits délicieux, les couleurs changeantes d’un ciel éternel et la douceur soyeuse de l’herbe tiède : oui ! Enfin il allait pouvoir se la couler douce !

Que pouvait-on souhaiter de plus ?

 

* * *

 

Haldir s’était juré de ne pas regarder en arrière -notamment pour ne pas revoir l’abominable barbe de Cirdan leur souhaitant bon voyage depuis le quai. Cependant, alors qu’il replaçait une mèche de cheveux derrière son oreille pointue, quelque chose attira son attention et il se retourna.

Là-bas, sur le port, tandis que Legolas et Gimli jouaient à saute-mouton et que Merry et Pippin faisaient cuire du bacon et des saucisses bien grillées, Melian agitait quelque chose dans le vent en guise d’adieu. Son soutien-gorge.

Haldir secoua la tête, consterné.

Cependant, pour un myope, il avait la vue perçante et, à y regarder une seconde fois, il réalisa qu’outre le fait que le soutif était un wonderbra rembourré au maximum, le visage de Melian était inondé de larmes.

Il se souvint alors de leur dernière conversation sensée (une des rares à l’être d’ailleurs) :

 

~ Flashback ~

 

C’était le jour où ils avaient quitté la Lothlorien.

Il faisait ses derniers bagages en vue du grand départ quand elle vint le trouver chez lui.

 

Après leur mariage bidon, elle s’était acharnée quelques temps contre lui, mais, de guerre lasse, voyant qu’il simulait la migraine à longueur de journée, elle l’avait enfin laissé tranquille avec ça.

Et puis, il y avait eu cette histoire avec ce gros barbare poilu de Ronon où, à un moment, il s’était dit que peut être… mais non, comment avait-il pu imaginer une seule seconde que… ?! S’en était suivit l’étrange mariage de Gimli… depuis lequel elle lui faisait plus ou moins  la gueule. Il n’avait que peu de souvenirs de ces quelques journées passées au Mont Solitaire  et, personne n’ayant l’air de vouloir lui dire de quoi il retournait, il ne comprenait absolument pas pourquoi elle l’évitait depuis...

 

Après ça, la date du départ pour Valinor avait été fixée. Au détour d’une conversation, Galadriel lui avait appris que Melian ne les accompagnerait pas. Et sans qu’il en ait pleinement conscience, la perspective de ne plus avoir la jeune femme collée à ses basques avait d’ailleurs plutôt déconcerté Haldir tant il s’était habitué à subir sa folie douce quotidiennement.

 

Et aujourd’hui , elle était là, devant lui.

 

« Haldir… ? , appela-t’elle doucement depuis la porte d’entrée

-        Gné ?

-        J’étais juste venue te dire que Merry et Pippin ont l’intention de mettre du poil à gratter sur la selle de ton cheval…

-        Arg ! Les crevards ! Attends un peu que je les chope, ils vont passer un sale quart d’heure !

-        Et puis, j’étais aussi venue te rendre ça. »

 

Elle déposa  une feuille de papier sur l’étagère.

 

« Le contrat de mariage ?!

-        Oui, c’était bien marrant cinq minutes, mais bon, tu te casses à Valinor et de toute façon, chuis tombée amoureuse d’un elfe sylvain…

-        Pas Legolas quand même ?!!!

-        Legolas ?! Jamais de la vie ! La relation qu’il entretient avec Gimli découragera toutes ses prétendantes, si tant est qu’elles existent ! Nan, c’est quelqu’un d’autre… que tu connais pas. Et pis, autant te le dire, on te faisait marcher, un mariage à Las Vegas n’est pas valable en Lothlorien ni nulle part ailleurs sur les Terres du Milieu.

-        J’aurais du me douter que Galadriel était dans le coup avec ses petits sourires complices…

-        Enfin bref, tu es libre comme l’air ! Je voulais que tu le saches avant d’aller draguer les vanyars à Valinor ! »

 

Elle allait sortir, mais il la rattrapa, constatant au passage qu’elle ne portait plus sa bague en plastique à l’annulaire…

 

« Et toi, tu ne viens pas ?, la questionna-t’il, un peu étonné par les sentiments étranges qui l’assaillaient tout à coup. (Il mit ça sur le compte d’un problème de transit qui le dérangeait depuis le matin – à croire que quelqu’un lui avait jeté un sort de « mouvement irrégulier de l’intestin »).

-        Non, je n’ai plus le droit d’y mettre les pieds. Je suis ‘personna non grata’ à Valinor depuis la dernière fois que j’y suis allée. De toute façon, on se fait trop chier là bas, j’y ai passé tout le deuxième âge et le seul événement digne d’intérêt  qui s’est produit pendant tout ce temps, c’est quand Manwë est tombé par mégarde dans un buisson de sumac vénéneux…

-        Ah ouais, quand même ! »

 

Soudainement un peu embarrassés, ils se regardèrent sans plus rien dire, puis Melian sortit, le laissant seul avec ses bagages.

« Va, je ne te hais point. », murmura-t’il sans qu’elle ne puisse l’entendre. Perturbé sans trop savoir pourquoi, il en avait oublié les manigances de Merry et Pippin et avait passé tout le voyage à se gratter les glaouis…

 

~fin du flashback~

 

 

Elle pleurait, il en était sûr.

Pour lui ?

A cause de lui.

Et c’est en voyant ces larmes qu’il réalisa enfin : « De nous deux, c’est moi le plus malheureux. »

Il lui fit timidement signe de la main pour lui dire au revoir, espérant que cela suffirait à lui donner la force de se tourner de nouveau vers l’Ouest. Mais son cœur avait déjà choisit. Et soudain, ce fut comme s’il y voyait clair pour la première fois (et non plus comme dans du beurre) : « Oh, Melian, Melian ! Je comprends combien je t’aime ! Je t’aime et je veux te le dire, je veux te revoir sourire ! »

 

Son regard croisa celui de Galadriel. Elle souriait. 

 

« J’étais certain cette fois, que rien ne me retiendrait. On se trompe quelque fois… Une larme a tout changé… 

-        Oh !, lui dit-elle doucement, j’ai toujours su que ça finirait comme ça, Haldir, je l’avais vu dans mon miroir…

-        Veillez bien sur mes frères, là-bas, à Valinor, ils ont beau avoir plus de quatre mille ans, ce sont des crétins, mais des crétins honnêtes. Ils ne pourront comprendre…Adieu, Ma Dame », dit-il inclinant la tête respectueusement.

 

Puis, attrapant ses valises que lui tendait Celeborn au passage, il courut d’un bout à l’autre du pont et sauta à la mer en hurlant à pleins poumons :

« ELBERETH, GILTONIEL, BANZAÏ, GERONIMOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!»

 

Il lui fallut environ douze heures pour nager jusqu’au port : aucun de ces glandus d’elfes des Havres Gris n’avait eu l’idée de sortir une barque pour aller le récupérer.

 

Melian avait profité de ce laps de temps pour s’épiler les aisselles et le maillot, manger un ragoût de lapin aux herbes, emprunter une merveilleuse robe blanche qui mettait ses formes en valeur, et lire «Guerre et paix » en intégralité… deux fois.

 

Quand Haldir posa le pied sur les quais, elle l’attendait.

Il aurait aimé qu’elle se jette dans ses bras, mais il était couvert de goémon…

 

Elle était cependant suffisamment proche pour l’entendre murmurer :

 

« Par ma faute, trop de fois, mon amour, tu as pleuré…

-        J’ai voulu partir cent fois, mais cent fois je suis restée… » souffla-t’elle en guise de réponse.

 

Ils se regardèrent un instant sans un mot, comme s’ils se voyaient pour la première fois, comme si au-delà des poils surnuméraires, des décolorations trop fréquentes et des bourrelets qui pendouillent, ternissant quelque peu l’éclat elfique de leur vraie nature, chacun contemplait enfin son âme sœur dans toute sa radieuse beauté !

 

Pendant une minute, Haldir se remémora tout ce qu’ils avaient traversé (ou plutôt tout ce qu’elle lui avait fait subir) pour en arriver là…

 

« Je suis vraiment masochiste, dit-il enfin.

-        Je crois aussi, répondit-elle en souriant.

-        Mais je t’aime.

-        Alors, prouve-le ! »

 

Il chopa Melian par la taille, la serra contre lui et… (roulement de tambour : LE MOMENT QUE VOUS ATTENDEZ TOUS)  ils s’embrassèrent passionnément, à la lueur des étoiles, enfin conscients de partager les mêmes sentiments.

 

* * *

 

La décence ne me permet pas d’ajouter de détails, mais je peux quand même vous dire que la nuit qui suivit fut fantastique et que les manifestations bruyantes de leur désir réciproque enfin assouvi résonnèrent d’un bout à l’autre des Terres du Milieu. Certains même affirment les avoir entendus jusqu’aux tours blanches de Tol Eressëa.

                                                                                                  

 

FIN !

 

 

Ah oui, j’oubliais : pour ceux qui veulent une fin à la Harry Potter : Ils eurent des quadruplés qu’ils prénommèrent : Gustave, Alphonse, Arthur et Philibert et vécurent heureux jusqu’à ce que les longues années de leurs vies soient totalement écoulées… alors, sans doute lassés de la Poste, ils s’étendirent pour le repos sur Cerin Amroth et ronflèrent jusqu’à l’heure du second petit déjeuné.

 

 

 

Afin de ne pas me retrouver dans le box des accusés de New York enquêtes criminelles pour plagiat, je tiens à préciser que cet épilogue s’inspire fortement d’une chanson de Mike Brant !

11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:22

Les pupilles dilatées au maximum par le désir et les cachetons d’ecstasy qu’elle s’était enfilée, Melian lui répondit : « Nan, pas les fourrés, pas pour notre première fois. Viens me rejoindre dans un quart d’heure dans la suite présidentielle numéro 22 »

 

Et Melian s’enfuit en courant, légère et courte vêtue vers la chambre qu’elle avait réservée dans l’espoir que ce moment tant attendu arrive enfin. Elle voulait que ce soit parfait. Elle alluma des centaines de bougies, mis des pétales de roses sur le lit aux draps blancs immaculés, fit bouillonner le jacuzzi et fignola toute une mise en scène pseudo romantique qui lui aurait valu la note déco maximum à « un rencart presque parfait »

 

Puis elle prit une douche rapide, s’aspergea de Channel n°5 et attendit, nue et tremblante de désir que son Haldir, l’elfe de ses rêves, son dulciné viril et appétissant vienne la rejoindre…

 

* * *

 

Haldir ne tenait plus, il fallait qu’il retrouve sa bien aimée. Comment avait-il pu passer autant de temps près d’elle sans se rendre compte qu’elle était la femme de sa vie ?

 

Il courut vers l’immense motel préfabriqué que Gloïn avait fait installer au pied de la Montagne Solitaire. La tête lui tournait, mais une ardeur fiévreuse s’était emparée de lui et il irait jusqu’au bout cette fois-ci !

 

Le couloir semblait tanguer et il dut se cramponner aux murs pour retrouver son équilibre. Il regardait les chiffres des portes défiler devant ses yeux quand enfin il la trouva : la porte 22. Il passa sa main sur son visage pour essayer de retrouver ses esprits afin de profiter pleinement de ce premier moment d’intimité avec Melian et l’espace d’un instant il n’y eut plus qu’un seul chiffre sur la porte mais l’elfe n’y prêta pas attention et quand le 2 se dédoubla de nouveau, Haldir entra, prêt à conquérir le monde.

 

Il faisait très sombre et la forme étendue sur le lit se redressa soudain en poussant un « gné ? ». Mais Haldir ne lui laissa pas le temps de parler. Il attendait depuis trop longtemps. Il la fit taire d’un baiser, laissant ses mains courir sur la peau de sa compagne.

 

« Tiens, tu es plus poilue que j’imaginais… mais peu importe, je t’aime comme tu es ! » et la porte se referma sur les deux amants enlacés.

 

* * *

 

Pendant ce temps, Melian s’impatientait.

Haldir ne pouvait pas avoir changé d’avis. Elle l’avait sincèrement senti prêt cette fois-ci.

 

Au bout d’une heure elle enfila une nuisette et sortit le chercher, inquiète.

 

Elle croisa Ronon portant Elohwyn dans ses bras. Ils s’embrassaient passionnément, s’apprêtant à pénétrer dans leur chambre.

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Sheppard et Arwen se tenant par la main :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Ragnagna et Sélin, l’air de flotter sur un petit nuage rose qui sentait la cannelle :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa un nain nommé Verny et une elfe nommée Brindille en train de se rouler des pelles :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Gloïn et Pûdûk qui semblaient avoir enfin trouvé un moyen de régler leurs problèmes fonciers grâce au PACS :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Gimli, Legolas et Aragorn qui se dirigeaient tous les trois ensemble vers une seule chambre, chacun un petit sourire coquin sur le visage :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle fouilla les buissons, le chercha à la buvette, sur la piste de danse, aux latrines… sans succès. Alors elle se laissa tomber à genou au pied de la Montagne Solitaire et pleura.

 

* * *

 

Melian pleurait encore quand l’aube parut enfin. Le monde n’était plus qu’une gueule de bois géante. Une dernière larme roula sur sa joue et sa peine immense se transforma soudain en rage de sang : quelqu’un allait devoir payer !

 

* * *

 

Haldir poussa un petit soupir de contentement ; il faisait un rêve merveilleux. Il changea de position, s’étira, et sa main rencontra quelque chose de velu… une sorte de barbe… puis il se souvint d’un seul coup qu’il avait enfin consommé sa nuit de noce avec Melian…

Le corps à ses cotés bougea dans un froufrou de draps en soie et il murmura : « Alors, heureuse ? ».

Puis il ouvrit les yeux.

 

« WAAAAAAAAAAAARGH !!, hurla-t’il, faisant un bond de deux mètres en arrière, se fracassant l’épaule dans la table de chevet au passage. Mais où est Melian ??

- Quoi Melian?, répondit Gandalf d’une bouche pâteuse exhalant des relents d’herbe à pipe frelatée.

- Par tous les Valars !!!!!!! », s’exclama Haldir comprenant avec horreur qu’il avait passé la nuit non pas avec Melian mais avec le vieux magicien sénile.

 

Luttant contre une envie de régurgiter le repas de mariage et d’aller directement en finir avec la vie en sautant du pont de Brandevin, il attrapa ses fringues et déguerpit de là aussi vite que possible.

 

Le pire dans tout ça c’est qu’il n’avait même pas trouvé ça désagréable… enfin si tant est que les vagues images qu’il avait en mémoire soient effectivement des souvenirs de la nuit qu’il avait passée avec Gandalf sous l’emprise de la potion de Galadriel…

 

Il courut hors du motel, slalomant entre les tonneaux de bière renversés et les couples à demi nus étendus sur l’herbe de la plaine.

 

Et soudain il s’arrêta net : Melian se tenait devant lui, le regard fixe scrutant le vide, enveloppée d’une sorte de halo de flammes. Il sentait la colère sourdre de tous les pores de sa peau…

 

« Attend, Melian, je peux t’expliq… »

Mais il ne put jamais finir sa phrase car un coup de massue géante dans la tronche l’avait envoyé valdinguer par delà la rivière.

 

* * *

 

Vers midi, se réveillant au milieu d’innombrables cadavres de chopines, la tête dans le cul, le cul dans le brouillard, Pippin entendit une sorte de déflagration assourdie et demanda à Merry :

 

« Tiens, y avait même un feu d’artifice de prévu ?

- Euh, bah non

- Mais alors c’est quoi ce bruit d’explosion ?? »

 

Ils ne le sauraient que plus tard, mais à des centaines de miles de là, en Lothlorien, le bouton de fièvre de Celeborn venait d’éclater.

 

* * *

 

« Les elfes ! Les elfes sont des connards ! Plus pourri qu’un elfe y a pas ! On pourrait croire que puisqu’ils sont les créatures douées de la plus longue vie, ils ont suffisamment d’expérience pour se comporter élégamment vis-à-vis des dames. Mais non ! C’est trop leur demander à ces p** d’e *** d’elfes ! Je n’aurais qu’un conseil à te donner, ami lecteur : si tu fantasmes sur un elfe : barre toi avant qu’il ne te brise le cœur, regarde par-dessus la rivière et va faire un tour sur la colline voir si tu y es ! »

 

Melian reposa sa plume de faisan, pas plus satisfaite que lorsqu’elle avait écrit la première mouture de son article, mais soulagée d’avoir pu se défouler et exprimer ainsi sa frustration.

 

Ça faisait trois jours qu’ils étaient rentrés en Lothlorien.

Toujours aussi furax, elle avait tout fait pour éviter de croiser Haldir car des envies de lance-flamme l’assaillaient dès qu’elle voyait la moindre mèche argentée.

 

Galadriel avait bien essayé de la réconforter mais sa rancœur était trop tenace. Ce coup-ci, elle avait vraiment cru que… et il s’était fichu d’elle ! En plus, le coup de massue l’avait rendu amnésique et il ne se souvenait absolument pas qu’il avait été à deux doigts de consommer sa nuit de noce. Pour Melian : tout était à refaire et pour le moment, elle était trop en rogne.

 

Maudissant tous les hommes, elle alla se mettre au lit avec un pot de glace Hagen Däas, du Nutella, un maxi paquet de MnM’s et un autre de Kinder chocobons à portée de main.

 

Puis, elle appuya sur la télécommande du magnéto pour lancer Sissi Impératrice et décida d’attendre que les poils de ses pieds soient suffisamment longs pour s’intégrer définitivement chez un peuple plus cool que celui de ces *** d’elfes : les hobbits !

11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:10

Sheppard et Ronon déposèrent chacun discrètement une grenade dans un tonneau de bière traînant devant le salon de coiffure et quelques secondes plus tard la vitrine vola en éclat. Ils se précipitèrent alors à l’intérieur, faisant mine d’aller secourir les éventuels blessés mais en profitaient pour assommer tous les gardes de l’escorte de Gimli. Ce dernier put alors changer vite fait de place avec Sélin et disparaître dans l’arrière boutique.

 

Dès qu’il avait entendu l’explosion, Gloïn avait planté là Haldir et son élégie de l’endive pour aller voir de quoi il s’agissait. Il trouva celui qu’il pensait être son fils debout dans les décombres, et le fit sortir de la boutique fracassée, s’assurant qu’il n’avait pas été blessé.

 

« Tout va bien, père. Conduis moi à l’autel, je suis prêt.

- Ah, mon fils ! Je suis bien heureux de voir que tu es redevenu raisonnable à propos de ce mariage. Allons y ! »

 

* * *

 

Gandalf, en sa qualité de vieux schnock, avait été choisi pour présider la cérémonie et il fit une drôle de tronche en voyant apparaître le prétendu Gimli. Mais comme il avait déjà vidé deux barriques de bière, il ne se formalisa pas trop et prononça les paroles rituelles :

« Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, étrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin d’assister au mariage de Gimli, fils de Gloïn et de Ragnagna, fille du seigneur Pûdûk.

Frodon : montrez-leur les anneaux. »

 

Frodon déposa deux bagues sur un petit coussin rose.

 

Comme on peut s’en douter, les cérémonies naines n’étaient pas du genre à traîner en longueur et sans plus attendre, Ragnagna prit la main de son futur époux pour y passer l’alliance étincelante.

Elle qui avait semblé en pleine dépression depuis le début de la cérémonie, n’ayant eu aucune nouvelle de son doux ami Sélin, faillit pousser un cri de joie en le reconnaissant sous son déguisement Gimli-esque.

Elle se retint cependant de révéler la supercherie trop tôt et laissa Sélin lui passer à son tour l’anneau au doigt.

 

« Bien !!, se réjouit Gandalf : vous pouvez embrasser la mariée ! »

 

Sélin et Ragnagna se roulèrent une pelle, rappelant celle d’Aragorn et Arwen à leur propre mariage.

 

Ce fut lorsque Gloïn et Pûdûk se levèrent pour féliciter les mariés que Sélin arracha sa fausse barbe pour révéler à tous la vérité. Il savait qu’il était trop tard pour défaire ce qui avait été fait : les bagues ne pourraient plus être enlevées de leurs gros doigts boudinés !

 

Gloïn vira du blanc de la stupéfaction au rouge cramoisi de la rage la plus destructrice en deux secondes. Il allait ouvrir la bouche pour postillonner sa fureur quand Haldir fit signe à Legolas, qui sortit un papier de sa poche, arracha le micro des mains de Gandalf et se racla la gorge bruyamment.

 

« AHEM ! BONJOUR à TOUS ! EN TANT QUE TÉMOIN DU MARIÉ, IL EST DE MON DEVOIR DE FAIRE UN PETIT DISCOURS : alors voilà… commençons donc par le commencement : Jeannot Lapin naquit à l’âge de 12 ans… »

 

Au bout de la première minute du passionnant discours de Legolas, non seulement la colère et l’agitation était tombées, mais déjà, plusieurs personnes s’étaient endormies avec un bulle de morve au nez.

En moins d’un quart d’heure, tous les invités roupillaient sauf Melian et Elohwyn qui avaient pris soin de se boucher les oreilles avec des bananes.

Elles sortirent alors de leurs sacs à main les deux petits vaporisateurs et commencèrent à pschitter la gueule de tout le monde selon les instructions de Galadriel.

 

La fiole qu’elle avait donnée à Melian contenait une décoction de champignons hallucinogènes, de poudre de coquille de moule et d’yeux de tritons revenus à la poêle avec des échalotes, le tout parfumé au patchouli.

Cette recette secrète avait pour effet de détendre celui qui en était aspergé et de le rendre plus réceptif à l’amour pour son prochain.

 

« Oups », firent-elle en cœur avec un grand sourire, ayant chacune aspergé Haldir et Ronon.

 

Quand les vaporisateurs furent vides, elles allèrent débrancher le micro de Legolas qui finissait à peine le premier paragraphe du discours interminable qu’il avait pondu et peaufiné pendant toute la journée de la veille.

 

Les invités s’éveillèrent alors rapidement, l’air frais et dispo. Gloïn et Pûduk s’avancèrent vers les mariés.

Tout le monde retint son souffle, ne sachant si le plan avait vraiment marché.

 

« Qu’il en soit ainsi ! », lâchèrent-ils enfin en cœur.

 

Un grand « Youpi » retentit du côté de la boutique du coiffeur.

Gimli en émergea et alla serrer son père dans ses bras.

 

« Tu avais raison, fiston, il faut se marier selon son cœur et non selon les règles du plan d’urbanisme local ! »

 

La foule s’écria alors : « HOURRA, HOURRA POUR LES MARIÉS !!! » et, sous les applaudissements chaleureux, Sélin et Ragnagna descendirent l’allée fleurie, se faisant bombarder de riz Uncle Benz au passage.

 

Les cornemuses furent gonflées et les chopines remplies : les réjouissances pouvaient commencer !!!

 

* * *

 

Le banquet était pantagruélique, la bibine coulait à flot, les invités étaient dans un état d’allégresse peu naturel grâce à la mixture de Galadriel dont les effets étaient prévus pour durer jusqu’au lendemain matin.

 

Haldir, assis entre Melian –qui lui faisait du pied- et Gandalf –qui lui faisait du pied aussi, d’ailleurs-, savourait la fierté d’une mission rondement menée autant que la dinde farcie au chorizo qu’il avait dans son assiette.

 

Les jeux idiots -dont le traditionnel lancé de nains-, se succédèrent dans la joie et la bonne humeur. Puis le micro circula et tous les invités le souhaitant, interprétèrent leur chanson paillarde fétiche. Aragorn brailla d’ailleurs « Perrine était servante » au grand désespoir d’Arwen qui ne savait plus dans quel trou se cacher…

Cela faisait déjà belle lurette que plus personne n’était vraiment très clair.

 

Quand le soir tomba, les mariés firent une démonstration de tektônik, la danse folklorique la plus célèbre du peuple nain, bientôt rejoints par les seigneurs Gloïn et Pûdûk dont les performances furent exceptionnelles.

 

Une fois la pièce montée engloutie et la première bagarre collective déclenchée, le bal put débuter.

 

Melian se rendit soudain compte qu’Elohwyn et Ronon dansaient langoureusement la lambada dans leur coin et, ne voulant pas être en reste, engloutit cul sec une demie bouteille de Bailey’s avant d’aller inviter Haldir. À sa grande joie, il accepta. La potion de Galadriel était décidément vraiment efficace !

 

Ils dansèrent ensemble sur « Le petit Bonhomme en Mousse ». Ils dansèrent ensemble sur « Karma Chameleon ». Ils dansèrent ensemble sur « Fais tomber la Pluie ».

Ils firent la chenille et la danse des canards.

Ils mirent deux pièces d’or dans la cagnotte de la jarretière.

Ils rigolèrent à leurs blagues réciproques, burent encore un peu plus d’alcool et se goinfrèrent de petits fours.

 

Minuit sonnait quand les premiers accords du « Dernier Slow » retentirent. Haldir s’inclina alors devant Melian et lui tendit la main, un sourire complice sur les lèvres :

 

« M’accorderez vous cette danse, gente damoiselle ?

- Mais avec plaisir, mon beau Seigneur. »

 

Melian s’abandonna dans les bras puissants d’Haldir et plongea les doigts dans ses longs cheveux d’argent tandis qu’il lui collait les mains sur les fesses. Elle n’avait pas été inondée… d’allégresse comme ça depuis si longtemps qu’elle ferma les yeux et savoura un moment le bonheur existentiel d’être en vie.

 

Seuls le mince tissus de sa robe à moitié transparente et la tunique légère d’Haldir séparaient leurs deux corps frissonnants d’envie… et elle se félicita de ne pas avoir mis de petite culotte car, à cet instant, elle savait que ses sous vêtements auraient pu prendre feu spontanément.

 

Ils ne pouvaient pas être plus collés l’un à l’autre, ni ignorer plus longtemps le désir qu’ils avaient l’un pour l’autre. Haldir caressa les cheveux de Melian, lui tripatouillant les petites tresses et replaçant les mèches indisciplinées derrière ses jolies oreilles pointues Et enfin, n’y tenant plus, il lui murmura :

 

« Comprends-tu le chant d’espoir du loup qui meurt d’amour ?

- Et toi, peux tu peindre aux milles couleurs l’air du vent ?, lui répondit elle timidement dans un souffle

- Oh, Melian… La nuit est à nous et les étoiles sont belles : allons niquer dans les fourrés ! »

11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:00

Une foule de gens encombrait la route et la circulation était difficile. Ils croisèrent Gandalf dans un chariot rempli à raz bord de camelote bon marché : pétards mouillés, petits moulins à vent tout moches, poupées vaudous etc., qu’il comptait sans doute vendre aux invités trop bourrés pour se rendre compte de l'arnaque.

 

Arrivés aux frontières du royaume des nains en début d’après midi, ils allèrent présenter leurs respects au Seigneur Gloïn. Ce dernier semblait fort pressé et ne leur accorda que trente secondes d’attention avant de retourner à la confection de petites fleurs en plastiques et au casse tête du plan de table.

 

Haldir, Melian, Sheppard, Ronon et Elowyn déposèrent les cadeaux de mariage qu’ils avaient amenés : des bas à varice 60 deniers taille 4, des conserves de langue de porc en gelée, un rétroprojecteur, une statuette de la sainte vierge, un lot de slip kangourou ‘L’australien’ de Dim et une boite de tampax à l’intention de la Princesse Ragnagna car avec tampax, on peut courir, on peut nager et on peut faire du vélo.

 

Maintenant, il fallait qu’ils trouvent Gimli. Il était probablement toujours prisonnier de son donjon, mais dans sa lettre à Galadriel, il n’avait pas précisé la localisation de sa geôle.

 

Ils étaient sur le point de demander aux sœurs Halliwell de le chercher avec leur pendule quand des éclats de voix attirèrent leur attention :

 

Deux nains étaient visiblement en train de s’engueuler. Le plus âgé finit par envoyer valdinguer l’autre et se cassa l’air furax.

 

Ronon alla trouver le pauvre nain à terre et l’aida à se relever.

« Hey, mon pote, tu veux qu’on aille lui fracasser la tronche?, demanda-t’il, désignant l’agresseur du menton, l’air prêt à sortir son gros pistolet à énergie

- Merci mon ami, mais non : c’est le seigneur Pûdûk, père de la princesse Ragnagna, si je lui pète une dent, mes chances d’épouser sa fille diminueront considérablement…

- La princesse Ragnagna ?? Mais n’est-elle pas censée se marier avec Gimli?

 

Les autres compagnons avaient désormais rejoint Ronon et Haldir, abasourdi, reconnu le nain : c’était Sélin, son ex-colloc ! Ils ne s’étaient pas quittés en très bons termes… mais c’était le passé et il faut savoir tirer un trait sur le pâté, surtout s'il est en tube.

 

« Sélin !!!, s’écria Haldir. Mais que fais tu ici ??!

- Haldir ? Je pourrais te retourner la question…

- Je représente la Lorien au mariage de Gimli.

- Et bah autant retourner chez toi : ce mariage n’aura pas lieu !! Ils devront d’abord me passer sur le corps !! »

 

Voyant qu’il avait l’attention de tous, il poursuivit :

 

« Ragnagna et moi, nous nous aimons depuis l’enfance et nous ne désirons rien d’autre que vivre heureux dans une petite grotte bien confortable. Nous avions un rêve : ouvrir un restaurant dans les mines de la Moria où on servirait de la bière bien fermentée et de bonnes pièces de viande de gobelin cuite au feu de balrog ! Pûdûk et Gloïn ont arrangé cette union pour des histoires de réduction d’impôts et de transactions immobilières sans tenir compte de nos sentiments… »

 

Haldir et Melian s’entreregardèrent : si un jour ils avaient jamais douté de la clairvoyance de Galadriel, cela ne leur arriverait plus jamais !

Elle leur avait dit de chercher l’autre prétendant de la princesse Ragnagna car elle savait que dans toutes les petites histoires, celles qui ne comptent pas vraiment, il y a toujours un « deus ex machina » de ce genre et elle avait, comme toujours, parfaitement raison !!

 

Avoir trouvé leur homme –ou plutôt leur nain- en moins de deux : voilà qui arrangeait bien leurs affaires et ils décidèrent d’exposer leur plan à Sélin…

 

En plus, coup de bol, il savait où se trouvait le donjon dans lequel on avait cloîtré Gimli.

 

Il les conduisit donc à travers la plaine jusqu’à la lisière de Mirkwood.

Avant même d’entrapercevoir la sombre tour sans porte d’entrée dans laquelle était enfermé leur pauvre ami, ils entendirent ses longs sanglots déchirants.

 

Mettant pied à terre, ils appelèrent le prisonnier et, précédé par un bruit de chaîne raclant le sol, Gimli parut alors à la fenêtre tel une princesse en détresse.

 

« Whoua les gars, j’y croyais plus !!! Merci d’être venus !! Vite aidez-moi à m’évader !!

- Nan, Gimli, tu dois rester dans la tour jusqu’à demain. Galadriel a un cunning plan. Comment on fait pour monter te rejoindre ? Où est la porte secrète ??

- Y en n’a pas ! La seule façon de monter c’est comme ça… euh par contre merci d’envoyer le plus léger d’entre vous…»

Et il lança sa barbe tressée qui devait bien faire dix mètres de long par la fenêtre. Les compagnons se regardèrent et c’est Elohwyn qui s’y colla. Elle redescendit une demie heure plus tard et leur annonça que Gimli était ok pour le plan.

 

* * *

 

J moins 1

 

Nos héros s’étaient renseignés : Gloïn et une escorte iraient chercher Gimli à l’aube et, avant de rejoindre le lieu de la cérémonie, il serait emmené chez le tailleur pour revêtir son costume cravate puis conduit chez le coiffeur pour se faire gominer la touffe et fleurir la barbe.

C’est là que nos amis avaient décidé d’agir. Ils soudoyèrent l’assistant du coiffeur qui passa la journée à tenter de faire de Sélin un parfait sosie de Gimli : il lui teignit les cheveux en roux, lui posa une fausse barbe et lui apprit à rouler les R comme un vieux paysan albigeois.

Le résultat n’était pas génial, mais les nains n’étaient pas connus pour avoir l’œil du faucon et les oreilles du renard donc ils ne s’inquiétèrent pas outre mesure ; et afin de parer à toute éventualité, ils se promirent de faire en sorte que les alcools forts soient en libre service bien avant le début de la cérémonie.

 

* * *

 

Le jour du mariage était enfin arrivé.

 

Une foule hétéroclite avait envahi la plaine au pied de la Montagne Solitaire. Vendeurs de chichis, chouchous et chorizo se bousculaient.

 

Merry et Pippin se baladaient dans le coin, essayant de taxer de l’herbe à pipe à droite à gauche, tandis que Gandalf tentait de refourguer des vessies de porcs pour des lanternes.

Frodon Saquet et Sam Gamegie avaient fait le voyage depuis Hobbitebourg et discutaient le bout de gras avec Aragorn et Arwen arrivés depuis peu et installés dans le carré VIP…

 

Du coté de nos conspirateurs, tout était en place : Legolas était déjà positionné devant l’autel en tant que témoin du marié et Sélin se cachait dans le salon de coiffure, derrière une étagère de produits Jean Louis David. Ronon et Sheppard se préparaient à faire une diversion et enfin, Haldir était parti détourner l’attention de Gloïn en lui chantant une ode à la nature, vantant plus particulièrement les vertus de l’endive perle du nord.

 

Les filles, quant à elles, avaient fini de transvaser le contenu de la fiole scintillante de Galadriel dans deux petits vaporisateurs à parfum et étaient en train de se poudrer le nez. Elles avaient revêtu leurs plus beaux atours et leurs robes les plus décolletées.

 

Elles papotaient et gloussaient comme des dindes, excitées, comme toutes les filles, à la perspective d’un mariage :

 

« Hihihi, tu crois qu’on va pécho des mecs ce soir au bal ?

- Y a intérêt !

- Moi je craque pour Ronon…

- Et moi pour Haldir…

- T’aurais pas des problèmes de vue, des fois ?

- Nan pourquoi ?

- … »

 

Mais Elohwyn n’eut pas le temps de répondre car un grand « boum » venait de retentir tout près : c’était l’heure. Elles rejoignirent leurs places devant l’autel. Le spectacle allait pouvoir commencer !

11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:51

Haldir récupéra la lettre et lut à voix haute :

 

« Salut, roi Thranduil. Je détiens ton fils en otage. Si tu veux le revoir vivant, aboule l’oseille ! »

Et c’était signé : Demis Roussos Ier, roi des trolls.

 

Thranduil, à première vue anéanti par la perte de son fils unique, s’arrachait les petites fleurs de la couronne champêtre qu’il portait dans les cheveux en sanglotant bruyamment. Cependant, personne n’était dupe. Il surjouait.

 

« Euh, Thranduil, intervint Haldir. On monte une expédition pour aller délivrer ton fils ou on reste là à chouiner comme des pleureuses jusqu’à la saint glinglin ?

- Une expédition ?- Sniff Snurfl – Délivrer mon fils ? -Snorfl- Mais tu n’y songes pas, Haldir ! C’est bien trop risqué. Nan, je préfère commencer à faire mon deuil.

- Dis tout de suite que tu n’as pas envie de revoir ton fils, ça sera plus honnête…

- Bah, je dois bien avouer que depuis qu’il n’est plus là, dans mes pattes, j’ai nettement moins de maux de tête. Ouais, c’est vrai. Finalement, j’apprécie assez de ne plus le voir traîner dans les parages avec ses potes nains. Y a même une fois, ils se sont bourré la gueule et ont vomi dans mes godillots du dimanche... »

 

Haldir et Melian se consultèrent un instant à voix basse. C’est pas que le prince Vertefeuille leur manquerait des masses, mais la présence de Legolas était absolument nécessaire à la réussite du « cunning plan » de Galadriel. « Bon, nous en tout cas, on y va ! »

 

Ils ramassèrent tout le chorizo qui traînait sur la table ainsi que les quelques maxi pains au chocolat rescapés de la gloutonnerie de Merry et Pippin, pour les mettre dans leurs besaces en cas de besoin et se dirigèrent vers la sortie. Dans un bruit de chaise renversée, ils furent rejoints par Ronon, John Sheppard et la jeune femme inconnue.

 

Merry et Pippin ne bougèrent pas un seul petit orteil poilu… et ni Aragorn ni Arwen ne firent mine de se lever.

« Euh, nous on reste là, hein ! Les trolls des cavernes, c’est bon, on a déjà donné ! On se retrouve au mariage !, lança Aragorn, tout tassé dans son fauteuil.

- Dis plutôt que t’as la trouille », répondit Ronon. Mais il n’y eu pas de réponse et le petit groupe se mit alors en route pour la demeure du roi des trolls.

 

* * *

 

Ils n’eurent pas à clopiner bien longtemps, le royaume des trolls ou plutôt ce qu’il en restait depuis la chute de Sauron se trouvait tout près de celui de Thranduil. En chemin, ils avaient eu le temps d’élaborer un plan infaillible, ayant rejeté la proposition de Ronon : ‘on fonce dans le tas et on latte tout ce qui bouge’…

D’ailleurs, soit dit en passant, lui et Sheppard étaient particulièrement bien armés pour un voyage diplomatique…

 

Ils eurent aussi le temps de faire connaissance avec la jeune femme. Elle représentait le royaume du Rohan au mariage de Gimli, Eomer s’étant fait excuser sous prétexte qu’il pouvait pas encadrer les nains, leurs têtes ne dépassant pas assez du sol à son goût… Elle s’appelait Elohwyn et elle eut l’air de se détendre un peu quand elle comprit que Ronon et Melian n’étaient qu’amis….

 

Une fois devant la grande porte en ferraille, Haldir appuya sur la sonnette. L’air d’une vieille pub pour Lapeyre retentit et quelques instants plus tard un énorme troll gris, gras, visqueux, verruqueux, bossu et mal odorant vint leur ouvrir.

« Salut, on est là pour la rançon de Legolas !, annonça Haldir qui avait pris la tête de l’expédition comme à son habitude

- Veuillez me suivre, messieurs dames, grommela le troll en guise de réponse, je vais chercher mon maîîîîître »

 

Il les conduisit à travers un dédale de couloirs sombres et suintants, dégageant une forte odeur de ragondin crevé. Enfin ils débouchèrent sur une immense salle, éclairée par des torches crachotantes. Au centre se dressait un trône sculpté dans le roc sur lequel était assis le plus grand troll que nos héros aient jamais vu. Il portait une chemise hawaïenne, un short aux couleurs de la Jamaïque et une couronne de fleurs de courgette.

 

Près de lui se tenait un étrange personnage vêtu de culottes bouffantes et d’un pourpoint bariolé à dominante vert canard. Il s’agitait tel un poisson hors du bocal. Sur sa tête était posé un chapeau à clochettes que même un supporter de foot totalement défoncé n’aurait jamais osé porter ! Tout autour, de nombreux trolls étaient regroupés, immobiles, semblant très attentifs aux gesticulations du petit individu en vert.

 

En s’approchant, Haldir et Melian entendirent ces quelques mots prononcés d’une voix qui leur sembla étrangement familière : « … … nous avons couru, couru, couru toute la nuit durant, et c’est alors que je leur ai dit : ‘un soleil rouge se lève, beaucoup de sang a dû couler cette nuit ! »

AHAHAHAHAHAHA !!!! Les rires tonitruant de tous les trolls assemblés autour du trône firent trembler le palais sur ses fondations. Ils se tenaient les côtes et se tapaient sur les cuisses.

 

Le petit bouffon vert sembla alors apercevoir le groupe des nouveaux arrivants et s’écria : « Hey, c’est gentil d’être venus me voir, les amis !! » et avec stupeur, ils reconnurent le prince Legolas sous le ridicule accoutrement.

 

Les trolls s’écartèrent pour les laisser s’approcher et nos héros s’inclinèrent devant le roi des trolls.

 

« Salut à toi, Demis Roussos Ier !, commença Haldir. Nous sommes venus négocier la rançon que tu as réclamée à Thranduil !

- La rançon ? Quelle rançon ?? », répondit le gros troll d’une voix joyeuse.

 

Un troll se pencha alors vers lui et lui murmura quelque chose à l’oreille…

 

« Ah ouais, reprit-il ! Mais cette offre date d’il y a trois mois ! Elle n’est plus valable ! Il n’est plus question que je me débarrasse de mon bouffon désormais, il nous fait tous trop rire ! »

 

La compagnie s’entre-regarda rapidement et Ronon hurla « PLAN B !!!! » avant de sortir son gros pistolet à énergie et de tirer dans le tas !

Sheppard largua des grenades fumigènes à droite à gauche et dans la confusion générale, Haldir chopa Legolas, l’assomma vertement et le traîna par les cheveux jusqu’à la sortie, tandis que Melian et Elohwyn couvraient leurs arrières en balançant des fruits pourris qu’elles avaient trouvés dans un coin de la salle du trône.

 

Une fois à l’extérieur, quand tout le monde eut fini de tousser, Sheppard et Ronon firent sauter la porte du royaume des trolls au C4, les piégeant à l’intérieur.

 

Melian fut soudain prise d’un doute :

« Euh, Galadriel a bien précisé « pas d’incidents diplomatiques avec les nains », mais elle n’a rien dit au sujet des trolls, j’espère, parce que là…

- De toute façon, si les trolls sont pas contents, c’est chez Thranduil qu’ils iront le faire savoir, alors on s’en fiche ! », répondit Haldir

 

« Les gars, vous auriez fait un malheur pendant la guerre de l’anneau ! », ajouta Elohwyn, s’adressant aux deux membres de l’équipe SGA ravis de l’admiration que suscitaient leurs méthodes expéditives.

 

Peu de temps après, le prince Legolas reprit ses esprits en s’écriant : « Naaaan, mon chapeau, j’ai perdu mon beau chapeau à clochette ! Il faut y retourner !! » Mais un regard de Ronon suffit à le faire taire.

Haldir le mit rapidement au courant du mariage de Gimli et du « cunning plan » de Galadriel. Legolas n’avait rien capté aux explications mais, toujours plein de bonne volonté, accepta tout de suite l’idée car il ne voulait pas voir son ami nain malheureux…

 

* * *

 

Après s’être concertés, Haldir et Melian avaient décidé de révéler également leurs plans à Sheppard, Ronon et Elohwyn. Ces derniers avaient promis de les aider à sauver le pauvre Gimli de son mariage arrangé et se réjouissaient à l’avance de saboter l’ennuyeuse cérémonie…

Ils continuèrent donc leur route vers la Montagne Solitaire. Le soir tombait quand ils pénétrèrent dans la ville d’Esgaroth.

 

Ils trouvèrent une boutique de fripes où Legolas pu échanger ses immondes oripeaux vert canard contre une tunique elfique plus appropriée à un mariage et, après un dîné copieux dans une taverne, voyant qu’il n’y avait plus de place pour personne dans les hôtels ou à la salle commune et aucune étable disponible, ils squattèrent un rond point verdoyant du centre ville pour que les humains puissent dormir et les elfes se reposer tranquillement l’esprit en lisant Voici…

 

Au petit matin, le groupe quitta la ville et se dirigea aussi vite que possible vers la Montagne Solitaire : le mariage était prévu pour le surlendemain et ils avaient encore du pain sur la planche !

15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:00

La souveraine de Lothlorien lui tendit l’invitation et Melian la lut à voix haute sans s’en rendre compte :

 

« A ses très gracieuses majestés les souverains du royaume elfique de Lothlorien… blablablabla, …se rendre à Erebor, la Montagne solitaire… blablabla… convier aux épousailles … de la Princesse Ragnagna et de GIMLI, fils de Gloïn!!!! »

 

« QUOI ?! Gimli va se marier et on n’était même pas au courant ?!, brailla Melian dans un état de stupéfaction complet

- Et ça, c’est quoi, la liste de mariage ? » s’interrogea Galadriel, ramassant le petit papier tombé tout à l’heure.

 

S’il avait été possible que Galadriel ait l’air plus hallucinée que deux secondes plus tôt en lisant le faire part, ça aurait été là tout de suite !

 

« Ecoutez ça : c’est une lettre de Gimli : « Dame Galadriel, je fais appel à vous car vous êtes mon dernier espoir, je sais bien que je ne suis pas digne d’oser penser vous demander une telle chose, mais j’ai tant besoin d’aide et je ne sais plus vers qui me tourner. Mon père a décidé de me marier contre ma volonté. Il m’a enfermé en haut d’une tour en attendant la date fatidique J’ai tout d’abord tenté de demander à Legolas de me venir en aide mais il semble avoir disparu de la surface de la terre et j’ai peur qu’il ne lui soit arrivé malheur. Je m’en remets à vous, ma bonne Dame. Venez à mon secours, je vous en prie. Votre nain crasseux, dévoué et affectueux : Gimli »

 

Tous en restèrent muets de stupeur. Galadriel parut réfléchir intensément pendant une petite minute puis son visage s’éclaira et elle se tourna vers Haldir et Melian en leur disant l’air espiègle : « I have a cunning plan! »

 

* * *

 

Une heure plus tard, Galadriel était plâtrée, Celeborn avait mis un sac à patate sur sa tête et Haldir et Melian ajustaient leurs besaces et scellaient leurs montures.

Avant de leur donner ses dernières recommandations, Galadriel tendit une fiole scintillante à Melian, qui la rangea dans son petit sac à main en strass top fashion qu’elle comptait bien assortir avec ses pantoufles de verre pour le mariage.

« On est bien d’accord, tous les deux : remplissez votre mission mais pas de vagues, je ne veux pas entendre parler du moindre incident diplomatique avec les nains ; nos deux peuples viennent tout juste de commencer à se reparler depuis les jours sombres alors pas question de se faire pécho en train de s’immiscer dans leurs affaires internes. »

 

Haldir et Melian acquiescèrent et après un dernier salut respectueux à leur souveraine, s’en allèrent au triple galop en direction du nord.

A part quelques pauses pipi et une pause caca pour Haldir qui avait mangé du mauvais riz cantonais, ils filèrent toute la journée sans s’arrêter à travers les plaines, longeant le grand fleuve Anduin en direction de la vieille route de la forêt noire, qu’ils atteignirent le lendemain soir.

 

Mais à peine eurent-ils pénétré les bois sombres qu’Haldir -malgré les avertissements de Melian qui lui avait dit « fais gaffe, n’approche pas des arbres, ils ont l’air chelou »- se prit une branche en pleine poire et s’étala de tout son long sur le sentier. De grands éclats de rire fusèrent des feuillages quand des têtes elfiques et décolorées apparurent soudain au détour d’un chemin de la cordillère des Andes. C’était des elfes sylvains. Les habitants du royaume de Thranduil. Ils devaient être une vingtaine, sautillant et bondissant, chantonnant l’air guilleret tout un répertoire de chansons paillardes ou se pendouillant aux branches des grands arbres (d’ailleurs l’un d’eux lâcha prise et s’écrasa dans un buisson épineux). Visiblement, ils étaient tous sous LSD !

 

Celui qui semblait être leur chef, et qui en prime avait une haleine empestant l’ail, s’approcha d’Haldir et Melian pour les accueillir : « Obladi oblada, les amis ou qui que vous soyez… Bienvenu dans la forêt noire ! On est les gardes-frontière. Désolé, mais vous ne pouvez aller plus avant… sauf si vous avez un pti morceau de chorizo, ça suffira à nous corrompre… »

Par chance, Haldir en avait toujours dans sa gibecière et les elfes acceptèrent de les conduire jusqu’à leur souverain.

 

A la lueur psychédélique d’un stroboscope portatif, ils avancèrent toute la nuit, tenant leurs chevaux fatigués par la bride. La forêt noire avait beau être plus sûre depuis la chute de Sauron, Melian avait la pétoche : on lui avait parlé une fois d’un animal étrange appelé le Dahut avec des pattes plus courtes d’un côté que de l’autre… et puis, il y avait une autre créature qui l’effrayait encore plus…

Haldir se rendit compte qu’elle tremblait et claquait des dents depuis un bon moment.

« Tu as froid ?

- Nan, j’ai la frousse, j’en parle rarement mais je suis cuniculophobe…

- ??!!! Euh, Melian, j’ai pas l’intention d’entamer les préliminaires de notre nuit de noce –qui je le rappelle n’aura jamais lieu- là tout de suite ; alors détends toi…

- Mais non, banane ! Cuniculophobe c’est quand on a peur des lapins, pas quand on a peur des cunnis !! »

Il ne répondit rien, regarda ailleurs et ils continuèrent à avancer en silence.

 

Au petit matin, ils pénétrèrent dans la citadelle souterraine de Thranduil. Leur guide les conduisit jusqu’au souverain, qui était en train de prendre le petit déjeuné. Ça sentait le café et le toast qui a cramé.

« Ne dites rien, leur lança-t’il avec une moitié de croissant dépassant du bec, je parie un silmaril que vous êtes en route pour le mariage de Gimli et que vous avez pensé : tiens, et si on faisait une halte chez Thranduil pour lui taxer des vivres ?! P*** le Gloïn, il va m’entendre ! Il a intérêt à me rembourser le lembas et le chorizo que je suis obligé de distribuer à tous SES invités, histoire de pas passer pour le gros radin des Terres du Milieu!!! »

 

Et là, Melian et Haldir se rendirent compte qu’autour de la table du souverain de la forêt noire étaient assises diverses personnes qu’ils connaissaient : Merry et Pippin : chacun une énorme chopine à la main, Aragorn, la tronche toute collante de confiture d’abricot et Arwen, grignotant délicatement quelques fruits secs. Il y avait aussi Sheppard et Ronon – en tant qu’ambassadeurs terriens- et une jolie jeune femme qu’Haldir et Melian ne connaissaient pas.

Reposant l’énorme cuisseau de sanglier qu’il avait à la bouche, Ronon se leva et serra bien fort Melian dans ses bras, la soulevant de terre et la faisant tournoyer. Haldir lança un regard assassin au satédien et fut très surpris de voir la jeune femme inconnue en faire de même envers Melian.

 

« Bon, allez, puisque vous êtes là, asseyez vous, prenez donc un jus de fruit, un laitage, une tartine de pain avec du nutella et racontez moi donc comment va Galadriel… »

Thranduil fut peiné d’apprendre que la souveraine de Lorien avait eu un accident, mais il sembla jubiler en apprenant les petits malheurs de Celeborn (d’ailleurs Melian se dit soudain qu’elle n’aurait peut être pas du s’étendre sur les problèmes d’herpès de son monarque devant Thranduil et qu’il aurait mieux valut qu’elle ferme sa grande bouche…)

 

Puis, tandis que les hobbits sirotaient leurs cafés bruyamment, Haldir demanda brusquement :

« Dites-moi, votre majesté, où est le prince Legolas car je désire vivement m’entretenir avec lui et je ne puis le voir à cette table…

- Hélas, répondit Thranduil, le prince Legolas ne se trouve plus dans les frontières de ce royaume : il a basculé dans l’ombre !

- Hein ??!!

- Oui, il a mystérieusement disparu il y a trois mois. On l’a bien cherché deux, trois jours, mais comme on n’avait aucune piste et qu’il me restait une grille de sudoku à terminer, on a laissé tomber… »

 

Haldir et Melian hallucinaient quand soudain une cloche retentie. Un gros bonhomme entra escorté d’un garde. Melian sursauta en reconnaissant le postier qui avait remis le faire part de mariage à Galadriel.

« M’sieur Thranduil ? »

Les relents de gitane maïs donnèrent la nausée à toute l’assistance. D’un signe de tête, le souverain de la forêt noire lui signifia qu’il était bien celui qu’il cherchait. Alors le messager balança une enveloppe sur la table, où elle glissa sur deux bons mètres avant que Thranduil ne la chope, et, sans un pourboire, le gros bonhomme fut prié de repartir d’où il était venu.

Intrigué, Thranduil ouvrit la missive, remarquant au passage qu’elle datait d’il y a trois mois, et au bout de quelques instants, son visage se décomposa :

« Hélas, hélas, trois fois hélas, mais que diable allait-il donc faire dans cette galère ?? », s’exclama t’il avant que le papelard ne lui échappe des mains.

 

(à suivre...)

21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 20:30

 

Chapitre un

 

« Les elfes. Les elfes sont chiants ! Plus pénible qu’un elfe y a pas.

On pourrait croire que puisqu’ils sont les créatures douées de la plus longue vie (limite éternelle), ils en font quelque chose d’intéressant… mais même pas.

La plupart du temps, ils se choisissent un coin près de l’endroit où ils sont nés et ils restent plantés là à attendre Mandos ou Godot pendant des millénaires en chantant des ballades interminables et autres poèmes à la con. Vous voulez un exemple de « j’ai pas bougé de chez moi depuis sept mille ans » ? Facile : Cirdan qui prend racine aux Havres Gris et fait joujou avec des bateaux depuis le premier âge !

Mais ils sont tous plus ou moins comme ça.

Au lieu de parcourir le monde pour élargir un peu son horizon, l’elfe de base glande dans une zone qui se limite à moins de 5 km² jusqu’à ce qu’il en soit lassé et se casse à Valinor. C’est un peu déprimant, me direz vous ? Et bin oui, chuis bien d’accord avec vous !

Les elfes sont des pantouflards de première !! Pour faire sortir un elfe de son trou… ou plutôt descendre de son arbre, faut vraiment être motivé. Ya bien qu’en temps de guerre qu’ils se décident à bouffer du pâté de ragondin et à parcourir de longues distances pour livrer bataille aux forces obscures qui veulent soumettre le monde : Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul, et blablabla etc. etc. Mais bon, les guerres thermonucléaires contre un globe oculaire géant, c’est pas tous les jours non plus…

 

Et il n’y a pas qu’au sens propre qu’ils mettent un temps fou à se remuer le cul ! Faut voir les centaines d’années qui s’écoulent avant la prise de la moindre des décisions ! Quand Elrond a décidé de changer la tapisserie de Fondcombe en l’an 1149 du troisième âge après moultes tergiversations avec Celebrian, il s’est écoulé des décennies avant qu’il aille chercher la colle et les rouleaux… résultat : le modèle qu’ils avaient mis tant de temps à choisir n’existait plus depuis belle lurette et le seul endroit où on pouvait encore en voir c’était dans la cave de Gerontius, le Vieux Touque, car il lui en restait un rouleau et demi après avoir refait les murs des waters...

 

Enfin bref… Tout ça pour dire que dans tous les domaines, ce sont des mous du genou… ne parlons même pas de la vie de couple… c’est déjà difficile de convaincre un mâle de quelque espèce que ce soit de vous épouser ou même ne serait ce qu’emménager ensemble, voire reconnaître à voix haute qu’il a des sentiments pour vous… alors un elfe : laissez tomber ! On a le temps de se dessécher comme un vieux pruneau dans un grenier d’Edoras avant que son dulciné n’admette que peut-être, éventuellement, il pourrait y avoir un rapprochement envisageable… Ils ont tellement l’impression d’avoir tout leur temps devant eux qu’ils oublient qu’ils peuvent s’empaler sur un piège à loup à tout moment et laisser passer définitivement la chance de connaître le bonheur qui était à deux doigts de leurs pieds depuis le début ! » …

 

 

Melian leva la tête de son manuscrit, pas vraiment satisfaite de sa prose.

Elle n’était pas très inspirée aujourd’hui…

Elle reposa la plume de faisan qu’elle utilisait. Elle l’avait arrachée à la queue du fier volatile le matin même : elle adorait poursuivre les faisans au milieu des daffodils après le petit déjeuné.

Ayant trouvé une bonne tournure pour sa prochaine phrase, elle trempa le bout aiguisé dans l’encre de poulpe géant de la Mer de Rhûn quand un hurlement suivit d’un grand « zbam » resuivit d’un hurlement retentit dans la plaine. C’était tout proche et Melian se précipita histoire de voir ce que cela pouvait-il bien être…

 

Elle trouva Galadriel, les quatre fers en l’air, les jupons retroussés sur une combi gaine couleur chair, vautrée en bas de l’escalier de Caras Galadhorn. « P*** mais quand cette fichue marche va-t-elle être réparée, ça fait quatre fois que je rappelle le menuisier ! », grommela la souveraine de Lothlorien entre ses dents.

Elle essaya de se relever mais une violente douleur à la jambe l’en empêcha.

« Et merde, je crois que je me suis cassé la jambe !

- Attends, j’vais chercher des serviettes et de l’eau chaude, proposa Melian pleine de bonne volonté

- Euh t’es pas bien réveillée, Melian ? Je vais pas accoucher ! J’ai dit que j’avais la jambe cassée !

- Ah pardon…

- Va plutôt chercher le guérisseur

- J’y cours »

 

Quelques minutes plus tard, un homme en blouse blanche se faisant appeler Dr Mamour, arrivait en courant, le stéthoscope au vent, suivit de Melian et d’Haldir, qui traînait par là. Il examina, palpa et tripatouilla la jambe de Galadriel pendant que cette dernière grimaçait de douleur.

« Il va falloir plâtrer. Y en a au moins pour 2 mois avec interdiction de poser le pied par terre ou de grimper dans un arbre »

Galadriel soupira et tandis que le docteur partait chercher de quoi faire un plâtre, elle rabattit sa longue robe scintillante sur ses jambes pas épilées : il faut toujours que des accidents à la con arrivent quand on est en mode yéti!

 

Haldir et Melian aidaient leur souveraine à s’adosser plus confortablement à un arbre quand un braiement les fit tous sursauter. Un gros bonhomme monté sur un âne approchait.

Il portait l’uniforme caractéristique des messagers : une cape bleu foncé doublée de fourrure jaune. Le signe distinctif de la guilde des postiers était brodé sur sa tunique.

Apercevant le petit groupe au pied de l’arbre, il descendit de son âne et s’approcha de la souveraine de Lothlorien : « M’am Galadriel ? » Elle hocha la tête, un peu écœurée par la face rougeaude, les cheveux noirs et gras, l’haleine avinée et l’odeur acre de la gitane maïs qui pendouillait au bec du messager. « J’ai une lettre pour vous de la part du seigneur Gloïn ! » Et il lui balança la missive d’un coup de poignet expert. « Bon, faut que je vous laisse, j’ai rendez-vous à moins le quart à l’Estel ! »

 

Il remonta sur son âne avec difficulté et s’en fut en rotant.

« L’Estel ?, demanda Melian, c’est quoi ça ?

- Le bar le plus mal famé de toute la région. On y sert une bibine atroce et c’est le repère de tous les vendeurs de nourriture avariée et de substances illicites… »

 

 

Galadriel déroula le parchemin ; ce faisant un petit bout de papier s’en échappa et tomba à terre. Elle commença par parcourir le premier papelard et ouvrit de grands yeux tout ronds de stupeur : c’était un faire part de mariage ! Au même instant, Celeborn descendait de son arbre, tenant un porte document devant la bouche, comme s’il n’osait pas sourire car ses dents étaient tachées par le tabac, le café, l’alcool, la drogue et le chorizo… et vint s’enquérir de ce qui était arrivé à sa femme.

Elle leva la tête vers lui et l’informa : « Chéri, on est invité à un mariage, mais tu vas devoir y aller tout seul, je viens de me péter la jambe !

- Hein ?! Mais c’est quand ce mariage, tu seras peut être guérie d’ici là !!

- Euh, je crois pas : la cérémonie, c’est la semaine prochaine!!

- Quoi ?! Mais ça se fait pas d’envoyer des invitations comme ça à la dernière minute !!

- Bah, en fait, la lettre est datée d’il y a 3 mois, à mon avis c’est la Poste qui a encore merdée !

- Mais je peux pas y aller non plus !!!

- Et pourquoi ça j’te prie ?? »

 

Melian et Haldir observaient sans mot dire le ton monter entre les deux époux de longue date. Celeborn, depuis le début de la conversation, était resté planqué derrière son porte document, mais devant l’insistance de Galadriel, il l’abaissa soudain et découvrit à la vue de tous un énorme bouton de fièvre à multiples vésicules purulentes et gonflées : l’horreur absolue ! Aucune chance qu’un truc pareil guérisse dans les 8 jours, même en utilisant Activir !

 

« Outch, s’exclama Galadriel, euh ouais, t’as raison, tu peux pas y aller…

- Mais au fait qui est-ce qui se marie ?, demanda Melian curieuse

- Regarde donc toi-même, tu vas halluciner ! »

 

(à suivre)

17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:43

Malheureusement, comme il avait éconduit la plupart des dames elfes vivant en Lorien de manière un peu brutale ou pour le moins assez peu élégante du temps où tout était calme dans son calbut, il était grillé auprès de toutes les nanas encore disponibles autour de lui.
Le voyant ainsi en manque, astiquer… son arc de manière fébrile à longueur de journée, je décidais donc de l’expédier dans un club pour célibataire situé près de la mer de Rhûn. C’était généralement là qu’on envoyait les jeunes pour leur « spring break » et Haldir allait y faire figure de vieux schnock mais tant pis. Là-bas, j’étais sûre qu’il allait trouver ce qu’il désirait.
Dans ses bagages il avait emmené un bonnet de bain en caoutchouc, une bouée canard gonflable, un couteau suisse, une boite de sardine à l’huile périmée depuis 1953 et un petit itsi bitsi teenie weenie, tout petit petit bikin… »

                                                                                                            * * *

« Bon, Galadriel, c’est pas qu’on se fait chier là, mais j’ai autre chose à faire, alors mets le miroir en mode « avance rapide » et montre le moi en train de niquer avant que les nouilles débordent ! », s’impatienta Melian

La souveraine de Lorien grogna un peu, elle aimait bien prendre son temps pour raconter les histoires mais elle s’exécuta se rappelant soudain qu’il y avait le mentaliste à la télé ce soir là.

                                                                                                            * * *

 

« Bon, ok, la puberté l’ayant enfin rattrapé, il était plus chaud que la braise et comme en plus c’était un camp de nudiste, il eut tôt fait de repérer un groupe de jeunes femmes elfes tout à fait charmantes qui l’initièrent chacune à tour de rôle puis à plusieurs à la fois aux joies du sexe entre adultes consentants…Il fit également quelques expériences intéressantes avec de beaux archers elfes venus de la forêt noire.
Hélas, les bonnes choses ont une fin. Ses devoirs en Lothlorien se rappelèrent à lui et il dut rentrer au bercail.
Oh c’est clair : il était comme qui dirait… soulagé d’un poids. Il avait perdu sa virginité dans la joie et la bonne humeur et ces quelques semaines au pays de Rhûn restèrent pour lui un souvenir impérissable… Désormais, il ne se refusait plus aux courtisanes dociles qu’on lui présentait lors de ses voyages diplomatiques (bon, sauf quand je l’envoyais chez les nains évidemment, car s’il y avait bien quelque chose qui rendait Haldir encore plus malade que l’idée de coucher avec des humaines, c’était sans nul doute celle de coucher avec des naines)
Cependant, maintenant qu’il était plus à l’aise dans ses godillots avec les femmes, il en voulait plus. Il voulait : l’amour !

C’est alors que sa route croisa celle de Kahlan Mamel, une « inquisitrice » venue d’un endroit appelé « Contrées du Milieu », et arrivée chez nous par la faille spacio temporelle qui relie notre monde à toutes les dimensions parallèles possibles et imaginables.

Elle avait décidé de venir s’incruster en Lothlorien pour trouver un preux chevalier qu’elle pourrait ramener au Gandalf local afin qu’il soit nommé « sourcier de vérité » et mette fin au règne d’un certain Darken Rahl.
Toute cette histoire me semblait être du grand n’importe quoi et, quand elle vint me demander audience, je lui fis savoir qu’elle pouvait retourner dans son monde sans plus attendre car personne de chez nous ne serait disposé à l’accompagner dans sa quête débile.
Elle eut l’air un peu vexée quand je la congédiais et demandais à Haldir de l’escorter jusqu’aux frontières de notre royaume en lui souhaitant bon vent.

Alors seulement je réalisais mon erreur et l’étendue des pouvoirs de cette humaine ridicule.
Elle chopa Haldir par la petite broche en forme de feuille et sous mes yeux « convertit » mon capitaine des gardes pour en faire un esclave à sa solde. Sa magie était puissante car j’eus beau tenter d’user de la mienne, Haldir était désormais amoureux transit de cette femme et aurait suivit ses ordres quoi que je tente de faire.
N’ayant pas d’autre choix, je dus la laisser partir avec lui et elle retourna dans sa « Contré du Milieu » avec Haldir la suivant comme un toutou lobotomisé…

                                                                                                   * * *
Galadriel se rendit compte que personne ne l’écoutait plus et le fit remarquer en se raclant la gorge de façon fort peu distinguée pour une dame de si haut rang …
 
« Pardon, je m’étais égarée hors de la pensée et du temps, s’excusa Melian
-    Moi pareil : je réfléchissais à ce que je vais prendre pour le second petit déjeuné… », ajouta Pippin

« Bon, vous voulez que je la finisse mon histoire, oui ou merde ?!!! »
Et elle reprit le récit là où elle l’avait laissé :

                                                                                                    * * *

« Je ne sais pas exactement ce qui se passa dans cet autre monde, mais d’après ce que j’ai pu en voir dans mon miroir, la Mamel revint trop tard car un  « sourcier de vérité » avait déjà été nommé.
Cependant, à un moment, notre capitaine des gardes se retrouva malgré tout confronté au tyran Darken Rahl et le combat s’engagea entre eux. Leur façon de se castagner était totalement identique et leur force absolument équivalente (Melian ajouta mentalement qu’ils étaient aussi sexy l’un que l’autre !) si bien qu’il fallut déclarer match nul.
Darken, ayant trouvé, sans savoir pourquoi, Haldir bien sympathique, lui octroya ainsi qu’à Kahlan Mamel, des terres dans son royaume s’ils promettaient de ne plus venir lui casser les couilles. L’inquisitrice trouva la proposition très alléchante et décida d’accepter. Elle s’installa donc à la campagne avec l’elfe et ils menèrent une vie simple et funky.
Mais Kahlan avait beau avoir de grands pouvoirs, elle n’en était pas moins mortelle et l’âge finit par la rattraper : elle devint vieille, flasque et ridée… mais comme Haldir était toujours sous l’influence de la « confession », il lui assurait chaque jour qu’il la trouvait sublime et qu’avec son goitre, elle ressemblait à une aquarelle de… Pablo Picasso.
Quand les années de sa vie furent totalement écoulées, elle s’éteignit dans une odeur d’eau de Cologne bon marché et de draps souillés.

Haldir fut libéré de la magie qui avait fait de lui un esclave pendant près de 60 ans et il put revenir dans notre monde. Mais il gardait en mémoire tous les souvenirs de cette période où il avait été privé de libre arbitre et cela le traumatisait passablement.
Il avait ressentit l’amour passion auquel il aspirait à travers la confession de Kalhan Mamel et elle avait allègrement abusé de son corps durant toutes ces années.
Désormais, le sentiment amoureux n’inspirait plus que répulsion à Haldir et il ne voulait plus entendre parler de niquer avec qui que ce soit ! »

                                                                                                                   * * *

« Quoi ?! Tu veux dire qu’il a totalement renoncé aux joies du sexe ?!, s’exclama Melian
-    Oui. Je veux pas jouer les psychologues de bas étages, mais je crois que pour lui, donner son corps reviendrait à perdre son âme…
-    Mais c’est trop horrible ! Pauvre chouchounet, il faut que je trouve un moyen de lui redonner confiance en l’amouuuur ! »

Merry, Pippin et Galadriel regardèrent soudain ailleurs et Melian crut même entendre un « bah c’est pas gagné ! » étouffé.
Furax, elle s’en alla en maugréant un « grrr » dans sa barbe.

                                                                                                                 * * *

La nuit était calme et les petites loupiotes allumées partout dans les grands arbres lui donnaient un éclat irréel et envoûtant.
Melian quitta son talan en catimini et se dirigea vers la clairière de Galadriel. Une fois arrivée, elle se pencha au dessus de l’eau magique formulant sans un mot la question qui lui tenait à cœur en espérant que le miroir répondrait.

Une scène se dessina alors avec un réalisme expressif saisissant dans le bassin, comme s’il reflétait soudain la réalité de l’expérience telle qu’elle est perçue par un individu particulièrement doué, qui l’exprime dans un discours qui permet à d’autres individus de la reconnaître comme vrai !

« Oh non alors !! Pas question que je le laisse se casser à Valinor !!!! »

Contrariée au plus haut point, Melian quitta la clairière et rentrait chez elle perdue dans ses pensées quand elle percuta de plein fouet un torse viril et musclé : Haldir.
Avant de la reconnaître, il lui tendit la main pour l’aider à se relever et éberlué, il resta paralysé de stupeur quand elle le serra dans ses bras et lui fit un gros câlin avant de lui déclarer :

« Un jour, tu seras mien et je serais tienne ; notre amour réciproque sera librement consenti et nos soupirs de plaisir résonneront dans les forêts qui dépérissent jusqu’à l’avènement d’une aube nouvelle !!! »
Elle lui planta un petit bisou sur la joue et s’en repartit vers son talan mettre au point des stratagèmes pour modifier la vision qu’elle avait eu en consultant le miroir.

La regardant s’éloigner incrédule, il fronça les sourcils d’incompréhension et laissa quelques secondes s’écouler avant de lancer :

« Hey, Melian, arrête de fumer la moquette ! »

 

FIN

12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:56


Assise depuis un bon petit moment dans la cabane au fond du jardin, Melian méditait sur le peu d’enthousiasme d’Haldir concernant « la chose ».
A bien y réfléchir c’était particulièrement étrange, même pour un elfe. Avait-il eut une vie sexuelle complètement débridée pendant son premier millénaire qui expliquerait qu’aujourd’hui il en soit lassé, ayant déjà exploré toutes les possibilités ? Etait-il adepte de ce courant de pensée puritain qui avait fait chuter dramatiquement le taux de fécondité elfique ? Ou était-ce un authentique coincé de la fesse ?
Melian n’aurait su le dire, mais la question l’intéressait au plus haut point.

Il n’y avait qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net (hormis aller demander directement à l’intéressé, mais Melian rejeta cette idée ; elle savait qu’elle n’obtiendrait rien comme ça) : il fallait qu’elle arrive à convaincre Galadriel de tout lui dire !
Heureusement, la souveraine de Lorien adorait les cancans et ne savait pas garder un secret… encore moins s’il concernait la vie sexuelle d’un de ses concitoyens ! Il ne fut donc pas difficile de lui soutirer des informations… et elle proposa même de joindre les images à la parole en réglant son miroir sur le mode voyeur.

« Hey ?! On peut se joindre à vous ?? » Merry et Pippin sortirent des fourrés, chacun un litron de gros rouge à la main ; à croire qu’ils passaient leur temps à chopiner en Lothlorien….. Ah mais en fait, ouais, c’était le cas…
Galadriel soupira mais les autorisa quand même à s’asseoir.

C’est donc par une belle après-midi d’été, tranquillement installés dans la clairière du miroir, tandis que Galadriel leur faisait sa meilleure voix de narratrice, que Melian, Merry et Pippin surent exactement pourquoi Haldir ne voulait plus niquer avec personne.

                                                                                                                * * *

« Haldir a aujourd’hui  environ cinq mille ans. Il est né au deuxième âge, une époque glauque et troublée au cours de laquelle très peu d’elfes ont vu le jour sur les Terres du Milieu. Il n’avait donc que peu d’amis de son âge dans sa jeunesse, hormis ses frères… mais bon, est ce qu’on peut vraiment tenir compte de Rumil et Orophin, vu leur intellect pour le moins… euh… limité ?
Il n’avait que cinquante ans quand ses parents firent voile pour Valinor afin d’échapper au fisc. Celeborn et moi avons pris les trois garçons sous notre aile et nous sommes devenus leurs tuteurs officiels.
Après une courte crise d’adolescence pendant laquelle il affirmait vouloir quitter la Lothlorien pour monter un groupe de rock avec des potes trolls à moitié rastas, il s’est décidé à suivre mes conseils en développant son talent au tir à l’arc.
Il entra donc à l’école militaire de Caras Galadhorn et se distingua rapidement par sa rigueur et son habileté au maniement des armes.

Côté sentiment,  c’était le néant total. Pas le moindre petit frémissement dans son cœur d’elfe solitaire ni dans son joli collant vert camouflage. La vue des elfettes qui passaient légères et courtes vêtues en gloussant devant la caserne ne l’inspirait pas plus que ses camarades en train de jouer à ‘j’ai perdu la savonnette’ dans les douches. Il écoutait d’une oreille distraite les exploits sexuels (présumés) de ses compagnons de chambrée mais ne les enviait aucunement ; et il pensait alors qu’il était du dernier ridicule de composer des poèmes à la con pour une dulcinée éperdue d’amour.

Puis ce fut la terrible guerre de la dernière alliance contre Sauron, le seigneur des ténèbr…

                                                                                                  * * *

 

« Hey, Galadriel, t’aurais pas vu mon caleçon rose, celui avec les petites fleurs ?? »

La voix de Celeborn, venant de quelque part dans les arbres, avait rompu le charme de la narration…

« Il est à côté du panier à couture, faut que je change l’élastique ! Mets-en un autre !, répondit la souveraine en criant bien fort pour que son mari l’entende…

                                                                                                    * * *

« Bon, reprenons : Haldir était un adolescent timide et solitaire qui trouva sa voie assez tôt en intégrant l’armée au sein de laquelle il fit une brillante carrière. Il passa son premier millénaire à devenir un combattant hors pair. Son deuxième, à utiliser ce qu’il avait appris en guerroyant à droite à gauche ; notamment au sein du contingent que la Lorien envoya lors de la Dernière Alliance. Au cours du troisième millénaire, il gravit les échelons et devint capitaine des gardes de Lorien, le plus haut poste dans la hiérarchie militaire de notre pays.
Enfin, parallèlement aux devoirs d’officier qui intrinsèquement lui incombent (et surtout qui lui décombent), il consacra son quatrième millénaire à voyager par monts et par vaux, apprenant les langues étrangères et nous servant d’ambassadeur auprès des chefs d’état des Terres du Milieu.

On ne lui avait connu aucune aventure sentimentale au cours de ces longues années, mais il n’avait pas l’air de s’en plaindre ni de rechercher l’âme sœur. Il avait fait savoir aux quelques elfettes intéressées par un rendez-vous avec lui d’aller se faire voir ailleurs - en particulier sur la colline - et il refusait toujours poliment de partager la couche des courtisanes dociles qu’on lui présentait lors de ses voyages diplomatiques.

Vint alors  le soir de son quatre millième anniversaire.


Ses frangins avaient préparé une bringue d’enfer et invité tous les pochtrons des Terres du Milieu. Après un dîné plutôt médiocre (Orophin était loin d’être Joël Robuchon), et un déballage de cadeau de merde (qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire d’un rétroprojecteur bleu indigo ?) le capitaine des gardes de Lorien - et son petit chapeau festif multicolore - s’était assis dans un coin, l’air grognon, excédé par le braillement des chanteurs et autres musiciens de pacotilles engagés par Rumil pour l’occasion.

Il se faisait clairement chier comme un rat mort.

Pour passer le temps il avalait les chouquettes de sa pièce montée les unes après les autres en pensant à la morphosyntaxe du syntagme nominal… et c’est au moment où il engloutissait la dernière que, voulant se lever pour aller au petit coin, il se prit les pieds dans le fil du rétroprojecteur.
Il se vautra alors dans les petits fours, envoyant valdinguer la soupière à punch, et sa tête heurta violemment le coin de la table.
Nul ne sait ce qui se passa à cet instant précis. Il resta quelques minutes sans connaissance et lorsqu’il revint enfin à lui, il n’était plus le même elfe. Fini à tout jamais le sens de l’équilibre ! Il avait dû se bousiller l’oreille interne. Mais sa chute avait aussi eu d’étranges conséquences : quand il ouvrit les yeux, les rares elfettes qui avaient fait le déplacement jusqu’à sa fête d’anniversaire lui firent… de l’effet !

A les regarder, là, avec leurs yeux couleurs menthe à l’eau, leurs longs cheveux blonds, scintillants et bouclés dignes d’une pub pour L’Oréal et leurs corps de rêve à peine dissimulés sous les étoffes transparentes de leurs robes, Haldir eut l’impression de ressentir, pour la première fois, comme une sorte de… « truc sexuel ».
Il se leva précipitamment et alla la rejoindre la plus proche de ces créatures devant le buffet. Il se sentit soudain tout dur et tout bête, si bien qu’il ne trouva rien de mieux à lui sortir que « Oh belle marquise, d’amour, mourir, vos beaux yeux me font ! », une pauvre phrase que même Rumil n’aurait pas osé scribouiller dans l’un de ses poèmes de naze.

Dommage pour lui, il avait choisi l’une de ces greluches qui se prennent pour les reines du bal. Elle le regarda un instant interloquée, l’air surprise que quelqu’un ait eu le toupet de s’adresser à elle sans y être invité, puis le détailla de bas en haut, ne manquant pas de remarquer un certain renflement caractéristique dans le collant du capitaine des gardes.

« Il reste des chouquettes ?, questionna-t’elle d’une voix plutôt sèche et hautaine.
-    Euh, nan, répondit Haldir à la fois embarrassé et subjugué.
-    Pas de chouquette, pas de quéquette ! »
Et elle s’en retourna d’où elle était venue, comme la grosse pétasse prétentieuse qu’elle était.

Il tenta bien sa chance avec d’autres meufs présentes à la fête, mais sans succès. Même Orophin s’en tira mieux que lui, c’est dire !
Il rentra chez lui tout penaud et tout frustré, espérant qu’il aurait retrouvé son état normal après une bonne nuit de repos.
Mais rien de tel le lendemain ! Une grosse bosse s’était épanouie sur sa tête et une autre dans son collant vert ! Et seuls les Valars savaient laquelle des deux se résorberait la première…
Son fracassage de tête avait ouvert une porte qui ne pouvait plus être refermée si aisément : Haldir avait désormais envie de niquer !!

                                                                                                                                                              (à suivre)

10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 22:38

Chapitre Quatre

Essoufflée par la montée vertigineuse des escaliers menant au palais de Galadriel, Melian eut l’intuition qu’elle allait devoir surveiller de près sa consommation de cochonneries si elle voulait continuer à se mouvoir librement dans la cité arborée.

Telle une apparition céleste, Galadriel descendit les marches, nimbée d’un halo scintillant et argenté. Ah c’est clair, elle avait fait du chemin depuis le jour où Melian l’avait trouvée en loques, traînant comme une clocharde après la débâcle du détroit d'Helcaraxë !

Poussant un joyeux « Hiiiiiiiiiiiiiii, ma copiiiiiiine !!! », elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre, sincèrement enchantées de se retrouver !

« Mais que t’est-il arrivé, ma chérie ? Tu as une mine affreuse !!
-    C’est Manwë, ce trou de balle, qui a dénaturé ma nouvelle enveloppe charnelle…
-    Ma pauvre… Es-tu toujours une elfe au moins ?
-   Oui et non, d’après ce que j’ai compris. J’en suis encore plus ou moins une en substance et mon destin est toujours lié à celui de notre peuple… mais j’ai aussi des caractéristiques empruntées à toutes les autres races des terres du milieu : les poils des nains, les grands panards des troll, la cervelle limitée et l’apparence physique désavantageuse des humains (sauf mes jolies petites oreilles pointues) et un appétit de hobbit…
-    Arg, quel mélange explosif ! Manwë t’a pas loupée ! Mais ça ne fait rien ! Tu es la bienvenue au royaume de Lorien !! »

Melian salua également Celeborn qui traînait dans les parages. Il avait l’air mal à l’aise. Il y a de cela bien longtemps, ils avaient eu une aventure tous les deux… une aventure qui avait duré à peu près cinq minutes (et encore, grand maximum)… Elle avait tout de suite vu qu’il ne serait pas à la hauteur de ses « exigences » et puis, de toute façon, peu de temps après, elle avait rencontré Thingol  qui, avouons-le, faisait vachement plus crédible en souverain…

                                                                                                    * * *

Quelques jours plus tard, Melian était installée dans un talan d’honneur et glandait sur une terrasse en compagnie de Galadriel. Elles papotaient, un verre de miruvor à la main, se remémorant le bon vieux temps en fumant l’herbe illicite que les hobbits leur fournissaient en échange de chorizo.

« Bon, trêve de plaisanterie, Galadriel : dis-moi tout sur ton capitaine de la garde, le bel Haldir !!!
-    Ah bon ? Il te plait ?, répondit malicieusement Galadriel, feignant l’étonnement
-    Pas qu’un peu ! Il a le plus joli pti cul que j’ai vu depuis celui de Beleg à l’arc de fer !! Mais ce que j’aime surtout chez lui, c’est sa beauté intérieure bien entendu…  et Melian fit un clin d’œil qui en disait long à son amie.
-    Tu es vraiment sûre que tu as mis tes bonnes lunettes, Melian, parce que c’est loin d’être l’elfe le plus sexy de Lothlorien, je t’assure… Certains lui trouvent même des ressemblances avec les dénommés Louis de Funès et Francis Lalanne… bien que j’ignore totalement qui sont ces deux individus…
-    Moi, je sais qui ils sont, mais cette hypothèse me parait absolument improbable ; avoir un lien de parenté avec De Funès ET Francis Lalanne, c’est trop pour un seul homme !
-    Si tu le dis…
-    Bon, et à part ça… il est maqué ?
-  Oula non !! Il a la réputation d’être un misogyne fini ! Il n’a jamais pu trouver godillot à son pied en matière de femme… de plus, je suis désolée de te le dire mais il a une aversion toute particulière pour les humaines et franchement, tu ressembles drôlement plus à une représentante de ce peuple qu’à une elfe désormais…
Sinon, je crois savoir que peu de gens arrivent à le supporter sur de longues périodes ; il a un sale caractère… qui ne s’est pas arrangé quand il a vu le sort qu’on lui avait réservé dans le documentaire sur la Guerre de l’Anneau ; y en a qu’un seul qui soit encore plus furax après Peter Jackson, c’est Glorfindel ! »

Elles se séparèrent peu après et Melian médita longuement sur ce qu’elle venait d’apprendre…

                                                                                                          * * *

Par un beau matin d’automne, Melian se promenait près de la clairière dédiée aux exercices de la garnison.
Haldir était là.
Il faisait particulièrement chaud pour la saison et la plupart des elfes avaient fait tomber la chemise… ou plutôt la tunique.
Melian n’avait d’yeux que pour le torse musclé du capitaine des gardes… Ses mouvements étaient gracieux et autoritaires à la fois. Il dirigeait une leçon d’escrime et même en retenant ses coups, on voyait bien qu’il surpassait aisément tous les autres soldats. Sous l’effort, la sueur perlait sur son corps d’éphèbe tandis que la bave coulait sur le menton de Melian.
Un « zvoufff » retentit dans la plaine et elle sut que son shorty en dentelle avait implosé. Il ne lui restait presque plus de sous vêtements depuis qu’elle avait rencontré Haldir.

Deux elfes s’approchèrent d’elle :
« C’est not’ frangin que vous reluquez comme ça ?
-    Vous êtes Rumil et Orophin, je parie. Haldir m’a parlé de vous…
-    En bien j’espère ?
-    Euh…. Vous vouliez me demander quelque chose ?
-    Ouais. On voulait juste vous prévenir : laissez tomber, vous et Haldir, ça le fera jamais.
-    Hein ?! Et pourquoi ça j’vous prie ?
-    On voit bien que vous l’avez pas vu se la péter avec la Communauté de l’Anneau. J’imagine même pas comment il mépriserait une simple humaine comme vous !
-    D’abord, chuis pas une humaine. Et quand bien même !!! Depuis quand une loi interdit-elle aux hommes elfes de niquer avec des humaines ??
-    Euh, bah, c’est comme ça, c’est sous-entendu… C’est un truc qui se fait pas, c’est tout ! Et puis beurk, quoi, quelle idée saugrenue…
-    Ah bon ?! Et bah c’est ce qu’on va voir !! Je déclare solennellement que je finirai par jouer un air de pipeau à Haldir… et plus si affinité ! Et je ne serais satisfaite que quand un elfe mâle aura enfin niqué avec une humaine !!
-    Le pauvre… »

Sur ce, elle s’en alla vers le champ de tir où d’autres elfes s’entraînaient. Elle choisit  un très bel arc galadhrim qu’elle banda n’importe comment. Elle ferma les yeux, tourna trois fois sur elle-même en murmurant « Oh, Elbereth, Giltoniel, si telle est la volonté d’Eru Illuvatar, que le destin guide cette flèche vers celui qui sera l’élu de mon cœur » et elle relâcha la corde.

« AÏEUUUUUUU », hurla Haldir qui venait de se prendre la flèche dans la fesse gauche.

« Ooups » , s’excusa Melian… Mais un petit sourire en coin plutôt espiègle venait démentir la sincérité de ces excuses. Désormais elle savait qu’Haldir était bel et bien son dulciné et quel que soit le temps que ça prendrait, elle finirait par se le farcir !
Autant commencer tout de suite ! Elle courut vers lui l’air faussement désolée : « chuis vraiment trop nulle au tir à l’arc, tu voudrais pas me donner des cours particuliers, Haldir ?? »
Un masque de consternation passa fugitivement sur le visage d’Haldir… et à partir de ce jour, c’est l’expression qu’on lui verrait le plus souvent…

                                                                                                     * * *

Melian avait insisté pendant des heures auprès de Galadriel et cette dernière, fatiguée, avait fini par céder.
La souveraine de Lorien convoqua donc son capitaine des gardes ainsi que Melian dans la clairière du miroir et leur demanda de regarder dedans tous les deux ensemble…
Ils se penchèrent au dessus de l’eau, leurs visages si proches l’un de l’autre, qu’à la faveur d’un souffle d’air, les cheveux bruns de Melian se mêlèrent un instant aux longues mèches argentées d’Haldir.
Le miroir s’alluma. Ils regardèrent les images sans mot dire. Puis les eaux redevinrent sombres et Melian se redressa en disant :

« Je sais ce que tu as vu, car c’est aussi dans mon esprit : c’est ce qui va se passer si on nique ensemble…. Et ça m’a l’air plutôt pas mal… »

Haldir la regarda, visiblement sans comprendre et tourna les talons, repartant vers la caserne où il était attendu. Mais avant de sortir de la clairière, il lança ces paroles à la cantonade, l’air un peu pincé :

« Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler, moi j’ai vu une grosse assiette de moules frites bruxelloise… »

Pourtant, ça n’était pas exactement ce que le miroir lui avait montré.
Mais ça, il ne l’aurait avoué pour rien au monde !

Haldir en était désormais convaincu : plus jamais il n’aurait la paix.           

 

                                                                                                                                                                                  FIN

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