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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:05

« Au secours, à l’aide, y a-t-il quelqu’un qui m’entend ?? », la voix d’Haldir n’était plus qu’un murmure étranglé.

 

Il avait hurlé toute la nuit pour qu’on vienne le délivrer : après avoir été faire caca (car, oui, même si la plupart des gens ont encore du mal à le concevoir, les elfes font bel et bien caca) il était resté coincé d’interminables heures dans les chiottes de la suite présidentielle qu’il occupait avec ses compagnons.

 

C’est alors qu’il avait totalement perdu espoir et s’imaginait passer tout le reste de sa longue vie éternelle près d’une cuvette à boulotter du PQ et boire du Canard WC, qu’une femme de ménage ouvrit la porte et le libéra enfin !

 

Il déboula dans la chambre, s’attendant à trouver tous ses compagnons baignant dans leur sang ou moitié dissout dans l’acide – c’est en tout cas la seule bonne raison qui lui était venue à l’esprit pour expliquer le fait que personne ne vienne lui ouvrir malgré ses hurlements… Mais il constata qu’ils étaient tous en parfaite santé, endormis avec leurs i-pod -en boucle sur ‘Solitary Man’ de Johnny Cash- vissés sur les oreilles.

« J’avais bien cru entendre quelque chose, dira plus tard le hobbit Merry, mais j’ai cru que c’était le bruit de l’estomac de Gimli ».

 

Haldir les savata tous furieusement pour se calmer les nerfs après une telle mésaventure puis s’endormit comme une masse –enfin, « s’endormir » est un bien grand mot pour un elfe, disons, plutôt qu’il se contenta de méditer sur la morphosyntaxe du syntagme nominal- tandis que Pippin commandait trois sangliers rôtis pour le second petit déjeuné au room service et que Melian allait s’épiler à la cire froide dans la salle de bain.

 

Les pensées d’Haldir l’avaient entraîné de l’arbre syntaxique à la fois où Melian avait tenté de le séduire en le droguant avec un philtre d’amour : et dire que ce jour là il avait failli…… arg ! Loués soient les Valars, il avait retrouvé ses esprits juste avant ! Mais revivre cette épouvantable scène l’avait tellement secoué qu’il en oublia qu’il s’était installé en haut des lits superposés...

Tandis qu’il se frottait le postérieur et songeait sérieusement à investir dans une usine de baume à l’arnica une fois de retour chez lui, il entreprit de rassembler ses troupes.

Il trouva Merry et Pippin en train de manger du bacon et des saucisses bien grillées, Legolas et Gimli jouant aux petits chevaux (Legolas perdait comme de bien entendu), Aragorn quant à lui dormait la bouche ouverte dans un coin et Melian regardait ‘Confessions intimes ‘ sur une chaîne du câble. ‘Mais quelle bande de guignols de foire ‘ se répéta t’il pour la centième fois depuis le début de l’aventure.

 

Il frappa dans ses mains comme un instituteur rassemble ses élèves et leur rappela qu’ils avaient une mission à accomplir. Ils vérifièrent tous une dernière fois la tenue parfaite (fixation béton) de leurs coupes de cheveux vachement tendance et sortirent de l’hôtel pour se diriger vers l’Imperial Palace. En chemin, Legolas s’exclama soudain : « Un soleil rouge se couche, beaucoup de sang va couler cette nuit…

-         Ta gueule, Legoland !, obtint il en guise de réponse collective.

 

* * *

 

Arrivée devant le casino, Melian craignit que les videurs ne laissent pas entrer les hobbits, les prenant pour des moins de 18 ans, et décida de distraire leur attention de professionnels en leur montrant ses seins. La technique fut payante et bientôt, les sept compagnons erraient entre les machines à sous attendant que le tournoi de poker débute.

L’endroit était luxueux et une populace très hétéroclite s’y bousculait.

Laissant les autres perdre leur pognon au black jack, Haldir partit siroter un cocktail au bar, prêtant une oreille distraite aux conversations des autres clients, notamment les deux vieux schnocks à sa droite :

« Quel dommage qu’on ne puisse rester qu’une soirée à Las Vegas, Joseph. L’an prochain, il faudrait qu’on vendange deux tonnes de plus gratuites…

-         T’inquiète pas Rolande, j’ai une technique pour leur carotter des minutes. »

 

Il n’eut pas le temps d’en entendre plus car une annonce fut faite, invitant les joueurs de poker à se rassembler dans la salle prévue pour le tournoi.

 

Melian reconnut tout de suite le Patrick Bruel d’après les descriptions de Celeborn. Il était encore plus laid qu’elle ne l’avait imaginé. Debout dans un coin, il attendait qu’on lui attribue une table en fredonnant ‘Mon amant de Saint Jean’. Gimli et Legolas le chopèrent discrètement chacun par un bras et l’entraînèrent vers un placard à balais où les attendait le reste de la bande :

« Patrick Bruel, je présume ?, lança Aragorn en faisant craquer ses doigts sales aux ongles terreux.

-         Lui-même, répondit l’intéressé un peu interloqué, vous voulez une photo dédicacée c’est ça ?

-         Non merci, cher monsieur, poursuivit Melian. Mais en revanche nous voudrions vous échanger ces deux superbes tonneaux d’herbe à pipe de première qualité contre un objet que vous possédez…

 

Le Patrick Bruel flaira l’arnaque immédiatement, craignant qu’il ne s’agisse de son porte bonheur : un slip kangourou XXL qu’il portait la première fois qu’il avait gagné au poker contre son petit neveu de 18 mois. Depuis, il se sentait obligé de le mettre avant chaque partie pour attirer la chance. Il refusait bien entendu catégoriquement de le passer en machine sinon il perdrait de son pouvoir magique !

 

« De quoi s’agit-il ? demanda t’il l’air suspicieux

-Oh, rien qu’une carte, une petite carte de rien du tout que vous avez gagné la semaine dernière

- Ah ! ça ! » Le chanteur se détendit un peu voyant qu’ils n’en n’avaient pas après ses sous vêtements fétiches.

Il sorti un joli coffret ouvragé en bois de Mallorne, l’ouvrit le temps que ses kidnappeurs puissent voir un bout de vieux parchemin, puis rabattit le couvercle.

 

« Mais ça n’a aucune valeur ce truc, j’ai essayé de l’échanger contre des jetons tout à l’heure, à la banque du casino et ils ont pas voulu. Je pensais la garder à porté de main, au cas où le PQ viendrait un jour à manquer… Ceci dit, si vous y tenez, je veux bien vous le céder… contre 2 millions de dollars ! »

 

La communauté n’en revenait pas : le Patrick Bruel était en train d’essayer de les arnaquer ! Aragorn, dans un réflexe, lui colla alors un coup de boule dans les gencives,  Gimli, un autre dans les roubignoles, Legolas lui flanqua son coude dans les côtes, les hobbit le bombardèrent de tomates trop mûres pour être mangées avec du bacon et des saucisses bien grillées,  et, profitant de la confusion, Melian lui barbota habilement le précieux coffret.

 

Laissant le Patrick Bruel, vaincu, à terre, ils sortirent un à un, l’air triomphant, du placard à balais.

Juste avant de refermer la porte, Haldir colla un dernier coup de godillot dans le dos du pauvre chanteur. Ce faisant, le gardien de Lorien s’emmêla les pieds dans le fil d’un aspirateur, se rétama la tête dans le chariot à ménage et se coinça un manche à balais dans la narine.

                                                                                                                     (à suivre…)

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