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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 22:38

Chapitre Quatre

Essoufflée par la montée vertigineuse des escaliers menant au palais de Galadriel, Melian eut l’intuition qu’elle allait devoir surveiller de près sa consommation de cochonneries si elle voulait continuer à se mouvoir librement dans la cité arborée.

Telle une apparition céleste, Galadriel descendit les marches, nimbée d’un halo scintillant et argenté. Ah c’est clair, elle avait fait du chemin depuis le jour où Melian l’avait trouvée en loques, traînant comme une clocharde après la débâcle du détroit d'Helcaraxë !

Poussant un joyeux « Hiiiiiiiiiiiiiii, ma copiiiiiiine !!! », elles se jetèrent dans les bras l’une de l’autre, sincèrement enchantées de se retrouver !

« Mais que t’est-il arrivé, ma chérie ? Tu as une mine affreuse !!
-    C’est Manwë, ce trou de balle, qui a dénaturé ma nouvelle enveloppe charnelle…
-    Ma pauvre… Es-tu toujours une elfe au moins ?
-   Oui et non, d’après ce que j’ai compris. J’en suis encore plus ou moins une en substance et mon destin est toujours lié à celui de notre peuple… mais j’ai aussi des caractéristiques empruntées à toutes les autres races des terres du milieu : les poils des nains, les grands panards des troll, la cervelle limitée et l’apparence physique désavantageuse des humains (sauf mes jolies petites oreilles pointues) et un appétit de hobbit…
-    Arg, quel mélange explosif ! Manwë t’a pas loupée ! Mais ça ne fait rien ! Tu es la bienvenue au royaume de Lorien !! »

Melian salua également Celeborn qui traînait dans les parages. Il avait l’air mal à l’aise. Il y a de cela bien longtemps, ils avaient eu une aventure tous les deux… une aventure qui avait duré à peu près cinq minutes (et encore, grand maximum)… Elle avait tout de suite vu qu’il ne serait pas à la hauteur de ses « exigences » et puis, de toute façon, peu de temps après, elle avait rencontré Thingol  qui, avouons-le, faisait vachement plus crédible en souverain…

                                                                                                    * * *

Quelques jours plus tard, Melian était installée dans un talan d’honneur et glandait sur une terrasse en compagnie de Galadriel. Elles papotaient, un verre de miruvor à la main, se remémorant le bon vieux temps en fumant l’herbe illicite que les hobbits leur fournissaient en échange de chorizo.

« Bon, trêve de plaisanterie, Galadriel : dis-moi tout sur ton capitaine de la garde, le bel Haldir !!!
-    Ah bon ? Il te plait ?, répondit malicieusement Galadriel, feignant l’étonnement
-    Pas qu’un peu ! Il a le plus joli pti cul que j’ai vu depuis celui de Beleg à l’arc de fer !! Mais ce que j’aime surtout chez lui, c’est sa beauté intérieure bien entendu…  et Melian fit un clin d’œil qui en disait long à son amie.
-    Tu es vraiment sûre que tu as mis tes bonnes lunettes, Melian, parce que c’est loin d’être l’elfe le plus sexy de Lothlorien, je t’assure… Certains lui trouvent même des ressemblances avec les dénommés Louis de Funès et Francis Lalanne… bien que j’ignore totalement qui sont ces deux individus…
-    Moi, je sais qui ils sont, mais cette hypothèse me parait absolument improbable ; avoir un lien de parenté avec De Funès ET Francis Lalanne, c’est trop pour un seul homme !
-    Si tu le dis…
-    Bon, et à part ça… il est maqué ?
-  Oula non !! Il a la réputation d’être un misogyne fini ! Il n’a jamais pu trouver godillot à son pied en matière de femme… de plus, je suis désolée de te le dire mais il a une aversion toute particulière pour les humaines et franchement, tu ressembles drôlement plus à une représentante de ce peuple qu’à une elfe désormais…
Sinon, je crois savoir que peu de gens arrivent à le supporter sur de longues périodes ; il a un sale caractère… qui ne s’est pas arrangé quand il a vu le sort qu’on lui avait réservé dans le documentaire sur la Guerre de l’Anneau ; y en a qu’un seul qui soit encore plus furax après Peter Jackson, c’est Glorfindel ! »

Elles se séparèrent peu après et Melian médita longuement sur ce qu’elle venait d’apprendre…

                                                                                                          * * *

Par un beau matin d’automne, Melian se promenait près de la clairière dédiée aux exercices de la garnison.
Haldir était là.
Il faisait particulièrement chaud pour la saison et la plupart des elfes avaient fait tomber la chemise… ou plutôt la tunique.
Melian n’avait d’yeux que pour le torse musclé du capitaine des gardes… Ses mouvements étaient gracieux et autoritaires à la fois. Il dirigeait une leçon d’escrime et même en retenant ses coups, on voyait bien qu’il surpassait aisément tous les autres soldats. Sous l’effort, la sueur perlait sur son corps d’éphèbe tandis que la bave coulait sur le menton de Melian.
Un « zvoufff » retentit dans la plaine et elle sut que son shorty en dentelle avait implosé. Il ne lui restait presque plus de sous vêtements depuis qu’elle avait rencontré Haldir.

Deux elfes s’approchèrent d’elle :
« C’est not’ frangin que vous reluquez comme ça ?
-    Vous êtes Rumil et Orophin, je parie. Haldir m’a parlé de vous…
-    En bien j’espère ?
-    Euh…. Vous vouliez me demander quelque chose ?
-    Ouais. On voulait juste vous prévenir : laissez tomber, vous et Haldir, ça le fera jamais.
-    Hein ?! Et pourquoi ça j’vous prie ?
-    On voit bien que vous l’avez pas vu se la péter avec la Communauté de l’Anneau. J’imagine même pas comment il mépriserait une simple humaine comme vous !
-    D’abord, chuis pas une humaine. Et quand bien même !!! Depuis quand une loi interdit-elle aux hommes elfes de niquer avec des humaines ??
-    Euh, bah, c’est comme ça, c’est sous-entendu… C’est un truc qui se fait pas, c’est tout ! Et puis beurk, quoi, quelle idée saugrenue…
-    Ah bon ?! Et bah c’est ce qu’on va voir !! Je déclare solennellement que je finirai par jouer un air de pipeau à Haldir… et plus si affinité ! Et je ne serais satisfaite que quand un elfe mâle aura enfin niqué avec une humaine !!
-    Le pauvre… »

Sur ce, elle s’en alla vers le champ de tir où d’autres elfes s’entraînaient. Elle choisit  un très bel arc galadhrim qu’elle banda n’importe comment. Elle ferma les yeux, tourna trois fois sur elle-même en murmurant « Oh, Elbereth, Giltoniel, si telle est la volonté d’Eru Illuvatar, que le destin guide cette flèche vers celui qui sera l’élu de mon cœur » et elle relâcha la corde.

« AÏEUUUUUUU », hurla Haldir qui venait de se prendre la flèche dans la fesse gauche.

« Ooups » , s’excusa Melian… Mais un petit sourire en coin plutôt espiègle venait démentir la sincérité de ces excuses. Désormais elle savait qu’Haldir était bel et bien son dulciné et quel que soit le temps que ça prendrait, elle finirait par se le farcir !
Autant commencer tout de suite ! Elle courut vers lui l’air faussement désolée : « chuis vraiment trop nulle au tir à l’arc, tu voudrais pas me donner des cours particuliers, Haldir ?? »
Un masque de consternation passa fugitivement sur le visage d’Haldir… et à partir de ce jour, c’est l’expression qu’on lui verrait le plus souvent…

                                                                                                     * * *

Melian avait insisté pendant des heures auprès de Galadriel et cette dernière, fatiguée, avait fini par céder.
La souveraine de Lorien convoqua donc son capitaine des gardes ainsi que Melian dans la clairière du miroir et leur demanda de regarder dedans tous les deux ensemble…
Ils se penchèrent au dessus de l’eau, leurs visages si proches l’un de l’autre, qu’à la faveur d’un souffle d’air, les cheveux bruns de Melian se mêlèrent un instant aux longues mèches argentées d’Haldir.
Le miroir s’alluma. Ils regardèrent les images sans mot dire. Puis les eaux redevinrent sombres et Melian se redressa en disant :

« Je sais ce que tu as vu, car c’est aussi dans mon esprit : c’est ce qui va se passer si on nique ensemble…. Et ça m’a l’air plutôt pas mal… »

Haldir la regarda, visiblement sans comprendre et tourna les talons, repartant vers la caserne où il était attendu. Mais avant de sortir de la clairière, il lança ces paroles à la cantonade, l’air un peu pincé :

« Je ne vois absolument pas de quoi tu veux parler, moi j’ai vu une grosse assiette de moules frites bruxelloise… »

Pourtant, ça n’était pas exactement ce que le miroir lui avait montré.
Mais ça, il ne l’aurait avoué pour rien au monde !

Haldir en était désormais convaincu : plus jamais il n’aurait la paix.           

 

                                                                                                                                                                                  FIN

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commentaires

Magaly 12/02/2012 18:10


Ca peut pas etre la fin, snif, ça peut pas s'arréter comme ça, aaaarrrgggggg !!!!


(tentative de corruption envers une bloggeuse..... ça va chercher dans les "combien" ça ?)

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