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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:12

La question de la carte étant désormais réglée –pas forcément comme il l’avait imaginé, mais bon, c’est le résultat qui comptait- Elrond déclara solennellement que les elfes allaient  se casser d’ici six mois grand maximum.

« J’ai discuté avec Cirdan il y a quelques jours et il m’a dit qu’il en avait raz la calebasse de fabriquer des bateaux –en même temps faut le comprendre, ça fait 10 000 ans qu’il dirige le chantier naval- ça pourrait donc être la dernière chance pour les elfes de naviguer vers Valinor. Faites votre choix, et que ceux qui veulent venir commencent à faire leurs bagages… »

 

« Ah oui, tiens, à propos de bagages…, commença Melian s’adressant à Haldir, il faut qu’on choisisse où on va passer notre lune de miel, chéri : tu préfères plutôt les mines de la Moria ou la Montagne du Destin ? »

 

Haldir, interloqué, se tourna vers les autres dans l’espoir de comprendre à quoi elle faisait référence, mais il ne trouva aucun soutient : tout le monde semblait plutôt… mort de rire.

 

Elle reprit alors : « Quoi ? Tu n’as pas oublié que nous sommes mariés, j’espère : pour le meilleur et pour le pire ! » Et elle exhiba sous le nez de l’elfe médusé une bague en plastique qu’elle portait à la main gauche.

 

« Mais ça va pas, jamais je n’aurais pu dire oui !!! », se récria Haldir, cherchant à retrouver la mémoire sur ce qu’il avait fait après le dîné au Planet Hollywood. Et là il vit à son propre annulaire gauche une réplique bon marché de l’anneau unique. Il essaya de l’enlever, tira de toutes ces forces, mais n’y parvint pas

« Laisse tomber, je l’ai collé à la super glue 3 !  Ça aurait été trop bête que tu perde un anneau aussi… précieux !»

 

« MAIS C’EST IMPOSSIBLE, JE N’AI JAMAIS PU CONSENTIR À ÉPOUSER MELIAN ?!!! 

-         Mais bien sûr que si, répondit Gimli avec un sourire sadique : on est TOUS témoins !

-         Et puis d’ailleurs tu as signé ! » Et Legolas lui tendit un contrat de mariage en bonne et due forme qui stipulait que le marié laissait toutes ses possessions à son épouse en cas de départ pour quelque paradis elfique que ce soit.

 

Haldir lui arracha le papier des mains : tout en bas, on distinguait sa signature -toute tremblante-, mais sa signature quand même !

 

«  Je conteste la légalité de ce document ! », s’exclama t’il en désespoir de cause.

 

Galadriel prit alors la parole : « Je suis désolée, Haldir, mais  les archives du Gondor sont très claires (elle chaussa ses lorgnons et sortit une pochette de documents poussiéreux dont la plupart tombaient en lambeaux) : tout contrat de mariage signé où que ce soit est considéré comme valide sur les Terres du Milieu ! »

 

Il était coincé. Marié avec Melian ! Et cette sentence était… irrévocable ! On ne contestait pas le verdict de Galadriel.

Il sortit la mort dans l’âme, en proie à une intense migraine.

 

Un gros doute paranoïaque le saisit soudain : et si toute cette histoire n’avait été qu’un coup monté pour qu’il épouse cette tarée de Melian ?? Naaaan… personne ne pourrait avoir l’esprit aussi machiavélique !

 

                                                                                       * * *

 

Au bord de l’épuisement, il se dirigea mécaniquement vers le talan qu’on lui avait assigné le temps de sa visite à Fondcombe, dans l’espoir d’y dormir au moins une semaine pour se remettre de ses émotions !

Mais alors qu’il débouclait sa ceinture et posait son arc dans un coin, un spectacle effrayant le fit bondir en arrière d’au moins 3 mètres : ABOMINATION ! Melian était là, sur son lit, entièrement nue et dans une position lascive. Elle lui lança un grand sourire et lui susurra d’une voix suave : «  Mon petit Haldichounet, vient vite me rejoindre, j’ai réquisitionné quelques accessoires sur la liste de Gandalf dont nous pourrions nous servir de façon bien agréable pendant notre lune de miel…. »

 

Poussant un hurlement sinistre, Haldir recula tant qu’il put pour échapper à cette nuit de noce funeste. Mais arrivé au bord de son talan, il perdit l’équilibre, bascula par-dessus le garde corps et s’écrasa en bas de son arbre.

 

« Arg, Je suis maudit ! » eut il le temps de murmurer avant de perdre connaissance.

 

                                                                                    * * *

 

(A noter que, quelques années plus tard, le  Patrick Bruel, ruiné et poursuivit par de trop nombreux créanciers, tenta de rejoindre Valinor pour échapper à la justice en suivant les indications de la carte qu’il avait toujours en sa possession. Mais ne sachant pas déchiffrer le quenya, il se trompa de cap et son bateau finit sa course dans la rade de Fukushima…)

 

FIN

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:08

Tous les membres de la Communauté de la Carte exultaient.

Ils avaient rondement mené l’affaire et étaient surtout très heureux de n’avoir pas eu recours au plan B, qui consistait à  affronter le Patrick Bruel au poker pour regagner la carte à la loyale. Ils auraient d’ailleurs eu du mal car Haldir avait découvert rapidement qu’aucun d’entre eux ne connaissait la règle du jeu.

 

Le capitaine des gardes de Lorien se préparait à retourner dans les sous-sols du Caesars Palace, pour retraverser la Porte des Etoiles et rentrer à Fondcombe, quand ses compagnons protestèrent : « Nan, pitié, Haldir, y a encore Céline Dion qui chante ce soir, attendons au moins que le concert soit terminé avant de nous y risquer ! »

Haldir accepta, car lui non plus, n’avait aucune envie de faire subir de nouveau un tel supplice à ses jolies petites oreilles pointues.

Ils décidèrent alors d’aller dîner tranquillement au Planet Hollywood : les hobbits commandèrent du bacon et des saucisses bien grillées, Aragorn, du ragoût, Gimli une bonne pièce de viande et de la bière bien fermentée, Haldir une tête de veau et Melian de la langue de porc en gelée.

 

Une fois le repas terminé, ayant encore une heure ou deux à tuer, Legolas et Gimli lancèrent l’idée d’un concours de picole : les hobbits applaudirent, toujours prêts à se bourrer la gueule, Aragorn était prêt à se joindre à eux, et finalement, Haldir, bien que ne souhaitant pas participer, leur donna son autorisation : après tout, la mission était un succès : ils l’avaient bien mérité

Par contre il prévint le barman de ne servir d’alcool à Melian sous aucun prétexte, car il avait vu du coin de l’œil de faux Boney M s’installer sur scène et il savait qu’avec quelques gouttes de vinasse dans le sang, elle se mettait à poil dès les premières mesures de ‘Raspoutine’.

 

Il s’installa sur un tabouret et regarda les hobbits grimper sur la table et entamer la chanson du Dragon Vert. Ce faisant, il ne vit pas la main -en apparence innocente- qui déposa subrepticement un comprimé de GHB dans sa pinte de lait grenadine…

 

Un quart d’heure plus tard : zbam ! Il s’effondrait sur le comptoir, se fracassant le crâne au passage.

Il reprit vaguement connaissance à deux ou trois reprises quand il sentit qu’on lui nouait un nœud pap autour du cou, puis quand il entendit une drôle de musique désagréable. Il eut vaguement conscience qu’on le trimballait, qu’on l’obligeait à se tenir debout et enfin, une petite voix –qui s’apparentait fort à celle de Gimli- lui souffla « dit : oui, dit : oui » tandis qu’un truc pointu lui piquait les côtes pour achever de le convaincre. Voulant que ce supplice s’arrête, il fit ce qu’on lui demandait et lâcha enfin le « OUI » tant attendu !

 

Aragorn joua le rôle du paparazzi -d’ailleurs, au développement, la quasi-totalité de ses photos comportaient ¾ de gros doigt sale et boudiné- et, quelques flashs d’appareil jetable plus tard, on avait très clairement la preuve irréfutable qu’Haldir et Melian étaient désormais mari et femme !

 

Un faux Elvis immonde se mit alors à chanter : « ¯Love me tender, Love me true, All my dreams fulfilled¯ » tandis que la mariée roulait une grosse galoche au marié de nouveau inconscient.

 

                                                                                             * * *

 

L’heure était venue de rentrer chez eux. Ils étaient allé récupérer leurs fringues dans les égouts, et réalisèrent qu’ils auraient dû les planquer ailleurs… : tout le monde les enfila avec répulsion sauf Aragorn qui se sentait bien dedans.

Melian s’occupa de rhabiller Haldir et put constater qu’il remplissait particulièrement bien son slip de chez K-sport, ce qui était plutôt de bonne augure pour leur nuit de noce.

 

Dans les sous sol du casino, elle activa la Porte des Etoiles et ils traversèrent ; Aragorn et Legolas soutenant Haldir toujours à moitié dans les vapes.

De l’autre côté, Glorfindel, qui les attendait, fit un bond de deux mètres en les voyant se matérialiser : en effet, Melian avait menti : ils ne reprenaient pas du tout leur apparence initiale en passant de l’autre côté et la crête noire de Legolas était un spectacle un peu traumatisant pour un elfe, même pour un vieux brisquard comme Glorfindel !

 

 Ils grimpèrent les marches vers la surface où ils étaient attendus impatiemment dans le bureau d’Elrond ; Haldir et sa permanente à la Polnareff retrouvant peu à peu ses esprits.

 

Les yeux d’Elrond parurent sortir de leurs orbites quand ils entrèrent et Galadriel éclata d’un rire  cristallin charmant. Celeborn gloussa. Gandalf s’étrangla et failli en avaler sa pipe !

Melian s’avança alors, et tendit aux souverains du monde elfique le coffret contenant la Carte de Valinor. Elrond l’ouvrit avec précaution,  sortit le parchemin ancien, le déroula et resta comme paralysé de stupeur, la mâchoire béante.

 

« MAIS QU’EST CE QUE C’EST QUE ÇA ?!!! »

Il tendit la feuille à Galadriel qui, sans se départir de son sourire amusé, lut à voix haute :

‘La recette du couscous marocain de Marthe Villalonga : ingrédients : 500g de semoule, 2 carottes, 50g de pois chiche…’

 

« Damned ! On s’est fait bluffer par le Patrick Bruel !, s’exclama Haldir qui était désormais totalement sorti du coaltar.

 

Elrond n’en revenait pas qu’ils aient foiré la mission ! Peut être aurait-il mieux fait de demander à des trolls d’y aller finalement !!

 

La mine décrépite, les sept compagnons regardaient leurs godillots s’attendant à se faire passer un savon mémorable quand soudain Frodon Sacquet déboula par la porte comme une tornade, l’air triomphant, suivit de près par Sam Gamegie, son fidèle et intrépide jardinier: « Hey, les mecs, cherchez plus, j’ai réussi à trouver un exemplaire de votre carte à Cul de Sac dans le bordel de Bilbon ! Il avait du la décalquer à un moment ou à un autre. Bon, OK, y a quelques traces de tabac, alcool, drogue, café et chorizo dessus, mais je pense qu’elle est encore lisible !

- Bien joué, Monsieur Frodon ! », ajouta Sam 

Et, tout fier et rayonnant, le neveu de Bilbon balança le manuscrit sur le bureau du Seigneur de Fondcombe.

 

                                                                                                              ( à suivre... )

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:05

« Au secours, à l’aide, y a-t-il quelqu’un qui m’entend ?? », la voix d’Haldir n’était plus qu’un murmure étranglé.

 

Il avait hurlé toute la nuit pour qu’on vienne le délivrer : après avoir été faire caca (car, oui, même si la plupart des gens ont encore du mal à le concevoir, les elfes font bel et bien caca) il était resté coincé d’interminables heures dans les chiottes de la suite présidentielle qu’il occupait avec ses compagnons.

 

C’est alors qu’il avait totalement perdu espoir et s’imaginait passer tout le reste de sa longue vie éternelle près d’une cuvette à boulotter du PQ et boire du Canard WC, qu’une femme de ménage ouvrit la porte et le libéra enfin !

 

Il déboula dans la chambre, s’attendant à trouver tous ses compagnons baignant dans leur sang ou moitié dissout dans l’acide – c’est en tout cas la seule bonne raison qui lui était venue à l’esprit pour expliquer le fait que personne ne vienne lui ouvrir malgré ses hurlements… Mais il constata qu’ils étaient tous en parfaite santé, endormis avec leurs i-pod -en boucle sur ‘Solitary Man’ de Johnny Cash- vissés sur les oreilles.

« J’avais bien cru entendre quelque chose, dira plus tard le hobbit Merry, mais j’ai cru que c’était le bruit de l’estomac de Gimli ».

 

Haldir les savata tous furieusement pour se calmer les nerfs après une telle mésaventure puis s’endormit comme une masse –enfin, « s’endormir » est un bien grand mot pour un elfe, disons, plutôt qu’il se contenta de méditer sur la morphosyntaxe du syntagme nominal- tandis que Pippin commandait trois sangliers rôtis pour le second petit déjeuné au room service et que Melian allait s’épiler à la cire froide dans la salle de bain.

 

Les pensées d’Haldir l’avaient entraîné de l’arbre syntaxique à la fois où Melian avait tenté de le séduire en le droguant avec un philtre d’amour : et dire que ce jour là il avait failli…… arg ! Loués soient les Valars, il avait retrouvé ses esprits juste avant ! Mais revivre cette épouvantable scène l’avait tellement secoué qu’il en oublia qu’il s’était installé en haut des lits superposés...

Tandis qu’il se frottait le postérieur et songeait sérieusement à investir dans une usine de baume à l’arnica une fois de retour chez lui, il entreprit de rassembler ses troupes.

Il trouva Merry et Pippin en train de manger du bacon et des saucisses bien grillées, Legolas et Gimli jouant aux petits chevaux (Legolas perdait comme de bien entendu), Aragorn quant à lui dormait la bouche ouverte dans un coin et Melian regardait ‘Confessions intimes ‘ sur une chaîne du câble. ‘Mais quelle bande de guignols de foire ‘ se répéta t’il pour la centième fois depuis le début de l’aventure.

 

Il frappa dans ses mains comme un instituteur rassemble ses élèves et leur rappela qu’ils avaient une mission à accomplir. Ils vérifièrent tous une dernière fois la tenue parfaite (fixation béton) de leurs coupes de cheveux vachement tendance et sortirent de l’hôtel pour se diriger vers l’Imperial Palace. En chemin, Legolas s’exclama soudain : « Un soleil rouge se couche, beaucoup de sang va couler cette nuit…

-         Ta gueule, Legoland !, obtint il en guise de réponse collective.

 

* * *

 

Arrivée devant le casino, Melian craignit que les videurs ne laissent pas entrer les hobbits, les prenant pour des moins de 18 ans, et décida de distraire leur attention de professionnels en leur montrant ses seins. La technique fut payante et bientôt, les sept compagnons erraient entre les machines à sous attendant que le tournoi de poker débute.

L’endroit était luxueux et une populace très hétéroclite s’y bousculait.

Laissant les autres perdre leur pognon au black jack, Haldir partit siroter un cocktail au bar, prêtant une oreille distraite aux conversations des autres clients, notamment les deux vieux schnocks à sa droite :

« Quel dommage qu’on ne puisse rester qu’une soirée à Las Vegas, Joseph. L’an prochain, il faudrait qu’on vendange deux tonnes de plus gratuites…

-         T’inquiète pas Rolande, j’ai une technique pour leur carotter des minutes. »

 

Il n’eut pas le temps d’en entendre plus car une annonce fut faite, invitant les joueurs de poker à se rassembler dans la salle prévue pour le tournoi.

 

Melian reconnut tout de suite le Patrick Bruel d’après les descriptions de Celeborn. Il était encore plus laid qu’elle ne l’avait imaginé. Debout dans un coin, il attendait qu’on lui attribue une table en fredonnant ‘Mon amant de Saint Jean’. Gimli et Legolas le chopèrent discrètement chacun par un bras et l’entraînèrent vers un placard à balais où les attendait le reste de la bande :

« Patrick Bruel, je présume ?, lança Aragorn en faisant craquer ses doigts sales aux ongles terreux.

-         Lui-même, répondit l’intéressé un peu interloqué, vous voulez une photo dédicacée c’est ça ?

-         Non merci, cher monsieur, poursuivit Melian. Mais en revanche nous voudrions vous échanger ces deux superbes tonneaux d’herbe à pipe de première qualité contre un objet que vous possédez…

 

Le Patrick Bruel flaira l’arnaque immédiatement, craignant qu’il ne s’agisse de son porte bonheur : un slip kangourou XXL qu’il portait la première fois qu’il avait gagné au poker contre son petit neveu de 18 mois. Depuis, il se sentait obligé de le mettre avant chaque partie pour attirer la chance. Il refusait bien entendu catégoriquement de le passer en machine sinon il perdrait de son pouvoir magique !

 

« De quoi s’agit-il ? demanda t’il l’air suspicieux

-Oh, rien qu’une carte, une petite carte de rien du tout que vous avez gagné la semaine dernière

- Ah ! ça ! » Le chanteur se détendit un peu voyant qu’ils n’en n’avaient pas après ses sous vêtements fétiches.

Il sorti un joli coffret ouvragé en bois de Mallorne, l’ouvrit le temps que ses kidnappeurs puissent voir un bout de vieux parchemin, puis rabattit le couvercle.

 

« Mais ça n’a aucune valeur ce truc, j’ai essayé de l’échanger contre des jetons tout à l’heure, à la banque du casino et ils ont pas voulu. Je pensais la garder à porté de main, au cas où le PQ viendrait un jour à manquer… Ceci dit, si vous y tenez, je veux bien vous le céder… contre 2 millions de dollars ! »

 

La communauté n’en revenait pas : le Patrick Bruel était en train d’essayer de les arnaquer ! Aragorn, dans un réflexe, lui colla alors un coup de boule dans les gencives,  Gimli, un autre dans les roubignoles, Legolas lui flanqua son coude dans les côtes, les hobbit le bombardèrent de tomates trop mûres pour être mangées avec du bacon et des saucisses bien grillées,  et, profitant de la confusion, Melian lui barbota habilement le précieux coffret.

 

Laissant le Patrick Bruel, vaincu, à terre, ils sortirent un à un, l’air triomphant, du placard à balais.

Juste avant de refermer la porte, Haldir colla un dernier coup de godillot dans le dos du pauvre chanteur. Ce faisant, le gardien de Lorien s’emmêla les pieds dans le fil d’un aspirateur, se rétama la tête dans le chariot à ménage et se coinça un manche à balais dans la narine.

                                                                                                                     (à suivre…)

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 18:02

Tandis qu’une grosse bosse poussait sur son crâne, un hurlement assourdissant vrilla les oreilles pointues d’Haldir. Il voulut parler mais dut s’égosiller pour tenter de se faire comprendre :

 

« C’est quoi ce bordel ? Y a quelqu’un qui est en train d’égorger un nazgul ou quoi, j’ai jamais rien entendu d’aussi atroce !! 

- C’est rien, nous nous trouvons juste sous la scène du Caesars Palace de Las Vegas, lui répondit Melian -profitant de l’excuse du bruit pour lui parler de très très près. Ça doit être l’heure du concert quotidien de Céline Dion ! Allez, barrons nous avant que les oreilles des hobbits n’explosent ! »

 

Et tous suivirent la jeune femme qui semblait bien connaître les lieux.

Une fois la cagnotte de l’euromillion placée sur un compte aux îles Caïman, et tous les objets de la liste de Gandalf achetés dans le premier sex-shop venu (ils avaient même la boite à sardine : quelle chance !), la Communauté se mit à l’abri dans une ruelle mal famée de la ville et Legolas, comme traversé par un éclair de génie, posa sa première question censée et cohérente depuis des mois : « Mais au fait, Melian, si le Patrick Bruel habite dans ce monde, comment a-t-il pu récupérer la carte de Valinor. Il a bien fallu qu’il rencontre Celeborn quelque part?? » Et tout de suite après cette dépense inhabituelle d’énergie cognitive, Legolas s’évanoui.

 

Melian répondit cependant, l’air embarrassée : « Question très pertinente mon ami. Eh bien oui, vous devez le savoir : Galadriel a menacé tout individu qui jouera avec Celeborn de le transformer en rognure d’ongle de troll. Du coup, plus personne ne veut s’y risquer sur toutes les Terres du Milieu. Très déprimé, Celeborn s’est confié à moi et, connaissant l’existence de cet autre monde ainsi que le moyen de m’y rendre, je me suis dit qu’on ne risquait pas grand-chose à aller y faire un pti tour de temps en temps, histoire qu’il s’éclate un peu… j’avais pas prévu qu’il miserait la carte de Valinor pendant que j’étais en train de vider le mini bar… »

 

L’air furieux, Haldir s’apprêtait à balancer quelque reproche à Melian quand il sentit une drôle d’odeur de cramé. Il se retourna stupéfait et vit Merry, Pippin et Gimli penché au dessus d’un feu de camp improvisé.

 

« Mais qu’est ce que vous foutez, bordel ?! Qu’est ce que c’est que ça ?

-         Du bacon et des saucisses bien grillées! Par contre, on ne vous en a pas gardé une part. Désolé, mais c’est tout pour notre gueule ! »

 

Haldir se dirigeait vers les deux petits saligauds pour leur coller une torgnole mémorable quand il trébucha sur le corps toujours inerte de Legolas et atterrit la tête la première sur un tas de vieux cartons, dans lequel Aragorn avait déjà fait son nid en compagnie de deux immigrés portoricains en situation illégale.

Cette fois ci, carrément vénère, Haldir se releva et flanqua un coup de pied dans le dos d’Aragorn pour le réveiller, un autre dans le feu de camp des Hobbits et un dernier dans la tronche à Gimli, comme ça, sans raison, pour le fun… Le nain, prenant la mouche (facile, parmi toutes celles qui volaient en permanence autour d’Aragorn), sortit sa grosse hache, mais avant même d’avoir pu la brandir, Merry s’écria : « Ah bravo ! De la cendre sur mes tomates ! » et « Au fait les gars, le feu se propage vers cette caisse d’explosifs frelatés juste là… »

 

Chopant les hobbits par le colback, Haldir s’éloigna promptement tandis que Gimli traînait Aragorn et Legolas par les cheveux, Melian s’étant déjà mise à l’abri. Quelques secondes plus tard, un grand « boum » retentit dans la plaine.

 

S’éclipsant discrètement avant l’arrivée de la police scientifique, Melian leur expliqua que, dans ce monde, ils devaient passer aussi inaperçu que possible et surtout, SURTOUT, ne jamais se faire arrêter par les flics. En effet, sur ces terres peuplées uniquement d’humains peu évolués,  elfes ou hobbits seraient vite capturés, disséqués, dépouillés de leur ADN puis reclônés afin d’être placés dans des cages et montrés à la vue de tous, contre de l’argent, dans un endroit appelé hypothétiquement « Elfik Park ». Seuls quelques humains tels que Jeff Goldblum et Sam Neil s’opposaient à de telles pratiques…

 

« Et les nains, alors ? s’exclama Gimli

-         Les nains ? Soit on les exile à Fort Boyard, soit on les lance durant des concours.

-         Ah bah, ça change pas beaucoup des Terres du Milieu, alors ! » conclu Aragorn tandis que Gimli lui lançait un regard noir, lourd de sous entendus.

 

Afin de se fondre dans la masse, la communauté décida de changer de vêtements –définitivement trop voyant la cape rose et la broche vert fluo !- et pour ce faire, entra dans une modeste échoppe proposant des fringues adaptés à la mode de cette époque.

Quelques heures plus tard (il avait fallut ceinturer Melian pour l’empêcher de suivre Haldir dans les cabines d’essayage), tous les sept étaient moulés dans des Lewis 501 et des T-shirts Pokémon deux tailles trop petits. Ils cachèrent leurs anciennes fringues dans les égouts.

 

L’étape suivante était le coiffeur et là, c’est Aragorn qu’il fallut ceinturer car il refusait catégoriquement d’entrer  dans un endroit d’où ses cheveux pourraient ressortir propres. Les elfes ne semblaient pas franchement emballés non plus. Gimli s’en fichait tant qu’on ne touchait pas à sa barbe et les hobbits s’étaient déjà décidés pour un lissage brésilien.

« Ne vous inquiétez pas, les rassura Melian, dès que nous passerons la Porte des Etoile pour retourner en Terre du Milieu, nous reprendrons automatiquement notre forme habituelle. »

Tous convaincus, sauf Aragorn -que Gimli assomma de sa hache pour clore les tergiversations-, ils confièrent donc leurs tignasses pouilleuses aux coiffeurs visagistes Saint Algue et, quand ils sortirent enfin : Haldir avait un faux air de Polnareff avec une permanente digne d’un concours canin, Legolas une crête noire, Gimli avait la boule à zéro mais ressemblait toujours autant à un ZZ Top, les hobbits avaient finalement opté pour des tresses ethniques et Melian s’étaient teinte en orange fluo comme au temps de sa lointaine jeunesse.  Aragorn, quant à lui, même assommé, n’avait pas cessé de bouger dans son semi coma et personne n’avait réussi à lui toucher les cheveux. En désespoir de cause, on l’avait son aspergé de skip liquide et passé au karsher.

 

Un dernier tour chez Afflelou pour choper des lunettes noires de Men in Black, et la communauté des beaux gosses arborait désormais un look tout à fait passe partout… pour une ville comme Las Vegas, bien entendu.

 

Ils étaient donc fins prêts à se mesurer au Patrick Bruel !

Mais approcher la créature n’était pas si aisé. Il leur fallut plusieurs heures pour le localiser car c’était bel et bien fini l’époque des fans hystériques criant « Patriiiiiiiiiick » sous les fenêtres des Sofitels. Ils parvinrent tout de même à dénicher sa tanière grâce à une indication trouvée dans un biscuit chinois. Malheureusement, ils apprirent aussi qu’il était constamment entouré par une centaine de gardes du corps surentraînés mis à disposition par le FBI et Canal+.

Cependant, ils purent découvrir qu’il se rendrait seul, le lendemain soir, à un tournoi de poker à l’Imperial Palace et allèrent donc s’y inscrire sur le champ.

 

« Qu’est ce qu’on va bien pouvoir faire en attendant ? , demanda Legolas

-         Du bacon et des saucisses bien grillées, répondit Merry comme si ça coulait de source.

-         Prendre le second petit déjeuné, le déjeuné, le goûté, le soupé, le dîné… renchéri Pippin

-         Se rouler dans un caniveau pour retrouver une odeur de rôdeur, proposa Aragorn encore furieux du mauvais tour que lui avait joué ses camarades en le lavant…

-         Se faire un pti caprice… tous les deux, Haldir ? ajouta Melian de sa voix la plus aguichante… »

 

Haldir eut l’air épouvanté l’espace d’un instant  par cette dernière suggestion.

« Tout le monde rentre à l’hôtel, on va attendre patiemment demain soir en regardant la chaîne porno sans faire d’esclandre et sans se faire remarquer. Allez hop ! Exécution ! »

 

Le chef avait parlé et tous obéirent sans discuter.

A noter que sur le chemin de l’hôtel, Haldir se prit un réverbère en pleine poire.

 

(à suivre…)

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 11:32

Toujours pas remis de ses émotions, pale comme un linge, avec une tension artérielle en dessous de la barre des 2, Haldir écouta avec horreur l’exposé de la mission : la « Communauté de la Carte » -comme lui et ses compagnons avaient été baptisés par Elrond- (p*** pour trouver des noms à la con, il est champion, lui !) devait se rendre dans l’antre du Patrick Bruel et tenter de lui échanger pacifiquement la carte contre deux barils d’herbe à pipe de piètre qualité… Si les négociations échouaient, ils étaient autorisés à lui péter la gueule, les dents de devant, une jambe ou les deux… et autres sévices nécessitant l’utilisation de divers instruments de torture comme la poire d’angoisse ou des disques lasers de Dorothée. Et ce, jusqu’à ce qu’il rende la carte de Valinor aux elfes !

 

Le problème majeur était que le Patrick Bruel vivait dans un autre monde bizarre difficilement accessible… enfin bref, Haldir n’avait pas très bien compris les explications d’Elrond car, s’adossant à une étagère Ivår bancale, il venait de se prendre toute l’encyclopédie Universalis sur le coin de la tronche.

 

Il eut tout de même le temps de capter qu’il serait le leader de l’expédition (encore heureux !) et que pour se rendre dans le monde du Patrick Bruel, il fallait traverser un grand anneau de fer gravé de symboles très anciens, qui se trouvait dans les catacombes sous la cité. Ce truc qu’on avait baptisé « la Porte des Etoiles », avait été déterré il y a quelques années par des nains essayant de s’infiltrer chez les elfes pour connaître enfin le secret de l’épilation intégrale et définitive. Gimli et Legolas s’entre-regardèrent sans trop rien dire.

 

Alors que la réunion touchait à sa fin, Haldir, n’y tenant plus, prit la parole :

« Quelqu’un peut-il me rappeler pourquoi je dois y aller au fait ? »

Galadriel se tourna vers lui toute souriante :

« Mais parce qu’il faut bien une personne intelligente pour ce genre de quête, mission… chose… et crois moi, c’est pas les quatre crétins qui t’accompagnent qui vont relever le niveau »

« HEY !!!! », s’exclamèrent les intéressés d’une voix indignée… mais ça sonnait faux car ils savaient bien qu’ils étaient tous les quatre de parfaits abrutis… sauf Melian bien entendu, qui elle, ne le savait pas encore !

 

Soudain deux petits individus sortirent de sous le bureau Bestå d’Elrond, chacun une cuisse de poulet rôti dans la bouche et une chope Winnie l’ourson de la taille d’une pinte en main ! (Inutile de préciser –mais je le fais quand même au cas où- qu’il s’agit bien évidemment de Meriadoc Brandebouc et de Peregrin Touque)

 

« On vient aussi !! Il faudrait nous renvoyer chez nous dans des sacs pour nous empêcher de venir nous incruster dans votre aventure !! »

 

Glorfindel se dirigea immédiatement vers le placard Faktum où Elrond rangeait les sacs poubelles, mais Legolas s’exclama gaiement :

« Oh oui, bonne idée, qu’ils se joignent à la communauté : plus on est de fou, plus on rit et puis ça nous rappellera le bon vieux temps !!! » Voyant qu’Elrond approuvait d’un hochement de tête et ajournait la réunion, le blondinet idiot de service ajouta : « le dernier à l’armurerie est un troll !!! » et ils s’élancèrent tous bruyamment hors de la pièce.

 

 

Haldir, resté seul avec les grands de ce monde, lança un regard suppliant à ses souverains, mais sans espoir : rien qu’à voir la mine réjouie de Galadriel, il savait qu’il n’avait aucune possibilité d’échapper à son sort. Il tenta quand même sa chance :

« Pitié, qu’au moins Melian reste ici, à Fondcombe, je suis sûr qu’on peut se débrouiller sans elle !! » Il s’imaginait déjà avec effroi à la merci de ses pulsions de nymphomane.

« Aucune chance, répondit Gandalf, elle est la seule personne à pouvoir faire marcher la Porte des Etoiles, me demandez pas pourquoi ! 

 

-         Et merde ! , soupira Haldir d’un ton fataliste.

 

-          Je ne vois absolument pas ce que tu lui reproches, reprit Galadriel à moitié morte de rire

 

-         Vous voulez dire mis à part toutes les fois où elle m’a séquestré pour me faire subir des expériences très humiliantes et toutes celles où elle a mis au point des stratagèmes tordus pour abuser de mon corps…

 

-         Non mais en fait c’est parce que tu connais pas encore bien le personnage, elle est charmante Melian, brillante, fine, pleine de vie, et très bien roulée malgré son genre quelque peu…. original…

 

-         Plutôt sauter dans une fosse à purin ! 

 

« Bon, fin de la discussion, les coupa Elrond : c’est donc entendu : Haldir vous encadrerez Melian, Aragorn, Legolas, Gimli, Merry et Pippin pour reprendre la carte de Valinor au Patrick Bruel ! Allez vous équiper, le départ est prévu lorsque le dernier rayon du soleil aura atteint la plus haute cime du mont Caradhras.

 

-         C'est-à-dire ???

 

-         Euh vers huit heures, huit heures moins le quart… »

 

Haldir, la mort dans l’âme, allait sortir pour se diriger à son tour vers l’armurerie quand il sentit la grosse main calleuse et collante de Gandalf se poser sur son épaule. A voix basse, celui ci lui confia :

« Euh, au fait Haldir, tant que vous serez dans cet autre monde, pourriez vous me ramener quelques artéfacts qu’on ne trouve que là bas… ? C’est très important… euh… pour mes expériences de magicien, vous comprenez ? »

Et il lui fourra une liste dans la main avant de s’éloigner en toussotant.

Haldir y jeta un coup d’œil et put lire entre autre :

 

- de la pommade anti-hémorroïde

- une boite de sardines à l’huile périmée depuis 1953

- des boules de geisha

- une combi gaine couleur chair avec un trou dans les fesses

- un rasoir spécial pour les poils de nez et d’oreilles

- un paquet de petits capuchons en caoutchouc goût banane…

 

Et une cinquantaine d’autres trucs dont Haldir n’avait jamais entendu parler non plus.

 

Il rangea la liste dans la poche intérieure de sa cape rose et alla retrouver les autres pour s’équiper.

 

                                                                                            * * *

 

Quelques temps plus tard, la « Communauté de la Carte » se tenait impatiente devant le vortex de la Porte des Etoiles – enfin, tous impatients sauf Haldir qui maugréait dans sa non-barbe.

Elrond leur prodiguait ses derniers conseils :

 

«  Bon, Melian, toi qui a l’habitude de traîner dans cet autre monde, tu seras leur guide ! Je compte sur toi pour éviter tout incident diplomatique.

Voici les chiffres gagnants de l’Euromillion de cette semaine, Galadriel les a vu dans son miroir, ça devrait suffire à couvrir vos faux frais.

Et surtout ne perdez pas de vue votre objectif : récupérer la carte de la route vers Valinor à tout prix !!  Je serais particulièrement furax que cette quête se finisse comme celle où vous deviez sauver Guy de Graine des griffes des Haradhrims ! »

Melian regarda ailleurs l’air aussi innocente que possible.

 

Galadriel prit alors la parole :

«Vous sept, êtes les guerriers les plus valeureux des Terres du Milieu: coopérez tous ensemble et la réussite est assurée, écartez vous un tant soit peu de votre chemin et c’est râpé, je ne reverrais plus jamais les doux rivages de Valinor ou la sale gueule de Manwë, ni moi, ni aucun autre de mon peuple -ce qui serait, ma foi, bien dommage !

Par ailleurs, afin de vous portez chance, je vous offre la lumière  d’une lampe torche dynamo et vous devrez tous porter des slips de chez K-sport jaune devant et marron derrière…

Bon allez : en route ! Et bonne chance ! »

 

Gandalf, quant à lui, se contenta d’un petit signe de tête discret en guise d’encouragement et lança un clin d’œil complice à Haldir, tapotant la poche de sa cape pour lui rappeler toute l’importance de sa liste.

 

                                                                                              * * *

 

Le capitaine des gardes de Lorien aurait préféré se battre contre un balrog de Morgoth plutôt que de se trouver là. Le vortex, à l’aspect liquide, émettait d’étranges gargouillis et autres bruits clapotants bien désagréables à toute oreille pointue délicate comme la sienne. Cependant, voyant que ses compagnons étaient déjà presque tous passés de l’autre côté, il se motiva pour contraindre ses godillots à avancer, l’air aussi jouasse qu’une grosse frite bleue dans un bocal de saumure.

 

Il ferma les yeux bien fort en passant à travers la « chose » et les ré-ouvrit quelques microsecondes plus tard sur un nouveau monde, un monde mystérieux et inconnu qu’il détestait déjà.

Tellement en rogne par toute cette histoire, il manqua la marche de l’estrade -sur laquelle était installé une Porte des Etoiles toute semblable à celle de Fondcombe- et s’éclata la tête la première dans un conteneur  poubelle avec marqué dessus « propriété de l’état du Nevada ».

 

                                                                                                                                       (à suivre… )

 

 

 

 

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 11:21

-La Carte de Valinor-

 

Chapitre 1

 

            Perdu dans ses sombres pensées –à base de « pourquoi moi ?! Mais qu’est ce que j’ai fait aux Valars pour mériter ça ?! et autres «j’ai pensé à mettre un slibard ce matin ? » , Haldir, ou plutôt son pied gauche moulé dans un godillot dernier cri, dérapa sur une grosse chenille velue et l’elfe s’explosa la tronche dans un bosquet de ronces.

 

« Putain de bordel de merde !!! », s’exclama t’il alors qu’il recrachait quelques feuilles mortes et deux ou trois cloportes.

 

Il jeta un coup d’œil alentours, vite fait, histoire de vérifier que personne n’avait assisté à sa chute -surtout pas l’un des six crétins qu’il allait devoir trimballer avec lui-  et, drapant sa cape rose autour de ses épaules avec toute la dignité dont il fut capable, s’en alla comme un prince.

 

* * *

 

Plus tôt dans l’après midi s’était tenu l’un des plus interminables et soporifiques conseils d’Elrond que les Terres du Milieu aient jamais connu.

Depuis qu’il était arrivé à Fondcombe avec Galadriel et Celeborn, c’était au moins le cinquième auquel il était tenu d’assister. Il avait été prié de prendre des notes  par la Dame de Lorien, sous prétexte qu’il avait l’écriture la plus charmante de tous les galadhrims (notamment parce qu’il faisait toujours des petits cœurs à la place des points). Mais aujourd’hui, il avait décroché au bout de trois, quatre paragraphes et s’était mis à griffonner des zigouigouis dans un coin du parchemin. Il était même presque sûr de s’être endormi à un  moment… et n’avait retrouvé ses esprits dans un sursaut qu’en entendant soudain :

 

« L’un de vous, doit le faire ! »

 

Il avait alors failli répondre : « que Frodon y aille, merde ! » avant de se rappeler que la quête de l’anneau, tout ça, c’était fini depuis belle lurette. Essayant de retrouver le fil de la discussion, il vit alors Melian, -cette espèce de tarée qui le poursuivait de ses assiduités depuis qu’il avait eu le malheur de croiser sa route- se lever et affirmer l’air déterminée : « J’y vais. Je vais le faire ! Par contre j’ai besoin  d’aide, va falloir que des mecs viennent avec moi au cas où y ait des  araignées à écraser et des pelouses à tondre… »

A ces mots, presque toute l’assistance bondit hors de son siège Skruvstå avec une bonne raison de ne PAS se joindre à l’aventure.

 

Haldir se tourna vers Elladan à sa droite afin de s’enquérir du pourquoi de tout ce raffut.

« Mais t’as rien écouté ou quoi ?? Père vient de dire que le temps des elfes est révolu, qu’ils quittent ces rivages à tout jamais…

 

- Ouais, ça c’est pas nouveau, il radote le vieux…, le coupa Haldir

 

- Ce qui est nouveau c’est que ce crétin de Celeborn, qui avait le dernier exemplaire de la carte maritime pour Valinor, l’a paumée au poker contre un certain Patrick Bruel ! »

 

Haldir en resta comme deux ronds de flan, les yeux écarquillés de stupeur. Il était au courant du fait que Celeborn était un joueur compulsif, mais de là à parier la carte pour Valinor, relique sacrée ramenée du pays bienheureux par Galadriel…

 

Et qui était ce mystérieux « Patrick Bruel » dont il n’avait jamais entendu parler ? Certainement un envoyé des ténèbres… Malgré la chute de Sauron, de nombreux monstres hantaient encore les Terres du Milieu… la preuve : pas plus tard que la semaine précédente un ‘Tom Jones’ avait été aperçu aux frontières de la Comté, errant nu en poussant des grognements  ineptes…

 

Retrouvant ses esprits difficilement après une telle évocation, Haldir répondit :

« Mais vous avez bien un exemplaire de cette carte à Fondcombe, non ?

 

-         Putain, Haldir, t’as rien suivi, toi ! : père vient de t’expliquer que toute la bibliothèque à cramée le mois dernier, suite à un sortilège foireux de Gandalf !

 

-         Arg…

 

-         Ouais, comme tu dis ! Maintenant qu’on s’est enfin décidé à se barrer, voilà que sans la carte c’est plus possible ! Personne n’a envie de tourner en rond sur les sept mers, pendant des millénaires, à s’esquinter la vue dans l’espoir d’entrapercevoir les rivages blancs sous un levé de soleil fugace…

 

-         Y a pas trente six solutions alors, il faut retrouver ce Patrick Bruel !

 

-         Euh, ouais, c’est exactement ce qu’il a été décidé de faire pendant que tu ronflais Haldir !

 

-         Ah ok : et c’est cette folle furieuse hystérique de Melian qui se propose d’y aller… ??

 

-         Il semblerait bien. Tu la connais ??

 

(Haldir leva les yeux au ciel) – Que trop bien ! Ne t’approche jamais d’elle, mon ami, c’est une dingue ! Qu’elle y aille, ça me fera des vacances… »

 

« SILENCE !! », hurla soudain Elrond tout rouge de colère.

 

Mais deux guignols au fond continuaient à jacasser sans tenir compte de l’ordre du seigneur de Fondcombe. Haldir reconnut alors son cousin Legolas et l’abominable nain Gimli. Il secoua la tête, consterné: mais quels boulets ces deux là ! Toujours à se balancer des vannes minables ou à faire des concours idiots ! De toute façon, c’était vraiment inadmissible de laisser un elfe –même un branquignol comme Legoland- traîner avec les nains.

 

« MAIS VOUS ALLEZ LA BOUCLER OUI OU MERDE ?? !! » les deux bavards sursautèrent et se rassirent tout contrits.

 

« Bon, reprenons, dit Elrond, retrouvant son calme. Y a-t-il des volontaires ? »

 

Cette fois ci, pas un des participants ne l’ouvrit, on aurait entendu une drosophile voler.

Haldir baissait la tête, essayant de se faire tout petit, tout transparent, son esprit se focalisant sur deux criocères en train de copuler dans le parterre de lys.

 

« Ok, puisque c’est comme ça : on va désigner des volontaires : allé paf : Legolas et Gimli, vous en êtes, au moins comme ça vous ne serez plus dans mes pattes, on aura la paix. Aragorn, tu y vas aussi : Arwen m’a dit qu’elle allait en profiter pour faire une grande lessive avec tes fripes moisies et……… euh ………

 

-         Haldir ! »

 

L’intéressé se redressa, les yeux écarquillés d’effroi. Galadriel le regardait l’air espiègle. Car c’était bien la douce voix charmante de la Dame de Lorien qui venait de le désigner.

Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI MOI ??? Il se tritura les méninges en tentant de comprendre ce qu’il avait bien pu faire (ou ne pas faire) de si désagréable à Galadriel pour qu’elle l’oblige à se coltiner une telle mission !

 

Pendant un instant, il se dit que c’était un cauchemar et qu’il allait bientôt se réveiller ; mais alors que Gandalf, Galadriel, Celeborn, Glorfindel, les 4 autres nigauds et lui-même passaient dans le bureau privé d’Elrond dans le but de peaufiner les détails de cette mission, Haldir dut bien admettre qu’il ne rêvait pas !  Il pinça quand même Legolas pour s’en assurer et ce dernier lui lança un « Aïeuuu, mais t’es malade ?!!! » au moins 50 secondes plus tard, le temps que la douleur arrive au cerveau.

 

Dépité, il vit également, du coin de l’œil, Melian, qui trépignait de joie, cherchant sans doute la meilleure façon de le coller pendant le temps que durerait cette aventure. Il en aurait vomi sa galette de lembas… s’il ne s’était pas alors pris les pieds dans sa cape et rétamé la gueule sur un coin de table.

 

(à suivre…)

 

 

Tous les noms de lieux et de personnages ont été créé par J.R.R.Tolkien

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