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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:56


Assise depuis un bon petit moment dans la cabane au fond du jardin, Melian méditait sur le peu d’enthousiasme d’Haldir concernant « la chose ».
A bien y réfléchir c’était particulièrement étrange, même pour un elfe. Avait-il eut une vie sexuelle complètement débridée pendant son premier millénaire qui expliquerait qu’aujourd’hui il en soit lassé, ayant déjà exploré toutes les possibilités ? Etait-il adepte de ce courant de pensée puritain qui avait fait chuter dramatiquement le taux de fécondité elfique ? Ou était-ce un authentique coincé de la fesse ?
Melian n’aurait su le dire, mais la question l’intéressait au plus haut point.

Il n’y avait qu’un seul moyen d’en avoir le cœur net (hormis aller demander directement à l’intéressé, mais Melian rejeta cette idée ; elle savait qu’elle n’obtiendrait rien comme ça) : il fallait qu’elle arrive à convaincre Galadriel de tout lui dire !
Heureusement, la souveraine de Lorien adorait les cancans et ne savait pas garder un secret… encore moins s’il concernait la vie sexuelle d’un de ses concitoyens ! Il ne fut donc pas difficile de lui soutirer des informations… et elle proposa même de joindre les images à la parole en réglant son miroir sur le mode voyeur.

« Hey ?! On peut se joindre à vous ?? » Merry et Pippin sortirent des fourrés, chacun un litron de gros rouge à la main ; à croire qu’ils passaient leur temps à chopiner en Lothlorien….. Ah mais en fait, ouais, c’était le cas…
Galadriel soupira mais les autorisa quand même à s’asseoir.

C’est donc par une belle après-midi d’été, tranquillement installés dans la clairière du miroir, tandis que Galadriel leur faisait sa meilleure voix de narratrice, que Melian, Merry et Pippin surent exactement pourquoi Haldir ne voulait plus niquer avec personne.

                                                                                                                * * *

« Haldir a aujourd’hui  environ cinq mille ans. Il est né au deuxième âge, une époque glauque et troublée au cours de laquelle très peu d’elfes ont vu le jour sur les Terres du Milieu. Il n’avait donc que peu d’amis de son âge dans sa jeunesse, hormis ses frères… mais bon, est ce qu’on peut vraiment tenir compte de Rumil et Orophin, vu leur intellect pour le moins… euh… limité ?
Il n’avait que cinquante ans quand ses parents firent voile pour Valinor afin d’échapper au fisc. Celeborn et moi avons pris les trois garçons sous notre aile et nous sommes devenus leurs tuteurs officiels.
Après une courte crise d’adolescence pendant laquelle il affirmait vouloir quitter la Lothlorien pour monter un groupe de rock avec des potes trolls à moitié rastas, il s’est décidé à suivre mes conseils en développant son talent au tir à l’arc.
Il entra donc à l’école militaire de Caras Galadhorn et se distingua rapidement par sa rigueur et son habileté au maniement des armes.

Côté sentiment,  c’était le néant total. Pas le moindre petit frémissement dans son cœur d’elfe solitaire ni dans son joli collant vert camouflage. La vue des elfettes qui passaient légères et courtes vêtues en gloussant devant la caserne ne l’inspirait pas plus que ses camarades en train de jouer à ‘j’ai perdu la savonnette’ dans les douches. Il écoutait d’une oreille distraite les exploits sexuels (présumés) de ses compagnons de chambrée mais ne les enviait aucunement ; et il pensait alors qu’il était du dernier ridicule de composer des poèmes à la con pour une dulcinée éperdue d’amour.

Puis ce fut la terrible guerre de la dernière alliance contre Sauron, le seigneur des ténèbr…

                                                                                                  * * *

 

« Hey, Galadriel, t’aurais pas vu mon caleçon rose, celui avec les petites fleurs ?? »

La voix de Celeborn, venant de quelque part dans les arbres, avait rompu le charme de la narration…

« Il est à côté du panier à couture, faut que je change l’élastique ! Mets-en un autre !, répondit la souveraine en criant bien fort pour que son mari l’entende…

                                                                                                    * * *

« Bon, reprenons : Haldir était un adolescent timide et solitaire qui trouva sa voie assez tôt en intégrant l’armée au sein de laquelle il fit une brillante carrière. Il passa son premier millénaire à devenir un combattant hors pair. Son deuxième, à utiliser ce qu’il avait appris en guerroyant à droite à gauche ; notamment au sein du contingent que la Lorien envoya lors de la Dernière Alliance. Au cours du troisième millénaire, il gravit les échelons et devint capitaine des gardes de Lorien, le plus haut poste dans la hiérarchie militaire de notre pays.
Enfin, parallèlement aux devoirs d’officier qui intrinsèquement lui incombent (et surtout qui lui décombent), il consacra son quatrième millénaire à voyager par monts et par vaux, apprenant les langues étrangères et nous servant d’ambassadeur auprès des chefs d’état des Terres du Milieu.

On ne lui avait connu aucune aventure sentimentale au cours de ces longues années, mais il n’avait pas l’air de s’en plaindre ni de rechercher l’âme sœur. Il avait fait savoir aux quelques elfettes intéressées par un rendez-vous avec lui d’aller se faire voir ailleurs - en particulier sur la colline - et il refusait toujours poliment de partager la couche des courtisanes dociles qu’on lui présentait lors de ses voyages diplomatiques.

Vint alors  le soir de son quatre millième anniversaire.


Ses frangins avaient préparé une bringue d’enfer et invité tous les pochtrons des Terres du Milieu. Après un dîné plutôt médiocre (Orophin était loin d’être Joël Robuchon), et un déballage de cadeau de merde (qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir faire d’un rétroprojecteur bleu indigo ?) le capitaine des gardes de Lorien - et son petit chapeau festif multicolore - s’était assis dans un coin, l’air grognon, excédé par le braillement des chanteurs et autres musiciens de pacotilles engagés par Rumil pour l’occasion.

Il se faisait clairement chier comme un rat mort.

Pour passer le temps il avalait les chouquettes de sa pièce montée les unes après les autres en pensant à la morphosyntaxe du syntagme nominal… et c’est au moment où il engloutissait la dernière que, voulant se lever pour aller au petit coin, il se prit les pieds dans le fil du rétroprojecteur.
Il se vautra alors dans les petits fours, envoyant valdinguer la soupière à punch, et sa tête heurta violemment le coin de la table.
Nul ne sait ce qui se passa à cet instant précis. Il resta quelques minutes sans connaissance et lorsqu’il revint enfin à lui, il n’était plus le même elfe. Fini à tout jamais le sens de l’équilibre ! Il avait dû se bousiller l’oreille interne. Mais sa chute avait aussi eu d’étranges conséquences : quand il ouvrit les yeux, les rares elfettes qui avaient fait le déplacement jusqu’à sa fête d’anniversaire lui firent… de l’effet !

A les regarder, là, avec leurs yeux couleurs menthe à l’eau, leurs longs cheveux blonds, scintillants et bouclés dignes d’une pub pour L’Oréal et leurs corps de rêve à peine dissimulés sous les étoffes transparentes de leurs robes, Haldir eut l’impression de ressentir, pour la première fois, comme une sorte de… « truc sexuel ».
Il se leva précipitamment et alla la rejoindre la plus proche de ces créatures devant le buffet. Il se sentit soudain tout dur et tout bête, si bien qu’il ne trouva rien de mieux à lui sortir que « Oh belle marquise, d’amour, mourir, vos beaux yeux me font ! », une pauvre phrase que même Rumil n’aurait pas osé scribouiller dans l’un de ses poèmes de naze.

Dommage pour lui, il avait choisi l’une de ces greluches qui se prennent pour les reines du bal. Elle le regarda un instant interloquée, l’air surprise que quelqu’un ait eu le toupet de s’adresser à elle sans y être invité, puis le détailla de bas en haut, ne manquant pas de remarquer un certain renflement caractéristique dans le collant du capitaine des gardes.

« Il reste des chouquettes ?, questionna-t’elle d’une voix plutôt sèche et hautaine.
-    Euh, nan, répondit Haldir à la fois embarrassé et subjugué.
-    Pas de chouquette, pas de quéquette ! »
Et elle s’en retourna d’où elle était venue, comme la grosse pétasse prétentieuse qu’elle était.

Il tenta bien sa chance avec d’autres meufs présentes à la fête, mais sans succès. Même Orophin s’en tira mieux que lui, c’est dire !
Il rentra chez lui tout penaud et tout frustré, espérant qu’il aurait retrouvé son état normal après une bonne nuit de repos.
Mais rien de tel le lendemain ! Une grosse bosse s’était épanouie sur sa tête et une autre dans son collant vert ! Et seuls les Valars savaient laquelle des deux se résorberait la première…
Son fracassage de tête avait ouvert une porte qui ne pouvait plus être refermée si aisément : Haldir avait désormais envie de niquer !!

                                                                                                                                                              (à suivre)

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commentaires

Magaly 17/02/2012 03:40


Mdr !!! pauvre Haldir, qu'est ce qu'il prend quel suspens, Mélian va t'elle enfin réussir avant d'avoir à racheter toute
une ribambelle de ptites culottes ????? héhéhéhé ;) Merci !!!!

Momoa 17/02/2012 11:41



Nan, elle est bonne pour racheter toute une gamme de culottes eco+ en solde!



sirene 16/02/2012 21:45


Merci pour ce partage bonne soirée bisous evy

Momoa 17/02/2012 11:42



Merci de prendre le temps de me lire :) Bisou



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