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21 juillet 2010 3 21 /07 /juillet /2010 17:33

Reprise d’enquête

 

Notre équipe décide d’aller perquisitionner le bureau qu’occupait Regard Kitu à la TGB (précision : comme par hasard, dans la même agence que Jérôme Kenavo)

 

Interrogeons ses collègues en ces termes :

 

Q :« Que pensiez-vous de Jérôme Kenavo ? »

R : (collective) : « Il était con »

Q : « Que pensiez-vous de Regard Kitu ? »

R : (collective) « Il était con »

Q : « Diriez vous qu’il y avait une grande différence entre eux deux ? »

R : « Non, ils étaient aussi cons l’un que l’autre »

 

Une collaboratrice des deux hommes, C. LeNain, nous dira cependant que Kenavo buvait un café noir tous les matins et que Regard Kitu ne buvait que de la verveine en sachet… mais son témoignage peu fiable sera écarté du procès verbal.

 

Nous réalisons des clichés de son bureau où rien ne semble avoir été dérangé, contrairement à celui de Jérôme Kenavo où il ne reste plus rien car tout a déjà été embarqué par le fisc Monégasque et la mafia Corse.

Saisissons son agenda. A la date du 15/02/08, trouvons une note disant « Monter une arnaque d’envergure ».

Son ordinateur est également mis sous scellé. Après plusieurs jours pour trouver le mot de passe (qui s’averra être « F.I.O.N. ») notre équipe technique trouve des traces de consultations de divers sites porno sur Internet et les preuves d’un gigantesque détournement de fond, mis en place par Regard Kitu et dont la Poste serait victime.

En accord avec moi-même et moi seule sur ce sujet, je décidais de ne pas ajouter cette preuve au dossier car ça n’a rien d’un délit et ne concerne en rien notre enquête.

 

Des clichés du poste de travail de Regard Kitu sont ajoutés à notre dossier.

Après analyse des pièces à convictions collectées par la police scientifique sur le lieu de travail de Regard Kitu, nous pouvons affirmer que des traces de café, d’alcool, de tabac de drogue et de chorizo étaient présentes en grande quantité sur la scène de crime.

 

Après examen de toutes les pièces à conviction réunies, nous n’en savons pas plus sur Regard Kitu ni sur où il pourrait bien se trouver. Aucun lien non plus n’est formellement établi entre Regard Kitu et J. Kenavo autre que nos forts soupçons.

 

* * *

 

C’est alors que nous recevons un coup de fil de l’AGC qui nous informe détenir dans ses locaux un certain Noumayos Triglawy, arrêté pour outrage aux bonnes mœurs et qui clame depuis des heures être innocent et n’être qu’un pauvre indic du CBI.

Les agents Godestoy et moi-même nous rendons donc dans les bureaux de l’AGC car leur prisonnier demande à nous parler de toute urgence. Une fois sur place, Noumayos Triglawy nous avoue détenir des informations intéressantes sur la planque possible de Regard Kitu mais nous prévient qu’il ne nous les donnera que lorsque l’AGC l’aura relâché. Entamons donc des pourparlers avec nos collègues qui après plusieurs heures de négociations, accèdent à notre demande et relâchent Noumayos Triglawy qui nous déballe alors tout de suite ce qu’il sait : la veille, il a croisé Regard Kitu au Fucking Blue Boy et l’a entendu dire qu’il allait se casser au Turkménistan, le temps que l’affaire Kenavo se calme. Après son départ, Noumayos Triglawy avait pris la peine de mettre de coté le verre du suspect en vue d’analyses ADN. Il nous remis également un poil de fesse qu’il avait conservé entre ses dents à coté d’un steak et d’un petit Gervais à température inférieure à 4° pour ne pas fausser les résultats.

Remerciant notre indic comme il se doigt, après lui avoir renouvelé notre confiance et son titre de séjour temporaire… nous décidons de nous séparer en deux groupes : les agents Godestoy retournent dans les locaux du GBI pour analyser les nouvelles preuves et identifier formellement l’ADN de Regard Kitu et d’un autre côté, moi-même me rendant à l’ambassade du Turkménistan pour vérifier les demandes récentes de visa.

 

Arrivé sur place, je demande à rencontrer l’ambassadeur dont les réceptions sont toujours un succès, qui me confirme qu’un dénommé Regard Kitu est passé dans la matinée pour faire une demande de visa qui lui a été refusée au motif qu’il puait de la gueule et avait les yeux bouffis. Il m’apprend également que devant ce refus, Regard Kitu a commencé à chercher les embrouilles, traitant les secrétaires de grosses vaches qui meuglent, et urinant dans plusieurs plantes vertes. Les vigiles l’ont donc ceinturé et conduit dans les sous terrains crasseux de l’ambassade où il a été enfermé jusqu’à ce que mort s’en suive.

Heureusement pour notre enquête, comme ceci ne s’était passé que quelques heures auparavant, Regard Kitu n’était pas encore mort et après avoir demandé un ordre d’extradition à la poupée vaudoue du président de la république, je pus emmener le suspect non sans lui avoir filé quelques coups de pieds bien senti dans les roubignoles, juste comme ça pour le fun.

 

Pendant ce temps, les agents Godestoy étaient face à un problème de taille : il leur avait été impossible d’isoler l’ADN contenu dans la salive de Regard Kitu car son venin était si acide qu’il faussait les résultats à chaque nouvelle analyse et quel que soit le révélateur utilisé. Il fut cependant possible de détecter la présence de café, tabac, alcool, cocaïne et chorizo.

 

Quant au poil conservé par Noumayos Triglawy, notre indic, il révéla bien l’ADN d’un suspect mais pas du notre car il s’averra appartenir à un certain Demis Roussos, sans lien avec notre affaire mais trempant dans diverses arnaques à l’assurance après les incendies de 2007 dans le Péloponnèse.

 

Mais voilà que notre suspect, Regard Kitu est amené, menottes roses à plumes au poignet dans nos locaux. Tout de suite, une place lui est faites au 23è sous sol où nous avons l’habitude de procéder aux interrogatoires des prévenus les plus dangereux.

Sous l’œil de notre huissier, Maître Capello, nous recueillons enfin un échantillon garanti 100% Regard Kitu. C’est moi-même, l’agent Sculder qui procède au prélèvement à l’aide d’un épilateur Silk Epil de Brown, modèle Q69. J’en profite pour lui faire les aisselles car après tous les problèmes que nous avons rencontrés pour analyser son ADN, 25000 échantillons valent mieux qu’un !

Suite à cela, le suspect nous hurle qu’il est prêt à avouer tout ce qu’on veut (« Oui, c’est moi qui ait assassiné JFK ») pourvu que cette torture cesse… ne voyant pas de quoi il veut parler, je lui arrache encore quelques sourcils avant de remettre l’épilateur dans son caisson sécurisé.

Les aveux obtenus sont déclarés irrecevable par le substitut du procureur que nous contactons mais nous décidons de tabasser encore un peu le suspect pour voir s’il nous avoue avoir volé les ferrets de la reine…

 

L’agent S. Godestoy profite de ces moments de flottement pour relever les empreintes de Regard Kitu mais bizarrement, après tentative d’analyse, elles se révèlent inexploitables.

Entre deux coups de boules, Regard Kitu s’explique en prétendant s’être cramé les doigts en voulant sortir trop vite des merguez du feu lors d’un barbecue en 1996, perturbé par un individu ayant épongé tant d’alcool –en finissant le punch à même la soupière- qu’il roulait doucement dans la pente gazonnée du jardin de l’agent Godestoy, un sourire idiot figé sur le visage et perdant par la même occasion toutes ses clopes dans l’herbe. L’agent Sculder a soudain comme un réminiscence (tu sais c’est quand…) mais se reprend rapidement en concluant que c’était un cauchemar et que ça n’a jamais existé…

 

Cette absence d’empreintes digitales claires est assez troublante car, ressortant le dossier de Kenavo, nous apprenons que pour lui aussi, la lecture des empreintes était impossible, ceci étant dû selon lui à un cramage de doigts, lors d’un barbecue alors qu’il voulait retirer trop tôt du feu une saucisse aux herbes…

 

Après un examen minutieux, aucun rapprochement n’est possible entre ces deux incidents mais les dires de Regard Kitu ne sont pour une fois pas mis en doute car ses doigts ont une forme de knakis et se prêtent volontiers à toute forme de cuisson. D’ailleurs, l’agent A. Godestoy sortait sa pierrade pour continuer à cuisiner le suspect et préparer le déjeuné pour toute l’équipe lorsque nous recevons un nouvel appel du procureur comme quoi, la garde à vue durait maintenant depuis deux semaines et qu’il serait peut-être temps d’« entendre » le mis en cause… (hein quoi, on lui a pas enlevé son bâillon ?!)

 

Traînant Regard Kitu par les cheveux jusqu’à la salle d’interrogatoire, nous le ligotons sur sa chaise électrique et l’informons que cet entretien sera intégralement pas filmé. Sauf sur le téléphone portable de l’agent Sculder qui prévoit de se le repasser comme film de vacances les longues et froides soirées d’hiver…  ou peut être à l’automne.

 

 

 

Audition du suspect

 

Le trente octobre deux mille huit à vingt deux heures trente et un,

Nous, agent Fax Sculder du PBI

Détaché au sein du NBI

En collaboration avec le GBI

Assisté par les Agents Godestoy A et S, ainsi que par Robert Robichet, Michel Patoulacci et Jean Pierre Vidol

Procédons à l’audition du mis en cause dans l’affaire Jérome Kenavo

 

 

« Nom ?

-Kitu

Prénom ?

-Regard

Date de naissance ?

-25/04/77

Es tu coupable ?

-De quoi ?

De t’être fait passer pour Jérôme Kenavo pour détourner 5 milliard d’euro à la TGB et après avoir fait ton coup, d’être redevenu le minable petit employé, le petit courtier pitoyable que tu étais avant.

-Nan c’est pas moi c’est Murphy. »

 

Pause

 

Reprise une demi heure plus tard et quelques dents en moins

 

« Alors tu es coupable ?

- ça se pourrait bien.

Signe ces aveux là en bas

-Tout ceci me parait bien contraire à la convention de Genève… »

 

Pause

 

Reprise une demi heure plus tard. Plus de dent du tout.

 

« Alors… ?

-Fvictfor Vhugo

Hein ?

-ok, je signe ».

 

Fin de l’audition du suspect.

Après lui avoir lu ses droits, nous procédons à l’inculpation et avertissons le procureur de la République, nous attendant à des félicitations et à voir nos noms en premières pages dans tous les journaux du pays. Mais le Procureur voulant tirer toute la gloire pour lui nous dessaisi de l’affaire. Il propose de nous mettre au travail sur un nouveau cas de dopage dans le tour de France.

 

L’affaire Kenavo/Regard Kitu est donc classée pour le GBI et le PBI : encore une enquête rondement menée qui va arrondir notre taux d’élucidation aux alentours de 120%

A noter que Regard Kitu sera finalement libéré faute de preuve vraiment irréfutable…

 

Fait le trente octobre deux mille huit à vingt deux heures cinquante deux.

Aux bureaux du PBI

Les agents présents :

 

Agent Fax Sculder

Agent S. Godestoy

Agent A. Godestoy

Agent Michel Patoulacci, gardien de la paix avant tout

Agent Robert Robichet, gardien de la paix avant tout

Agent Jean Pierre Vidol, gardien de la paix avant tout

 

 

Conclusion

 

Toutefois, le corps de notre suspect Regard Kitu est repêché le surlendemain de sa libération.

Il se trouvait dans un conteneur poubelle avec marqué dessus « propriété de l’agglomération Nantaise », lesté de béton, au fond de la Loire.

La mafia chinoise est suspectée mais arrosant largement les magistrats de nems sauce au soja, elle ne sera pas inquiétée.

 

L’autopsie révèle une mort par balle en pleine tête, strangulation ayant entraîné la mort et fracture mortelle du crâne à l’aide d’un objet contendant.

 

 

A noter qu’on retrouva dans la poubelle le révolver de l’agent Sculder, qu’elle déclarait avoir perdu lors d’un footing en bord de Loire la veille des folles journées consacrées à Beethoven, une paire de bas résille noués en nœud coulant appartenant à l’agent A. Godestoy et une clé à molette sortie tout droit de la caisse à outil de l’agent S. Godestoy.

Aucune preuve de leur implication éventuelle n’apparaissant à première vue, l’affaire fut classée sans suite et le monde se porta mieux d’être débarrassé d’un individu ayant à ce point un Regard qui Tue et une tronche de con !

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

Violette Dame mauve 08/08/2010 11:01



Je vais prendre l'histoire au début ainsi je comprendrai mieux car en lisant le dernier article j'étais un peu larguée.


Bon dimanche


Amicalement


Violette



Momoa 08/08/2010 21:41



Hihi, Violette, oui, après quelques délires sur les elfes, il y a eu les enquêtes du CBI dont une en deux parties (celle de Jerome Kenavo). Puis, les elfes ont fait leur retour accompagnés des
nains :)) Le prochain coup qu'est ce que ce sera : mystère... je ne le sais pas encore moi même! J'ai les neurones en vacances... et le clavier aussi! :)) A bientôt.



Jérémy STORM 23/07/2010 18:52



Toujours une multitude dé références : à la pub, aux séries TV,.. Evidemment, ça me parle. C'est ma génération !!


Demis Roussos MDR MDR MDR


La suite ?!



Momoa 23/07/2010 22:26



Pas étonnant que les références te parlent, nous avons le même âge ;-) (j'ai réussi à me déclouter de ma croix toute seule comme une grande!)


Les agents du CBI vont aller se reposer quelques temps aux Caraïbes et la semaine prochaine, nous tenterons de savoir pourquoi les nains et les elfes se détestent tant... ouvre l'oeil à la fin de
l'article! ;-)



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