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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:58

 Les Havres Gris…

 

Haldir avait beau avoir beaucoup voyagé sur les Terres du Milieu, jamais il n’avait vu la mer auparavant. Comme nombre de Galadhrims, son cœur fut saisit par une douce mélancolie devant le spectacle des vagues venant caresser le rivage. Il ferma les yeux et savoura un instant cette impression de plénitude, laissant le vent marin jouer avec ses longs cheveux d’argent.

Et boum, il tomba de son cheval !

 

Un bruit de cavalcade et des rires étouffés : il eut juste le temps de voir deux grosses touffes bouclées disparaître derrière les rochers. Mais c’était suffisant pour en déduire que ces deux petits cornichons de Merry et Pippin lui avaient encore joué un mauvais tour. Effectivement il trouva la sangle de sa selle coupée net : le diable soit de leurs sales petits pieds poilus et silencieux ! Il n’aurait donc jamais la paix ?? Entre les blagues idiotes de ces deux là, l’odeur d’Aragorn, la bêtise congénitale de Legolas, l’existence même de Gimli et la nymphomanie - uniquement dirigée contre lui - de Melian, il y avait de quoi se frapper la tête contre un tronc d’arbre.

Tiens, d’ailleurs où était-elle passée? Il ne se souvenait pas l’avoir beaucoup vue de tout le voyage ; alors que normalement elle aurait dû en profiter pour tenter de l’attacher à un arbre et lui faire subir les pires tourments ; comme d’hab, quoi…

Combien de fois avait-il eu envie de lui dire « il vaudrait mieux ne plus se revoir nous deux ! », suivi d’une ribambelle d’insultes en tout genre ? Surtout après la fois où elle l’avait séquestré pour mener une étude sur la sexualité des elfes en l’utilisant comme cobaye.

Il n’allait quand même pas se plaindre qu’elle le lâche un peu, non ? Et puis, il avait mieux à faire, comme profiter de l’air marin vivifiant et SPLOUITCH : une mouette venait de lui chier sur la tête ! Décidément c’était pas sa journée.

 

* * *

Les elfes entrèrent dans la ville et s’assemblèrent sur les quais. Cirdan, le constructeur de bateau était là. Par Eru : quelle barbe ! Quel âge pouvait bien avoir cet elfe pour se trimballer avec un truc pareil accroché au menton ?? Les seigneurs des elfes se retirèrent, tandis qu’on chargeait les bateaux. L’attente serait brève : on allait voyager léger. Ce départ était prévu de longue date et plusieurs convois de meubles précieux et autres tapisseries rares avaient déjà fait voile vers Valinor, menés par les elfes qui souhaitaient se rendre sur les Terres Immortelles pour préparer le terrain.

Parmi ces derniers, Rumil et Orophin, très motivés par la perspective de draguer de nouvelles nanas pour l’un (Haldir doutait fortement qu’il aurait plus de succès à Valinor qu’en Lothlorien) et de découvrir de nouvelles espèces de coléoptères pour l’autre. Ils avaient fait voile ensemble la semaine précédente.

 

Mais aujourd’hui le dernier bateau officiel quittait les Terres du Milieu.

 

Dorénavant, Fondcombe et Caras Galadhorn, les deux grandes cités elfiques, n’étaient plus habitées que par les spectres des temps jadis.

Quand les humains viendraient les piller, ils ne trouveraient que des monceaux de vieilles paperasses concernant la culture du rutabaga et des meubles Ikea sans grande valeur.

 

* * *

 

Quand l’heure d’embarquer fut venue, Haldir se débrouilla pour ne dire au revoir à personne : il détestait les adieux déchirants. Surtout non réciproques. Franchement, qui allait vraiment lui manquer parmi cette bande de guignols de foire ?

 

Cependant, voyant Melian assise sur une bite d’amarrage, l’horizon semblant bien mort dans ses yeux délavés, quelque chose le poussa à s’avancer vers elle.      

        

« Au revoir Melian.

-               Au revoir Haldir »

 

Si jamais il exista un ton plus neutre, il ne le fut sans doute guère plus que celui qu’ils employèrent alors.

 

Et ils se firent la bise, veillant bien à ce que leurs lèvres ne touchent pas la peau de l’autre.

 

Haldir se dirigea alors imperturbablement vers la passerelle, se prit les pieds dedans et faillit tomber à l’eau. Il ne dût son salut qu’à l’intervention de Celeborn qui le rattrapa en lui saisissant le bras.

Le souverain de Lothlorien, plongeant son regard énigmatique dans celui d’Haldir, lui avait alors annoncé :

 

« Le aphadar aen ! »

 

Haldir l’avait regardé, éberlué : « Hein ??? »

 

« Nan, laisse tomber, Haldir, j’avais juste envie de prononcer cette phrase une dernière fois en quittant les Terres du Milieu…

 

- Mais au fait, Monseigneur, ne deviez-vous pas rester en Lorien, jusqu’à ce que les arbres dépérissent ?

- Ouais, je m’étais dit que j’allais faire ça au début, mais Galadriel m’a convaincu de me barrer, après m’avoir fait lire des fanfictions pornos du futur dans lesquelles tout ce que les Terres du Milieu comptent encore d’elfes me passe sur le corps !

- Ah ok ! » Et ils s’installèrent tous deux auprès de Galadriel, d’Elrond et de Gandalf en première classe tandis que les immigrants irlandais devaient s’estimer heureux de trouver une paillasse à fond de cale…

 

* * *

 

Après beaucoup de blabla pénible, on fit monter Bilbon et Frodon à bord. En effet, ce départ était aussi celui des derniers porteurs de l’anneau, mais Haldir s’en foutait.

 

Appuyé contre le bastingage, il regardait vers l’Ouest.

Valinor.

Les Terres Immortelles.

Lui qui était né lors des heures les plus sombres du deuxième âge, n’avait bien entendu jamais foulé les blancs rivages d’Alqualondë. Tout ce qu’il connaissait, tout ce qu’il avait aimé était derrière lui. Comme presque tous ceux de son peuple, il s’apprêtait à dire adieu aux Terres du Milieu.

On leva l’ancre et, tandis que les oiseaux marins les accompagnaient de leurs chants, le bateau s’ébranla et quitta le port.

 

Oh, il restait bien quelques glandus d’elfes trop froussards pour faire le grand voyage, d’autres tellement crétins qu’ils préféraient vivre avec leurs amis nains, d’autres encore qui ne se voyaient pas laisser les Valars leur dicter leur conduite. Parmi ces derniers, beaucoup d’elfes verts dont la seule occupation depuis le premier âge consistait à forniquer dans les buissons et qui s’imaginaient mal, d’un coup, passer toutes leurs journées à écouter les méditations philosophiques transcendantales de Manwë.

Quels bande de nazes : passer à côté de la chance de connaître enfin la paix, dans un endroit créé pour les elfes où tout n’était que calme, luxe et volupté. Le son de mille harpes, la fragrance de mille fleurs, le goût de mille fruits délicieux, les couleurs changeantes d’un ciel éternel et la douceur soyeuse de l’herbe tiède : oui ! Enfin il allait pouvoir se la couler douce !

Que pouvait-on souhaiter de plus ?

 

* * *

 

Haldir s’était juré de ne pas regarder en arrière -notamment pour ne pas revoir l’abominable barbe de Cirdan leur souhaitant bon voyage depuis le quai. Cependant, alors qu’il replaçait une mèche de cheveux derrière son oreille pointue, quelque chose attira son attention et il se retourna.

Là-bas, sur le port, tandis que Legolas et Gimli jouaient à saute-mouton et que Merry et Pippin faisaient cuire du bacon et des saucisses bien grillées, Melian agitait quelque chose dans le vent en guise d’adieu. Son soutien-gorge.

Haldir secoua la tête, consterné.

Cependant, pour un myope, il avait la vue perçante et, à y regarder une seconde fois, il réalisa qu’outre le fait que le soutif était un wonderbra rembourré au maximum, le visage de Melian était inondé de larmes.

Il se souvint alors de leur dernière conversation sensée (une des rares à l’être d’ailleurs) :

 

~ Flashback ~

 

C’était le jour où ils avaient quitté la Lothlorien.

Il faisait ses derniers bagages en vue du grand départ quand elle vint le trouver chez lui.

 

Après leur mariage bidon, elle s’était acharnée quelques temps contre lui, mais, de guerre lasse, voyant qu’il simulait la migraine à longueur de journée, elle l’avait enfin laissé tranquille avec ça.

Et puis, il y avait eu cette histoire avec ce gros barbare poilu de Ronon où, à un moment, il s’était dit que peut être… mais non, comment avait-il pu imaginer une seule seconde que… ?! S’en était suivit l’étrange mariage de Gimli… depuis lequel elle lui faisait plus ou moins  la gueule. Il n’avait que peu de souvenirs de ces quelques journées passées au Mont Solitaire  et, personne n’ayant l’air de vouloir lui dire de quoi il retournait, il ne comprenait absolument pas pourquoi elle l’évitait depuis...

 

Après ça, la date du départ pour Valinor avait été fixée. Au détour d’une conversation, Galadriel lui avait appris que Melian ne les accompagnerait pas. Et sans qu’il en ait pleinement conscience, la perspective de ne plus avoir la jeune femme collée à ses basques avait d’ailleurs plutôt déconcerté Haldir tant il s’était habitué à subir sa folie douce quotidiennement.

 

Et aujourd’hui , elle était là, devant lui.

 

« Haldir… ? , appela-t’elle doucement depuis la porte d’entrée

-        Gné ?

-        J’étais juste venue te dire que Merry et Pippin ont l’intention de mettre du poil à gratter sur la selle de ton cheval…

-        Arg ! Les crevards ! Attends un peu que je les chope, ils vont passer un sale quart d’heure !

-        Et puis, j’étais aussi venue te rendre ça. »

 

Elle déposa  une feuille de papier sur l’étagère.

 

« Le contrat de mariage ?!

-        Oui, c’était bien marrant cinq minutes, mais bon, tu te casses à Valinor et de toute façon, chuis tombée amoureuse d’un elfe sylvain…

-        Pas Legolas quand même ?!!!

-        Legolas ?! Jamais de la vie ! La relation qu’il entretient avec Gimli découragera toutes ses prétendantes, si tant est qu’elles existent ! Nan, c’est quelqu’un d’autre… que tu connais pas. Et pis, autant te le dire, on te faisait marcher, un mariage à Las Vegas n’est pas valable en Lothlorien ni nulle part ailleurs sur les Terres du Milieu.

-        J’aurais du me douter que Galadriel était dans le coup avec ses petits sourires complices…

-        Enfin bref, tu es libre comme l’air ! Je voulais que tu le saches avant d’aller draguer les vanyars à Valinor ! »

 

Elle allait sortir, mais il la rattrapa, constatant au passage qu’elle ne portait plus sa bague en plastique à l’annulaire…

 

« Et toi, tu ne viens pas ?, la questionna-t’il, un peu étonné par les sentiments étranges qui l’assaillaient tout à coup. (Il mit ça sur le compte d’un problème de transit qui le dérangeait depuis le matin – à croire que quelqu’un lui avait jeté un sort de « mouvement irrégulier de l’intestin »).

-        Non, je n’ai plus le droit d’y mettre les pieds. Je suis ‘personna non grata’ à Valinor depuis la dernière fois que j’y suis allée. De toute façon, on se fait trop chier là bas, j’y ai passé tout le deuxième âge et le seul événement digne d’intérêt  qui s’est produit pendant tout ce temps, c’est quand Manwë est tombé par mégarde dans un buisson de sumac vénéneux…

-        Ah ouais, quand même ! »

 

Soudainement un peu embarrassés, ils se regardèrent sans plus rien dire, puis Melian sortit, le laissant seul avec ses bagages.

« Va, je ne te hais point. », murmura-t’il sans qu’elle ne puisse l’entendre. Perturbé sans trop savoir pourquoi, il en avait oublié les manigances de Merry et Pippin et avait passé tout le voyage à se gratter les glaouis…

 

~fin du flashback~

 

 

Elle pleurait, il en était sûr.

Pour lui ?

A cause de lui.

Et c’est en voyant ces larmes qu’il réalisa enfin : « De nous deux, c’est moi le plus malheureux. »

Il lui fit timidement signe de la main pour lui dire au revoir, espérant que cela suffirait à lui donner la force de se tourner de nouveau vers l’Ouest. Mais son cœur avait déjà choisit. Et soudain, ce fut comme s’il y voyait clair pour la première fois (et non plus comme dans du beurre) : « Oh, Melian, Melian ! Je comprends combien je t’aime ! Je t’aime et je veux te le dire, je veux te revoir sourire ! »

 

Son regard croisa celui de Galadriel. Elle souriait. 

 

« J’étais certain cette fois, que rien ne me retiendrait. On se trompe quelque fois… Une larme a tout changé… 

-        Oh !, lui dit-elle doucement, j’ai toujours su que ça finirait comme ça, Haldir, je l’avais vu dans mon miroir…

-        Veillez bien sur mes frères, là-bas, à Valinor, ils ont beau avoir plus de quatre mille ans, ce sont des crétins, mais des crétins honnêtes. Ils ne pourront comprendre…Adieu, Ma Dame », dit-il inclinant la tête respectueusement.

 

Puis, attrapant ses valises que lui tendait Celeborn au passage, il courut d’un bout à l’autre du pont et sauta à la mer en hurlant à pleins poumons :

« ELBERETH, GILTONIEL, BANZAÏ, GERONIMOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!»

 

Il lui fallut environ douze heures pour nager jusqu’au port : aucun de ces glandus d’elfes des Havres Gris n’avait eu l’idée de sortir une barque pour aller le récupérer.

 

Melian avait profité de ce laps de temps pour s’épiler les aisselles et le maillot, manger un ragoût de lapin aux herbes, emprunter une merveilleuse robe blanche qui mettait ses formes en valeur, et lire «Guerre et paix » en intégralité… deux fois.

 

Quand Haldir posa le pied sur les quais, elle l’attendait.

Il aurait aimé qu’elle se jette dans ses bras, mais il était couvert de goémon…

 

Elle était cependant suffisamment proche pour l’entendre murmurer :

 

« Par ma faute, trop de fois, mon amour, tu as pleuré…

-        J’ai voulu partir cent fois, mais cent fois je suis restée… » souffla-t’elle en guise de réponse.

 

Ils se regardèrent un instant sans un mot, comme s’ils se voyaient pour la première fois, comme si au-delà des poils surnuméraires, des décolorations trop fréquentes et des bourrelets qui pendouillent, ternissant quelque peu l’éclat elfique de leur vraie nature, chacun contemplait enfin son âme sœur dans toute sa radieuse beauté !

 

Pendant une minute, Haldir se remémora tout ce qu’ils avaient traversé (ou plutôt tout ce qu’elle lui avait fait subir) pour en arriver là…

 

« Je suis vraiment masochiste, dit-il enfin.

-        Je crois aussi, répondit-elle en souriant.

-        Mais je t’aime.

-        Alors, prouve-le ! »

 

Il chopa Melian par la taille, la serra contre lui et… (roulement de tambour : LE MOMENT QUE VOUS ATTENDEZ TOUS)  ils s’embrassèrent passionnément, à la lueur des étoiles, enfin conscients de partager les mêmes sentiments.

 

* * *

 

La décence ne me permet pas d’ajouter de détails, mais je peux quand même vous dire que la nuit qui suivit fut fantastique et que les manifestations bruyantes de leur désir réciproque enfin assouvi résonnèrent d’un bout à l’autre des Terres du Milieu. Certains même affirment les avoir entendus jusqu’aux tours blanches de Tol Eressëa.

                                                                                                  

 

FIN !

 

 

Ah oui, j’oubliais : pour ceux qui veulent une fin à la Harry Potter : Ils eurent des quadruplés qu’ils prénommèrent : Gustave, Alphonse, Arthur et Philibert et vécurent heureux jusqu’à ce que les longues années de leurs vies soient totalement écoulées… alors, sans doute lassés de la Poste, ils s’étendirent pour le repos sur Cerin Amroth et ronflèrent jusqu’à l’heure du second petit déjeuné.

 

 

 

Afin de ne pas me retrouver dans le box des accusés de New York enquêtes criminelles pour plagiat, je tiens à préciser que cet épilogue s’inspire fortement d’une chanson de Mike Brant !

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commentaires

artisan paris 26/11/2014 22:38

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

Jérémy STORM 20/10/2013 21:18


Toc-toc,


Voilà un p'tit moment que l'on ne s'est pas croisés, mais je ne t'ai pas z'oublié… Comme je me suis fais taguer, à mon
tour, je t'ai choisi pour te décerner un :


Liebster Award d'or. 


Toutefois, avec mon misérable salaire de fonctionnaire, tu devras te contenter d'une simple statuette en plastique recouverte à la main de peinture jaune brillante
et pailletée, achetée en pot à Leroy Merlin !


Le Liebster Award késako ?


Si ça ne te parle pas, tout est expliqué sur mon blog :


http://jeremy.storm.over-blog.com/


N'hésite pas à y (re)faire un saut.


 


A bientôt

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