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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 20:30

 

Chapitre un

 

« Les elfes. Les elfes sont chiants ! Plus pénible qu’un elfe y a pas.

On pourrait croire que puisqu’ils sont les créatures douées de la plus longue vie (limite éternelle), ils en font quelque chose d’intéressant… mais même pas.

La plupart du temps, ils se choisissent un coin près de l’endroit où ils sont nés et ils restent plantés là à attendre Mandos ou Godot pendant des millénaires en chantant des ballades interminables et autres poèmes à la con. Vous voulez un exemple de « j’ai pas bougé de chez moi depuis sept mille ans » ? Facile : Cirdan qui prend racine aux Havres Gris et fait joujou avec des bateaux depuis le premier âge !

Mais ils sont tous plus ou moins comme ça.

Au lieu de parcourir le monde pour élargir un peu son horizon, l’elfe de base glande dans une zone qui se limite à moins de 5 km² jusqu’à ce qu’il en soit lassé et se casse à Valinor. C’est un peu déprimant, me direz vous ? Et bin oui, chuis bien d’accord avec vous !

Les elfes sont des pantouflards de première !! Pour faire sortir un elfe de son trou… ou plutôt descendre de son arbre, faut vraiment être motivé. Ya bien qu’en temps de guerre qu’ils se décident à bouffer du pâté de ragondin et à parcourir de longues distances pour livrer bataille aux forces obscures qui veulent soumettre le monde : Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul, et blablabla etc. etc. Mais bon, les guerres thermonucléaires contre un globe oculaire géant, c’est pas tous les jours non plus…

 

Et il n’y a pas qu’au sens propre qu’ils mettent un temps fou à se remuer le cul ! Faut voir les centaines d’années qui s’écoulent avant la prise de la moindre des décisions ! Quand Elrond a décidé de changer la tapisserie de Fondcombe en l’an 1149 du troisième âge après moultes tergiversations avec Celebrian, il s’est écoulé des décennies avant qu’il aille chercher la colle et les rouleaux… résultat : le modèle qu’ils avaient mis tant de temps à choisir n’existait plus depuis belle lurette et le seul endroit où on pouvait encore en voir c’était dans la cave de Gerontius, le Vieux Touque, car il lui en restait un rouleau et demi après avoir refait les murs des waters...

 

Enfin bref… Tout ça pour dire que dans tous les domaines, ce sont des mous du genou… ne parlons même pas de la vie de couple… c’est déjà difficile de convaincre un mâle de quelque espèce que ce soit de vous épouser ou même ne serait ce qu’emménager ensemble, voire reconnaître à voix haute qu’il a des sentiments pour vous… alors un elfe : laissez tomber ! On a le temps de se dessécher comme un vieux pruneau dans un grenier d’Edoras avant que son dulciné n’admette que peut-être, éventuellement, il pourrait y avoir un rapprochement envisageable… Ils ont tellement l’impression d’avoir tout leur temps devant eux qu’ils oublient qu’ils peuvent s’empaler sur un piège à loup à tout moment et laisser passer définitivement la chance de connaître le bonheur qui était à deux doigts de leurs pieds depuis le début ! » …

 

 

Melian leva la tête de son manuscrit, pas vraiment satisfaite de sa prose.

Elle n’était pas très inspirée aujourd’hui…

Elle reposa la plume de faisan qu’elle utilisait. Elle l’avait arrachée à la queue du fier volatile le matin même : elle adorait poursuivre les faisans au milieu des daffodils après le petit déjeuné.

Ayant trouvé une bonne tournure pour sa prochaine phrase, elle trempa le bout aiguisé dans l’encre de poulpe géant de la Mer de Rhûn quand un hurlement suivit d’un grand « zbam » resuivit d’un hurlement retentit dans la plaine. C’était tout proche et Melian se précipita histoire de voir ce que cela pouvait-il bien être…

 

Elle trouva Galadriel, les quatre fers en l’air, les jupons retroussés sur une combi gaine couleur chair, vautrée en bas de l’escalier de Caras Galadhorn. « P*** mais quand cette fichue marche va-t-elle être réparée, ça fait quatre fois que je rappelle le menuisier ! », grommela la souveraine de Lothlorien entre ses dents.

Elle essaya de se relever mais une violente douleur à la jambe l’en empêcha.

« Et merde, je crois que je me suis cassé la jambe !

- Attends, j’vais chercher des serviettes et de l’eau chaude, proposa Melian pleine de bonne volonté

- Euh t’es pas bien réveillée, Melian ? Je vais pas accoucher ! J’ai dit que j’avais la jambe cassée !

- Ah pardon…

- Va plutôt chercher le guérisseur

- J’y cours »

 

Quelques minutes plus tard, un homme en blouse blanche se faisant appeler Dr Mamour, arrivait en courant, le stéthoscope au vent, suivit de Melian et d’Haldir, qui traînait par là. Il examina, palpa et tripatouilla la jambe de Galadriel pendant que cette dernière grimaçait de douleur.

« Il va falloir plâtrer. Y en a au moins pour 2 mois avec interdiction de poser le pied par terre ou de grimper dans un arbre »

Galadriel soupira et tandis que le docteur partait chercher de quoi faire un plâtre, elle rabattit sa longue robe scintillante sur ses jambes pas épilées : il faut toujours que des accidents à la con arrivent quand on est en mode yéti!

 

Haldir et Melian aidaient leur souveraine à s’adosser plus confortablement à un arbre quand un braiement les fit tous sursauter. Un gros bonhomme monté sur un âne approchait.

Il portait l’uniforme caractéristique des messagers : une cape bleu foncé doublée de fourrure jaune. Le signe distinctif de la guilde des postiers était brodé sur sa tunique.

Apercevant le petit groupe au pied de l’arbre, il descendit de son âne et s’approcha de la souveraine de Lothlorien : « M’am Galadriel ? » Elle hocha la tête, un peu écœurée par la face rougeaude, les cheveux noirs et gras, l’haleine avinée et l’odeur acre de la gitane maïs qui pendouillait au bec du messager. « J’ai une lettre pour vous de la part du seigneur Gloïn ! » Et il lui balança la missive d’un coup de poignet expert. « Bon, faut que je vous laisse, j’ai rendez-vous à moins le quart à l’Estel ! »

 

Il remonta sur son âne avec difficulté et s’en fut en rotant.

« L’Estel ?, demanda Melian, c’est quoi ça ?

- Le bar le plus mal famé de toute la région. On y sert une bibine atroce et c’est le repère de tous les vendeurs de nourriture avariée et de substances illicites… »

 

 

Galadriel déroula le parchemin ; ce faisant un petit bout de papier s’en échappa et tomba à terre. Elle commença par parcourir le premier papelard et ouvrit de grands yeux tout ronds de stupeur : c’était un faire part de mariage ! Au même instant, Celeborn descendait de son arbre, tenant un porte document devant la bouche, comme s’il n’osait pas sourire car ses dents étaient tachées par le tabac, le café, l’alcool, la drogue et le chorizo… et vint s’enquérir de ce qui était arrivé à sa femme.

Elle leva la tête vers lui et l’informa : « Chéri, on est invité à un mariage, mais tu vas devoir y aller tout seul, je viens de me péter la jambe !

- Hein ?! Mais c’est quand ce mariage, tu seras peut être guérie d’ici là !!

- Euh, je crois pas : la cérémonie, c’est la semaine prochaine!!

- Quoi ?! Mais ça se fait pas d’envoyer des invitations comme ça à la dernière minute !!

- Bah, en fait, la lettre est datée d’il y a 3 mois, à mon avis c’est la Poste qui a encore merdée !

- Mais je peux pas y aller non plus !!!

- Et pourquoi ça j’te prie ?? »

 

Melian et Haldir observaient sans mot dire le ton monter entre les deux époux de longue date. Celeborn, depuis le début de la conversation, était resté planqué derrière son porte document, mais devant l’insistance de Galadriel, il l’abaissa soudain et découvrit à la vue de tous un énorme bouton de fièvre à multiples vésicules purulentes et gonflées : l’horreur absolue ! Aucune chance qu’un truc pareil guérisse dans les 8 jours, même en utilisant Activir !

 

« Outch, s’exclama Galadriel, euh ouais, t’as raison, tu peux pas y aller…

- Mais au fait qui est-ce qui se marie ?, demanda Melian curieuse

- Regarde donc toi-même, tu vas halluciner ! »

 

(à suivre)

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