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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:22

Les pupilles dilatées au maximum par le désir et les cachetons d’ecstasy qu’elle s’était enfilée, Melian lui répondit : « Nan, pas les fourrés, pas pour notre première fois. Viens me rejoindre dans un quart d’heure dans la suite présidentielle numéro 22 »

 

Et Melian s’enfuit en courant, légère et courte vêtue vers la chambre qu’elle avait réservée dans l’espoir que ce moment tant attendu arrive enfin. Elle voulait que ce soit parfait. Elle alluma des centaines de bougies, mis des pétales de roses sur le lit aux draps blancs immaculés, fit bouillonner le jacuzzi et fignola toute une mise en scène pseudo romantique qui lui aurait valu la note déco maximum à « un rencart presque parfait »

 

Puis elle prit une douche rapide, s’aspergea de Channel n°5 et attendit, nue et tremblante de désir que son Haldir, l’elfe de ses rêves, son dulciné viril et appétissant vienne la rejoindre…

 

* * *

 

Haldir ne tenait plus, il fallait qu’il retrouve sa bien aimée. Comment avait-il pu passer autant de temps près d’elle sans se rendre compte qu’elle était la femme de sa vie ?

 

Il courut vers l’immense motel préfabriqué que Gloïn avait fait installer au pied de la Montagne Solitaire. La tête lui tournait, mais une ardeur fiévreuse s’était emparée de lui et il irait jusqu’au bout cette fois-ci !

 

Le couloir semblait tanguer et il dut se cramponner aux murs pour retrouver son équilibre. Il regardait les chiffres des portes défiler devant ses yeux quand enfin il la trouva : la porte 22. Il passa sa main sur son visage pour essayer de retrouver ses esprits afin de profiter pleinement de ce premier moment d’intimité avec Melian et l’espace d’un instant il n’y eut plus qu’un seul chiffre sur la porte mais l’elfe n’y prêta pas attention et quand le 2 se dédoubla de nouveau, Haldir entra, prêt à conquérir le monde.

 

Il faisait très sombre et la forme étendue sur le lit se redressa soudain en poussant un « gné ? ». Mais Haldir ne lui laissa pas le temps de parler. Il attendait depuis trop longtemps. Il la fit taire d’un baiser, laissant ses mains courir sur la peau de sa compagne.

 

« Tiens, tu es plus poilue que j’imaginais… mais peu importe, je t’aime comme tu es ! » et la porte se referma sur les deux amants enlacés.

 

* * *

 

Pendant ce temps, Melian s’impatientait.

Haldir ne pouvait pas avoir changé d’avis. Elle l’avait sincèrement senti prêt cette fois-ci.

 

Au bout d’une heure elle enfila une nuisette et sortit le chercher, inquiète.

 

Elle croisa Ronon portant Elohwyn dans ses bras. Ils s’embrassaient passionnément, s’apprêtant à pénétrer dans leur chambre.

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Sheppard et Arwen se tenant par la main :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Ragnagna et Sélin, l’air de flotter sur un petit nuage rose qui sentait la cannelle :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa un nain nommé Verny et une elfe nommée Brindille en train de se rouler des pelles :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Gloïn et Pûdûk qui semblaient avoir enfin trouvé un moyen de régler leurs problèmes fonciers grâce au PACS :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle croisa Gimli, Legolas et Aragorn qui se dirigeaient tous les trois ensemble vers une seule chambre, chacun un petit sourire coquin sur le visage :

« Vous n’auriez pas vu Haldir ??

- Euh, nan »

 

Elle fouilla les buissons, le chercha à la buvette, sur la piste de danse, aux latrines… sans succès. Alors elle se laissa tomber à genou au pied de la Montagne Solitaire et pleura.

 

* * *

 

Melian pleurait encore quand l’aube parut enfin. Le monde n’était plus qu’une gueule de bois géante. Une dernière larme roula sur sa joue et sa peine immense se transforma soudain en rage de sang : quelqu’un allait devoir payer !

 

* * *

 

Haldir poussa un petit soupir de contentement ; il faisait un rêve merveilleux. Il changea de position, s’étira, et sa main rencontra quelque chose de velu… une sorte de barbe… puis il se souvint d’un seul coup qu’il avait enfin consommé sa nuit de noce avec Melian…

Le corps à ses cotés bougea dans un froufrou de draps en soie et il murmura : « Alors, heureuse ? ».

Puis il ouvrit les yeux.

 

« WAAAAAAAAAAAARGH !!, hurla-t’il, faisant un bond de deux mètres en arrière, se fracassant l’épaule dans la table de chevet au passage. Mais où est Melian ??

- Quoi Melian?, répondit Gandalf d’une bouche pâteuse exhalant des relents d’herbe à pipe frelatée.

- Par tous les Valars !!!!!!! », s’exclama Haldir comprenant avec horreur qu’il avait passé la nuit non pas avec Melian mais avec le vieux magicien sénile.

 

Luttant contre une envie de régurgiter le repas de mariage et d’aller directement en finir avec la vie en sautant du pont de Brandevin, il attrapa ses fringues et déguerpit de là aussi vite que possible.

 

Le pire dans tout ça c’est qu’il n’avait même pas trouvé ça désagréable… enfin si tant est que les vagues images qu’il avait en mémoire soient effectivement des souvenirs de la nuit qu’il avait passée avec Gandalf sous l’emprise de la potion de Galadriel…

 

Il courut hors du motel, slalomant entre les tonneaux de bière renversés et les couples à demi nus étendus sur l’herbe de la plaine.

 

Et soudain il s’arrêta net : Melian se tenait devant lui, le regard fixe scrutant le vide, enveloppée d’une sorte de halo de flammes. Il sentait la colère sourdre de tous les pores de sa peau…

 

« Attend, Melian, je peux t’expliq… »

Mais il ne put jamais finir sa phrase car un coup de massue géante dans la tronche l’avait envoyé valdinguer par delà la rivière.

 

* * *

 

Vers midi, se réveillant au milieu d’innombrables cadavres de chopines, la tête dans le cul, le cul dans le brouillard, Pippin entendit une sorte de déflagration assourdie et demanda à Merry :

 

« Tiens, y avait même un feu d’artifice de prévu ?

- Euh, bah non

- Mais alors c’est quoi ce bruit d’explosion ?? »

 

Ils ne le sauraient que plus tard, mais à des centaines de miles de là, en Lothlorien, le bouton de fièvre de Celeborn venait d’éclater.

 

* * *

 

« Les elfes ! Les elfes sont des connards ! Plus pourri qu’un elfe y a pas ! On pourrait croire que puisqu’ils sont les créatures douées de la plus longue vie, ils ont suffisamment d’expérience pour se comporter élégamment vis-à-vis des dames. Mais non ! C’est trop leur demander à ces p** d’e *** d’elfes ! Je n’aurais qu’un conseil à te donner, ami lecteur : si tu fantasmes sur un elfe : barre toi avant qu’il ne te brise le cœur, regarde par-dessus la rivière et va faire un tour sur la colline voir si tu y es ! »

 

Melian reposa sa plume de faisan, pas plus satisfaite que lorsqu’elle avait écrit la première mouture de son article, mais soulagée d’avoir pu se défouler et exprimer ainsi sa frustration.

 

Ça faisait trois jours qu’ils étaient rentrés en Lothlorien.

Toujours aussi furax, elle avait tout fait pour éviter de croiser Haldir car des envies de lance-flamme l’assaillaient dès qu’elle voyait la moindre mèche argentée.

 

Galadriel avait bien essayé de la réconforter mais sa rancœur était trop tenace. Ce coup-ci, elle avait vraiment cru que… et il s’était fichu d’elle ! En plus, le coup de massue l’avait rendu amnésique et il ne se souvenait absolument pas qu’il avait été à deux doigts de consommer sa nuit de noce. Pour Melian : tout était à refaire et pour le moment, elle était trop en rogne.

 

Maudissant tous les hommes, elle alla se mettre au lit avec un pot de glace Hagen Däas, du Nutella, un maxi paquet de MnM’s et un autre de Kinder chocobons à portée de main.

 

Puis, elle appuya sur la télécommande du magnéto pour lancer Sissi Impératrice et décida d’attendre que les poils de ses pieds soient suffisamment longs pour s’intégrer définitivement chez un peuple plus cool que celui de ces *** d’elfes : les hobbits !

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:10

Sheppard et Ronon déposèrent chacun discrètement une grenade dans un tonneau de bière traînant devant le salon de coiffure et quelques secondes plus tard la vitrine vola en éclat. Ils se précipitèrent alors à l’intérieur, faisant mine d’aller secourir les éventuels blessés mais en profitaient pour assommer tous les gardes de l’escorte de Gimli. Ce dernier put alors changer vite fait de place avec Sélin et disparaître dans l’arrière boutique.

 

Dès qu’il avait entendu l’explosion, Gloïn avait planté là Haldir et son élégie de l’endive pour aller voir de quoi il s’agissait. Il trouva celui qu’il pensait être son fils debout dans les décombres, et le fit sortir de la boutique fracassée, s’assurant qu’il n’avait pas été blessé.

 

« Tout va bien, père. Conduis moi à l’autel, je suis prêt.

- Ah, mon fils ! Je suis bien heureux de voir que tu es redevenu raisonnable à propos de ce mariage. Allons y ! »

 

* * *

 

Gandalf, en sa qualité de vieux schnock, avait été choisi pour présider la cérémonie et il fit une drôle de tronche en voyant apparaître le prétendu Gimli. Mais comme il avait déjà vidé deux barriques de bière, il ne se formalisa pas trop et prononça les paroles rituelles :

« Mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, étrangers venus de terres lointaines, amis de toujours, vous vous êtes rassemblés ici afin d’assister au mariage de Gimli, fils de Gloïn et de Ragnagna, fille du seigneur Pûdûk.

Frodon : montrez-leur les anneaux. »

 

Frodon déposa deux bagues sur un petit coussin rose.

 

Comme on peut s’en douter, les cérémonies naines n’étaient pas du genre à traîner en longueur et sans plus attendre, Ragnagna prit la main de son futur époux pour y passer l’alliance étincelante.

Elle qui avait semblé en pleine dépression depuis le début de la cérémonie, n’ayant eu aucune nouvelle de son doux ami Sélin, faillit pousser un cri de joie en le reconnaissant sous son déguisement Gimli-esque.

Elle se retint cependant de révéler la supercherie trop tôt et laissa Sélin lui passer à son tour l’anneau au doigt.

 

« Bien !!, se réjouit Gandalf : vous pouvez embrasser la mariée ! »

 

Sélin et Ragnagna se roulèrent une pelle, rappelant celle d’Aragorn et Arwen à leur propre mariage.

 

Ce fut lorsque Gloïn et Pûdûk se levèrent pour féliciter les mariés que Sélin arracha sa fausse barbe pour révéler à tous la vérité. Il savait qu’il était trop tard pour défaire ce qui avait été fait : les bagues ne pourraient plus être enlevées de leurs gros doigts boudinés !

 

Gloïn vira du blanc de la stupéfaction au rouge cramoisi de la rage la plus destructrice en deux secondes. Il allait ouvrir la bouche pour postillonner sa fureur quand Haldir fit signe à Legolas, qui sortit un papier de sa poche, arracha le micro des mains de Gandalf et se racla la gorge bruyamment.

 

« AHEM ! BONJOUR à TOUS ! EN TANT QUE TÉMOIN DU MARIÉ, IL EST DE MON DEVOIR DE FAIRE UN PETIT DISCOURS : alors voilà… commençons donc par le commencement : Jeannot Lapin naquit à l’âge de 12 ans… »

 

Au bout de la première minute du passionnant discours de Legolas, non seulement la colère et l’agitation était tombées, mais déjà, plusieurs personnes s’étaient endormies avec un bulle de morve au nez.

En moins d’un quart d’heure, tous les invités roupillaient sauf Melian et Elohwyn qui avaient pris soin de se boucher les oreilles avec des bananes.

Elles sortirent alors de leurs sacs à main les deux petits vaporisateurs et commencèrent à pschitter la gueule de tout le monde selon les instructions de Galadriel.

 

La fiole qu’elle avait donnée à Melian contenait une décoction de champignons hallucinogènes, de poudre de coquille de moule et d’yeux de tritons revenus à la poêle avec des échalotes, le tout parfumé au patchouli.

Cette recette secrète avait pour effet de détendre celui qui en était aspergé et de le rendre plus réceptif à l’amour pour son prochain.

 

« Oups », firent-elle en cœur avec un grand sourire, ayant chacune aspergé Haldir et Ronon.

 

Quand les vaporisateurs furent vides, elles allèrent débrancher le micro de Legolas qui finissait à peine le premier paragraphe du discours interminable qu’il avait pondu et peaufiné pendant toute la journée de la veille.

 

Les invités s’éveillèrent alors rapidement, l’air frais et dispo. Gloïn et Pûduk s’avancèrent vers les mariés.

Tout le monde retint son souffle, ne sachant si le plan avait vraiment marché.

 

« Qu’il en soit ainsi ! », lâchèrent-ils enfin en cœur.

 

Un grand « Youpi » retentit du côté de la boutique du coiffeur.

Gimli en émergea et alla serrer son père dans ses bras.

 

« Tu avais raison, fiston, il faut se marier selon son cœur et non selon les règles du plan d’urbanisme local ! »

 

La foule s’écria alors : « HOURRA, HOURRA POUR LES MARIÉS !!! » et, sous les applaudissements chaleureux, Sélin et Ragnagna descendirent l’allée fleurie, se faisant bombarder de riz Uncle Benz au passage.

 

Les cornemuses furent gonflées et les chopines remplies : les réjouissances pouvaient commencer !!!

 

* * *

 

Le banquet était pantagruélique, la bibine coulait à flot, les invités étaient dans un état d’allégresse peu naturel grâce à la mixture de Galadriel dont les effets étaient prévus pour durer jusqu’au lendemain matin.

 

Haldir, assis entre Melian –qui lui faisait du pied- et Gandalf –qui lui faisait du pied aussi, d’ailleurs-, savourait la fierté d’une mission rondement menée autant que la dinde farcie au chorizo qu’il avait dans son assiette.

 

Les jeux idiots -dont le traditionnel lancé de nains-, se succédèrent dans la joie et la bonne humeur. Puis le micro circula et tous les invités le souhaitant, interprétèrent leur chanson paillarde fétiche. Aragorn brailla d’ailleurs « Perrine était servante » au grand désespoir d’Arwen qui ne savait plus dans quel trou se cacher…

Cela faisait déjà belle lurette que plus personne n’était vraiment très clair.

 

Quand le soir tomba, les mariés firent une démonstration de tektônik, la danse folklorique la plus célèbre du peuple nain, bientôt rejoints par les seigneurs Gloïn et Pûdûk dont les performances furent exceptionnelles.

 

Une fois la pièce montée engloutie et la première bagarre collective déclenchée, le bal put débuter.

 

Melian se rendit soudain compte qu’Elohwyn et Ronon dansaient langoureusement la lambada dans leur coin et, ne voulant pas être en reste, engloutit cul sec une demie bouteille de Bailey’s avant d’aller inviter Haldir. À sa grande joie, il accepta. La potion de Galadriel était décidément vraiment efficace !

 

Ils dansèrent ensemble sur « Le petit Bonhomme en Mousse ». Ils dansèrent ensemble sur « Karma Chameleon ». Ils dansèrent ensemble sur « Fais tomber la Pluie ».

Ils firent la chenille et la danse des canards.

Ils mirent deux pièces d’or dans la cagnotte de la jarretière.

Ils rigolèrent à leurs blagues réciproques, burent encore un peu plus d’alcool et se goinfrèrent de petits fours.

 

Minuit sonnait quand les premiers accords du « Dernier Slow » retentirent. Haldir s’inclina alors devant Melian et lui tendit la main, un sourire complice sur les lèvres :

 

« M’accorderez vous cette danse, gente damoiselle ?

- Mais avec plaisir, mon beau Seigneur. »

 

Melian s’abandonna dans les bras puissants d’Haldir et plongea les doigts dans ses longs cheveux d’argent tandis qu’il lui collait les mains sur les fesses. Elle n’avait pas été inondée… d’allégresse comme ça depuis si longtemps qu’elle ferma les yeux et savoura un moment le bonheur existentiel d’être en vie.

 

Seuls le mince tissus de sa robe à moitié transparente et la tunique légère d’Haldir séparaient leurs deux corps frissonnants d’envie… et elle se félicita de ne pas avoir mis de petite culotte car, à cet instant, elle savait que ses sous vêtements auraient pu prendre feu spontanément.

 

Ils ne pouvaient pas être plus collés l’un à l’autre, ni ignorer plus longtemps le désir qu’ils avaient l’un pour l’autre. Haldir caressa les cheveux de Melian, lui tripatouillant les petites tresses et replaçant les mèches indisciplinées derrière ses jolies oreilles pointues Et enfin, n’y tenant plus, il lui murmura :

 

« Comprends-tu le chant d’espoir du loup qui meurt d’amour ?

- Et toi, peux tu peindre aux milles couleurs l’air du vent ?, lui répondit elle timidement dans un souffle

- Oh, Melian… La nuit est à nous et les étoiles sont belles : allons niquer dans les fourrés ! »

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:00

Une foule de gens encombrait la route et la circulation était difficile. Ils croisèrent Gandalf dans un chariot rempli à raz bord de camelote bon marché : pétards mouillés, petits moulins à vent tout moches, poupées vaudous etc., qu’il comptait sans doute vendre aux invités trop bourrés pour se rendre compte de l'arnaque.

 

Arrivés aux frontières du royaume des nains en début d’après midi, ils allèrent présenter leurs respects au Seigneur Gloïn. Ce dernier semblait fort pressé et ne leur accorda que trente secondes d’attention avant de retourner à la confection de petites fleurs en plastiques et au casse tête du plan de table.

 

Haldir, Melian, Sheppard, Ronon et Elowyn déposèrent les cadeaux de mariage qu’ils avaient amenés : des bas à varice 60 deniers taille 4, des conserves de langue de porc en gelée, un rétroprojecteur, une statuette de la sainte vierge, un lot de slip kangourou ‘L’australien’ de Dim et une boite de tampax à l’intention de la Princesse Ragnagna car avec tampax, on peut courir, on peut nager et on peut faire du vélo.

 

Maintenant, il fallait qu’ils trouvent Gimli. Il était probablement toujours prisonnier de son donjon, mais dans sa lettre à Galadriel, il n’avait pas précisé la localisation de sa geôle.

 

Ils étaient sur le point de demander aux sœurs Halliwell de le chercher avec leur pendule quand des éclats de voix attirèrent leur attention :

 

Deux nains étaient visiblement en train de s’engueuler. Le plus âgé finit par envoyer valdinguer l’autre et se cassa l’air furax.

 

Ronon alla trouver le pauvre nain à terre et l’aida à se relever.

« Hey, mon pote, tu veux qu’on aille lui fracasser la tronche?, demanda-t’il, désignant l’agresseur du menton, l’air prêt à sortir son gros pistolet à énergie

- Merci mon ami, mais non : c’est le seigneur Pûdûk, père de la princesse Ragnagna, si je lui pète une dent, mes chances d’épouser sa fille diminueront considérablement…

- La princesse Ragnagna ?? Mais n’est-elle pas censée se marier avec Gimli?

 

Les autres compagnons avaient désormais rejoint Ronon et Haldir, abasourdi, reconnu le nain : c’était Sélin, son ex-colloc ! Ils ne s’étaient pas quittés en très bons termes… mais c’était le passé et il faut savoir tirer un trait sur le pâté, surtout s'il est en tube.

 

« Sélin !!!, s’écria Haldir. Mais que fais tu ici ??!

- Haldir ? Je pourrais te retourner la question…

- Je représente la Lorien au mariage de Gimli.

- Et bah autant retourner chez toi : ce mariage n’aura pas lieu !! Ils devront d’abord me passer sur le corps !! »

 

Voyant qu’il avait l’attention de tous, il poursuivit :

 

« Ragnagna et moi, nous nous aimons depuis l’enfance et nous ne désirons rien d’autre que vivre heureux dans une petite grotte bien confortable. Nous avions un rêve : ouvrir un restaurant dans les mines de la Moria où on servirait de la bière bien fermentée et de bonnes pièces de viande de gobelin cuite au feu de balrog ! Pûdûk et Gloïn ont arrangé cette union pour des histoires de réduction d’impôts et de transactions immobilières sans tenir compte de nos sentiments… »

 

Haldir et Melian s’entreregardèrent : si un jour ils avaient jamais douté de la clairvoyance de Galadriel, cela ne leur arriverait plus jamais !

Elle leur avait dit de chercher l’autre prétendant de la princesse Ragnagna car elle savait que dans toutes les petites histoires, celles qui ne comptent pas vraiment, il y a toujours un « deus ex machina » de ce genre et elle avait, comme toujours, parfaitement raison !!

 

Avoir trouvé leur homme –ou plutôt leur nain- en moins de deux : voilà qui arrangeait bien leurs affaires et ils décidèrent d’exposer leur plan à Sélin…

 

En plus, coup de bol, il savait où se trouvait le donjon dans lequel on avait cloîtré Gimli.

 

Il les conduisit donc à travers la plaine jusqu’à la lisière de Mirkwood.

Avant même d’entrapercevoir la sombre tour sans porte d’entrée dans laquelle était enfermé leur pauvre ami, ils entendirent ses longs sanglots déchirants.

 

Mettant pied à terre, ils appelèrent le prisonnier et, précédé par un bruit de chaîne raclant le sol, Gimli parut alors à la fenêtre tel une princesse en détresse.

 

« Whoua les gars, j’y croyais plus !!! Merci d’être venus !! Vite aidez-moi à m’évader !!

- Nan, Gimli, tu dois rester dans la tour jusqu’à demain. Galadriel a un cunning plan. Comment on fait pour monter te rejoindre ? Où est la porte secrète ??

- Y en n’a pas ! La seule façon de monter c’est comme ça… euh par contre merci d’envoyer le plus léger d’entre vous…»

Et il lança sa barbe tressée qui devait bien faire dix mètres de long par la fenêtre. Les compagnons se regardèrent et c’est Elohwyn qui s’y colla. Elle redescendit une demie heure plus tard et leur annonça que Gimli était ok pour le plan.

 

* * *

 

J moins 1

 

Nos héros s’étaient renseignés : Gloïn et une escorte iraient chercher Gimli à l’aube et, avant de rejoindre le lieu de la cérémonie, il serait emmené chez le tailleur pour revêtir son costume cravate puis conduit chez le coiffeur pour se faire gominer la touffe et fleurir la barbe.

C’est là que nos amis avaient décidé d’agir. Ils soudoyèrent l’assistant du coiffeur qui passa la journée à tenter de faire de Sélin un parfait sosie de Gimli : il lui teignit les cheveux en roux, lui posa une fausse barbe et lui apprit à rouler les R comme un vieux paysan albigeois.

Le résultat n’était pas génial, mais les nains n’étaient pas connus pour avoir l’œil du faucon et les oreilles du renard donc ils ne s’inquiétèrent pas outre mesure ; et afin de parer à toute éventualité, ils se promirent de faire en sorte que les alcools forts soient en libre service bien avant le début de la cérémonie.

 

* * *

 

Le jour du mariage était enfin arrivé.

 

Une foule hétéroclite avait envahi la plaine au pied de la Montagne Solitaire. Vendeurs de chichis, chouchous et chorizo se bousculaient.

 

Merry et Pippin se baladaient dans le coin, essayant de taxer de l’herbe à pipe à droite à gauche, tandis que Gandalf tentait de refourguer des vessies de porcs pour des lanternes.

Frodon Saquet et Sam Gamegie avaient fait le voyage depuis Hobbitebourg et discutaient le bout de gras avec Aragorn et Arwen arrivés depuis peu et installés dans le carré VIP…

 

Du coté de nos conspirateurs, tout était en place : Legolas était déjà positionné devant l’autel en tant que témoin du marié et Sélin se cachait dans le salon de coiffure, derrière une étagère de produits Jean Louis David. Ronon et Sheppard se préparaient à faire une diversion et enfin, Haldir était parti détourner l’attention de Gloïn en lui chantant une ode à la nature, vantant plus particulièrement les vertus de l’endive perle du nord.

 

Les filles, quant à elles, avaient fini de transvaser le contenu de la fiole scintillante de Galadriel dans deux petits vaporisateurs à parfum et étaient en train de se poudrer le nez. Elles avaient revêtu leurs plus beaux atours et leurs robes les plus décolletées.

 

Elles papotaient et gloussaient comme des dindes, excitées, comme toutes les filles, à la perspective d’un mariage :

 

« Hihihi, tu crois qu’on va pécho des mecs ce soir au bal ?

- Y a intérêt !

- Moi je craque pour Ronon…

- Et moi pour Haldir…

- T’aurais pas des problèmes de vue, des fois ?

- Nan pourquoi ?

- … »

 

Mais Elohwyn n’eut pas le temps de répondre car un grand « boum » venait de retentir tout près : c’était l’heure. Elles rejoignirent leurs places devant l’autel. Le spectacle allait pouvoir commencer !

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 09:51

Haldir récupéra la lettre et lut à voix haute :

 

« Salut, roi Thranduil. Je détiens ton fils en otage. Si tu veux le revoir vivant, aboule l’oseille ! »

Et c’était signé : Demis Roussos Ier, roi des trolls.

 

Thranduil, à première vue anéanti par la perte de son fils unique, s’arrachait les petites fleurs de la couronne champêtre qu’il portait dans les cheveux en sanglotant bruyamment. Cependant, personne n’était dupe. Il surjouait.

 

« Euh, Thranduil, intervint Haldir. On monte une expédition pour aller délivrer ton fils ou on reste là à chouiner comme des pleureuses jusqu’à la saint glinglin ?

- Une expédition ?- Sniff Snurfl – Délivrer mon fils ? -Snorfl- Mais tu n’y songes pas, Haldir ! C’est bien trop risqué. Nan, je préfère commencer à faire mon deuil.

- Dis tout de suite que tu n’as pas envie de revoir ton fils, ça sera plus honnête…

- Bah, je dois bien avouer que depuis qu’il n’est plus là, dans mes pattes, j’ai nettement moins de maux de tête. Ouais, c’est vrai. Finalement, j’apprécie assez de ne plus le voir traîner dans les parages avec ses potes nains. Y a même une fois, ils se sont bourré la gueule et ont vomi dans mes godillots du dimanche... »

 

Haldir et Melian se consultèrent un instant à voix basse. C’est pas que le prince Vertefeuille leur manquerait des masses, mais la présence de Legolas était absolument nécessaire à la réussite du « cunning plan » de Galadriel. « Bon, nous en tout cas, on y va ! »

 

Ils ramassèrent tout le chorizo qui traînait sur la table ainsi que les quelques maxi pains au chocolat rescapés de la gloutonnerie de Merry et Pippin, pour les mettre dans leurs besaces en cas de besoin et se dirigèrent vers la sortie. Dans un bruit de chaise renversée, ils furent rejoints par Ronon, John Sheppard et la jeune femme inconnue.

 

Merry et Pippin ne bougèrent pas un seul petit orteil poilu… et ni Aragorn ni Arwen ne firent mine de se lever.

« Euh, nous on reste là, hein ! Les trolls des cavernes, c’est bon, on a déjà donné ! On se retrouve au mariage !, lança Aragorn, tout tassé dans son fauteuil.

- Dis plutôt que t’as la trouille », répondit Ronon. Mais il n’y eu pas de réponse et le petit groupe se mit alors en route pour la demeure du roi des trolls.

 

* * *

 

Ils n’eurent pas à clopiner bien longtemps, le royaume des trolls ou plutôt ce qu’il en restait depuis la chute de Sauron se trouvait tout près de celui de Thranduil. En chemin, ils avaient eu le temps d’élaborer un plan infaillible, ayant rejeté la proposition de Ronon : ‘on fonce dans le tas et on latte tout ce qui bouge’…

D’ailleurs, soit dit en passant, lui et Sheppard étaient particulièrement bien armés pour un voyage diplomatique…

 

Ils eurent aussi le temps de faire connaissance avec la jeune femme. Elle représentait le royaume du Rohan au mariage de Gimli, Eomer s’étant fait excuser sous prétexte qu’il pouvait pas encadrer les nains, leurs têtes ne dépassant pas assez du sol à son goût… Elle s’appelait Elohwyn et elle eut l’air de se détendre un peu quand elle comprit que Ronon et Melian n’étaient qu’amis….

 

Une fois devant la grande porte en ferraille, Haldir appuya sur la sonnette. L’air d’une vieille pub pour Lapeyre retentit et quelques instants plus tard un énorme troll gris, gras, visqueux, verruqueux, bossu et mal odorant vint leur ouvrir.

« Salut, on est là pour la rançon de Legolas !, annonça Haldir qui avait pris la tête de l’expédition comme à son habitude

- Veuillez me suivre, messieurs dames, grommela le troll en guise de réponse, je vais chercher mon maîîîîître »

 

Il les conduisit à travers un dédale de couloirs sombres et suintants, dégageant une forte odeur de ragondin crevé. Enfin ils débouchèrent sur une immense salle, éclairée par des torches crachotantes. Au centre se dressait un trône sculpté dans le roc sur lequel était assis le plus grand troll que nos héros aient jamais vu. Il portait une chemise hawaïenne, un short aux couleurs de la Jamaïque et une couronne de fleurs de courgette.

 

Près de lui se tenait un étrange personnage vêtu de culottes bouffantes et d’un pourpoint bariolé à dominante vert canard. Il s’agitait tel un poisson hors du bocal. Sur sa tête était posé un chapeau à clochettes que même un supporter de foot totalement défoncé n’aurait jamais osé porter ! Tout autour, de nombreux trolls étaient regroupés, immobiles, semblant très attentifs aux gesticulations du petit individu en vert.

 

En s’approchant, Haldir et Melian entendirent ces quelques mots prononcés d’une voix qui leur sembla étrangement familière : « … … nous avons couru, couru, couru toute la nuit durant, et c’est alors que je leur ai dit : ‘un soleil rouge se lève, beaucoup de sang a dû couler cette nuit ! »

AHAHAHAHAHAHA !!!! Les rires tonitruant de tous les trolls assemblés autour du trône firent trembler le palais sur ses fondations. Ils se tenaient les côtes et se tapaient sur les cuisses.

 

Le petit bouffon vert sembla alors apercevoir le groupe des nouveaux arrivants et s’écria : « Hey, c’est gentil d’être venus me voir, les amis !! » et avec stupeur, ils reconnurent le prince Legolas sous le ridicule accoutrement.

 

Les trolls s’écartèrent pour les laisser s’approcher et nos héros s’inclinèrent devant le roi des trolls.

 

« Salut à toi, Demis Roussos Ier !, commença Haldir. Nous sommes venus négocier la rançon que tu as réclamée à Thranduil !

- La rançon ? Quelle rançon ?? », répondit le gros troll d’une voix joyeuse.

 

Un troll se pencha alors vers lui et lui murmura quelque chose à l’oreille…

 

« Ah ouais, reprit-il ! Mais cette offre date d’il y a trois mois ! Elle n’est plus valable ! Il n’est plus question que je me débarrasse de mon bouffon désormais, il nous fait tous trop rire ! »

 

La compagnie s’entre-regarda rapidement et Ronon hurla « PLAN B !!!! » avant de sortir son gros pistolet à énergie et de tirer dans le tas !

Sheppard largua des grenades fumigènes à droite à gauche et dans la confusion générale, Haldir chopa Legolas, l’assomma vertement et le traîna par les cheveux jusqu’à la sortie, tandis que Melian et Elohwyn couvraient leurs arrières en balançant des fruits pourris qu’elles avaient trouvés dans un coin de la salle du trône.

 

Une fois à l’extérieur, quand tout le monde eut fini de tousser, Sheppard et Ronon firent sauter la porte du royaume des trolls au C4, les piégeant à l’intérieur.

 

Melian fut soudain prise d’un doute :

« Euh, Galadriel a bien précisé « pas d’incidents diplomatiques avec les nains », mais elle n’a rien dit au sujet des trolls, j’espère, parce que là…

- De toute façon, si les trolls sont pas contents, c’est chez Thranduil qu’ils iront le faire savoir, alors on s’en fiche ! », répondit Haldir

 

« Les gars, vous auriez fait un malheur pendant la guerre de l’anneau ! », ajouta Elohwyn, s’adressant aux deux membres de l’équipe SGA ravis de l’admiration que suscitaient leurs méthodes expéditives.

 

Peu de temps après, le prince Legolas reprit ses esprits en s’écriant : « Naaaan, mon chapeau, j’ai perdu mon beau chapeau à clochette ! Il faut y retourner !! » Mais un regard de Ronon suffit à le faire taire.

Haldir le mit rapidement au courant du mariage de Gimli et du « cunning plan » de Galadriel. Legolas n’avait rien capté aux explications mais, toujours plein de bonne volonté, accepta tout de suite l’idée car il ne voulait pas voir son ami nain malheureux…

 

* * *

 

Après s’être concertés, Haldir et Melian avaient décidé de révéler également leurs plans à Sheppard, Ronon et Elohwyn. Ces derniers avaient promis de les aider à sauver le pauvre Gimli de son mariage arrangé et se réjouissaient à l’avance de saboter l’ennuyeuse cérémonie…

Ils continuèrent donc leur route vers la Montagne Solitaire. Le soir tombait quand ils pénétrèrent dans la ville d’Esgaroth.

 

Ils trouvèrent une boutique de fripes où Legolas pu échanger ses immondes oripeaux vert canard contre une tunique elfique plus appropriée à un mariage et, après un dîné copieux dans une taverne, voyant qu’il n’y avait plus de place pour personne dans les hôtels ou à la salle commune et aucune étable disponible, ils squattèrent un rond point verdoyant du centre ville pour que les humains puissent dormir et les elfes se reposer tranquillement l’esprit en lisant Voici…

 

Au petit matin, le groupe quitta la ville et se dirigea aussi vite que possible vers la Montagne Solitaire : le mariage était prévu pour le surlendemain et ils avaient encore du pain sur la planche !

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 10:00

La souveraine de Lothlorien lui tendit l’invitation et Melian la lut à voix haute sans s’en rendre compte :

 

« A ses très gracieuses majestés les souverains du royaume elfique de Lothlorien… blablablabla, …se rendre à Erebor, la Montagne solitaire… blablabla… convier aux épousailles … de la Princesse Ragnagna et de GIMLI, fils de Gloïn!!!! »

 

« QUOI ?! Gimli va se marier et on n’était même pas au courant ?!, brailla Melian dans un état de stupéfaction complet

- Et ça, c’est quoi, la liste de mariage ? » s’interrogea Galadriel, ramassant le petit papier tombé tout à l’heure.

 

S’il avait été possible que Galadriel ait l’air plus hallucinée que deux secondes plus tôt en lisant le faire part, ça aurait été là tout de suite !

 

« Ecoutez ça : c’est une lettre de Gimli : « Dame Galadriel, je fais appel à vous car vous êtes mon dernier espoir, je sais bien que je ne suis pas digne d’oser penser vous demander une telle chose, mais j’ai tant besoin d’aide et je ne sais plus vers qui me tourner. Mon père a décidé de me marier contre ma volonté. Il m’a enfermé en haut d’une tour en attendant la date fatidique J’ai tout d’abord tenté de demander à Legolas de me venir en aide mais il semble avoir disparu de la surface de la terre et j’ai peur qu’il ne lui soit arrivé malheur. Je m’en remets à vous, ma bonne Dame. Venez à mon secours, je vous en prie. Votre nain crasseux, dévoué et affectueux : Gimli »

 

Tous en restèrent muets de stupeur. Galadriel parut réfléchir intensément pendant une petite minute puis son visage s’éclaira et elle se tourna vers Haldir et Melian en leur disant l’air espiègle : « I have a cunning plan! »

 

* * *

 

Une heure plus tard, Galadriel était plâtrée, Celeborn avait mis un sac à patate sur sa tête et Haldir et Melian ajustaient leurs besaces et scellaient leurs montures.

Avant de leur donner ses dernières recommandations, Galadriel tendit une fiole scintillante à Melian, qui la rangea dans son petit sac à main en strass top fashion qu’elle comptait bien assortir avec ses pantoufles de verre pour le mariage.

« On est bien d’accord, tous les deux : remplissez votre mission mais pas de vagues, je ne veux pas entendre parler du moindre incident diplomatique avec les nains ; nos deux peuples viennent tout juste de commencer à se reparler depuis les jours sombres alors pas question de se faire pécho en train de s’immiscer dans leurs affaires internes. »

 

Haldir et Melian acquiescèrent et après un dernier salut respectueux à leur souveraine, s’en allèrent au triple galop en direction du nord.

A part quelques pauses pipi et une pause caca pour Haldir qui avait mangé du mauvais riz cantonais, ils filèrent toute la journée sans s’arrêter à travers les plaines, longeant le grand fleuve Anduin en direction de la vieille route de la forêt noire, qu’ils atteignirent le lendemain soir.

 

Mais à peine eurent-ils pénétré les bois sombres qu’Haldir -malgré les avertissements de Melian qui lui avait dit « fais gaffe, n’approche pas des arbres, ils ont l’air chelou »- se prit une branche en pleine poire et s’étala de tout son long sur le sentier. De grands éclats de rire fusèrent des feuillages quand des têtes elfiques et décolorées apparurent soudain au détour d’un chemin de la cordillère des Andes. C’était des elfes sylvains. Les habitants du royaume de Thranduil. Ils devaient être une vingtaine, sautillant et bondissant, chantonnant l’air guilleret tout un répertoire de chansons paillardes ou se pendouillant aux branches des grands arbres (d’ailleurs l’un d’eux lâcha prise et s’écrasa dans un buisson épineux). Visiblement, ils étaient tous sous LSD !

 

Celui qui semblait être leur chef, et qui en prime avait une haleine empestant l’ail, s’approcha d’Haldir et Melian pour les accueillir : « Obladi oblada, les amis ou qui que vous soyez… Bienvenu dans la forêt noire ! On est les gardes-frontière. Désolé, mais vous ne pouvez aller plus avant… sauf si vous avez un pti morceau de chorizo, ça suffira à nous corrompre… »

Par chance, Haldir en avait toujours dans sa gibecière et les elfes acceptèrent de les conduire jusqu’à leur souverain.

 

A la lueur psychédélique d’un stroboscope portatif, ils avancèrent toute la nuit, tenant leurs chevaux fatigués par la bride. La forêt noire avait beau être plus sûre depuis la chute de Sauron, Melian avait la pétoche : on lui avait parlé une fois d’un animal étrange appelé le Dahut avec des pattes plus courtes d’un côté que de l’autre… et puis, il y avait une autre créature qui l’effrayait encore plus…

Haldir se rendit compte qu’elle tremblait et claquait des dents depuis un bon moment.

« Tu as froid ?

- Nan, j’ai la frousse, j’en parle rarement mais je suis cuniculophobe…

- ??!!! Euh, Melian, j’ai pas l’intention d’entamer les préliminaires de notre nuit de noce –qui je le rappelle n’aura jamais lieu- là tout de suite ; alors détends toi…

- Mais non, banane ! Cuniculophobe c’est quand on a peur des lapins, pas quand on a peur des cunnis !! »

Il ne répondit rien, regarda ailleurs et ils continuèrent à avancer en silence.

 

Au petit matin, ils pénétrèrent dans la citadelle souterraine de Thranduil. Leur guide les conduisit jusqu’au souverain, qui était en train de prendre le petit déjeuné. Ça sentait le café et le toast qui a cramé.

« Ne dites rien, leur lança-t’il avec une moitié de croissant dépassant du bec, je parie un silmaril que vous êtes en route pour le mariage de Gimli et que vous avez pensé : tiens, et si on faisait une halte chez Thranduil pour lui taxer des vivres ?! P*** le Gloïn, il va m’entendre ! Il a intérêt à me rembourser le lembas et le chorizo que je suis obligé de distribuer à tous SES invités, histoire de pas passer pour le gros radin des Terres du Milieu!!! »

 

Et là, Melian et Haldir se rendirent compte qu’autour de la table du souverain de la forêt noire étaient assises diverses personnes qu’ils connaissaient : Merry et Pippin : chacun une énorme chopine à la main, Aragorn, la tronche toute collante de confiture d’abricot et Arwen, grignotant délicatement quelques fruits secs. Il y avait aussi Sheppard et Ronon – en tant qu’ambassadeurs terriens- et une jolie jeune femme qu’Haldir et Melian ne connaissaient pas.

Reposant l’énorme cuisseau de sanglier qu’il avait à la bouche, Ronon se leva et serra bien fort Melian dans ses bras, la soulevant de terre et la faisant tournoyer. Haldir lança un regard assassin au satédien et fut très surpris de voir la jeune femme inconnue en faire de même envers Melian.

 

« Bon, allez, puisque vous êtes là, asseyez vous, prenez donc un jus de fruit, un laitage, une tartine de pain avec du nutella et racontez moi donc comment va Galadriel… »

Thranduil fut peiné d’apprendre que la souveraine de Lorien avait eu un accident, mais il sembla jubiler en apprenant les petits malheurs de Celeborn (d’ailleurs Melian se dit soudain qu’elle n’aurait peut être pas du s’étendre sur les problèmes d’herpès de son monarque devant Thranduil et qu’il aurait mieux valut qu’elle ferme sa grande bouche…)

 

Puis, tandis que les hobbits sirotaient leurs cafés bruyamment, Haldir demanda brusquement :

« Dites-moi, votre majesté, où est le prince Legolas car je désire vivement m’entretenir avec lui et je ne puis le voir à cette table…

- Hélas, répondit Thranduil, le prince Legolas ne se trouve plus dans les frontières de ce royaume : il a basculé dans l’ombre !

- Hein ??!!

- Oui, il a mystérieusement disparu il y a trois mois. On l’a bien cherché deux, trois jours, mais comme on n’avait aucune piste et qu’il me restait une grille de sudoku à terminer, on a laissé tomber… »

 

Haldir et Melian hallucinaient quand soudain une cloche retentie. Un gros bonhomme entra escorté d’un garde. Melian sursauta en reconnaissant le postier qui avait remis le faire part de mariage à Galadriel.

« M’sieur Thranduil ? »

Les relents de gitane maïs donnèrent la nausée à toute l’assistance. D’un signe de tête, le souverain de la forêt noire lui signifia qu’il était bien celui qu’il cherchait. Alors le messager balança une enveloppe sur la table, où elle glissa sur deux bons mètres avant que Thranduil ne la chope, et, sans un pourboire, le gros bonhomme fut prié de repartir d’où il était venu.

Intrigué, Thranduil ouvrit la missive, remarquant au passage qu’elle datait d’il y a trois mois, et au bout de quelques instants, son visage se décomposa :

« Hélas, hélas, trois fois hélas, mais que diable allait-il donc faire dans cette galère ?? », s’exclama t’il avant que le papelard ne lui échappe des mains.

 

(à suivre...)

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 20:30

 

Chapitre un

 

« Les elfes. Les elfes sont chiants ! Plus pénible qu’un elfe y a pas.

On pourrait croire que puisqu’ils sont les créatures douées de la plus longue vie (limite éternelle), ils en font quelque chose d’intéressant… mais même pas.

La plupart du temps, ils se choisissent un coin près de l’endroit où ils sont nés et ils restent plantés là à attendre Mandos ou Godot pendant des millénaires en chantant des ballades interminables et autres poèmes à la con. Vous voulez un exemple de « j’ai pas bougé de chez moi depuis sept mille ans » ? Facile : Cirdan qui prend racine aux Havres Gris et fait joujou avec des bateaux depuis le premier âge !

Mais ils sont tous plus ou moins comme ça.

Au lieu de parcourir le monde pour élargir un peu son horizon, l’elfe de base glande dans une zone qui se limite à moins de 5 km² jusqu’à ce qu’il en soit lassé et se casse à Valinor. C’est un peu déprimant, me direz vous ? Et bin oui, chuis bien d’accord avec vous !

Les elfes sont des pantouflards de première !! Pour faire sortir un elfe de son trou… ou plutôt descendre de son arbre, faut vraiment être motivé. Ya bien qu’en temps de guerre qu’ils se décident à bouffer du pâté de ragondin et à parcourir de longues distances pour livrer bataille aux forces obscures qui veulent soumettre le monde : Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul, et blablabla etc. etc. Mais bon, les guerres thermonucléaires contre un globe oculaire géant, c’est pas tous les jours non plus…

 

Et il n’y a pas qu’au sens propre qu’ils mettent un temps fou à se remuer le cul ! Faut voir les centaines d’années qui s’écoulent avant la prise de la moindre des décisions ! Quand Elrond a décidé de changer la tapisserie de Fondcombe en l’an 1149 du troisième âge après moultes tergiversations avec Celebrian, il s’est écoulé des décennies avant qu’il aille chercher la colle et les rouleaux… résultat : le modèle qu’ils avaient mis tant de temps à choisir n’existait plus depuis belle lurette et le seul endroit où on pouvait encore en voir c’était dans la cave de Gerontius, le Vieux Touque, car il lui en restait un rouleau et demi après avoir refait les murs des waters...

 

Enfin bref… Tout ça pour dire que dans tous les domaines, ce sont des mous du genou… ne parlons même pas de la vie de couple… c’est déjà difficile de convaincre un mâle de quelque espèce que ce soit de vous épouser ou même ne serait ce qu’emménager ensemble, voire reconnaître à voix haute qu’il a des sentiments pour vous… alors un elfe : laissez tomber ! On a le temps de se dessécher comme un vieux pruneau dans un grenier d’Edoras avant que son dulciné n’admette que peut-être, éventuellement, il pourrait y avoir un rapprochement envisageable… Ils ont tellement l’impression d’avoir tout leur temps devant eux qu’ils oublient qu’ils peuvent s’empaler sur un piège à loup à tout moment et laisser passer définitivement la chance de connaître le bonheur qui était à deux doigts de leurs pieds depuis le début ! » …

 

 

Melian leva la tête de son manuscrit, pas vraiment satisfaite de sa prose.

Elle n’était pas très inspirée aujourd’hui…

Elle reposa la plume de faisan qu’elle utilisait. Elle l’avait arrachée à la queue du fier volatile le matin même : elle adorait poursuivre les faisans au milieu des daffodils après le petit déjeuné.

Ayant trouvé une bonne tournure pour sa prochaine phrase, elle trempa le bout aiguisé dans l’encre de poulpe géant de la Mer de Rhûn quand un hurlement suivit d’un grand « zbam » resuivit d’un hurlement retentit dans la plaine. C’était tout proche et Melian se précipita histoire de voir ce que cela pouvait-il bien être…

 

Elle trouva Galadriel, les quatre fers en l’air, les jupons retroussés sur une combi gaine couleur chair, vautrée en bas de l’escalier de Caras Galadhorn. « P*** mais quand cette fichue marche va-t-elle être réparée, ça fait quatre fois que je rappelle le menuisier ! », grommela la souveraine de Lothlorien entre ses dents.

Elle essaya de se relever mais une violente douleur à la jambe l’en empêcha.

« Et merde, je crois que je me suis cassé la jambe !

- Attends, j’vais chercher des serviettes et de l’eau chaude, proposa Melian pleine de bonne volonté

- Euh t’es pas bien réveillée, Melian ? Je vais pas accoucher ! J’ai dit que j’avais la jambe cassée !

- Ah pardon…

- Va plutôt chercher le guérisseur

- J’y cours »

 

Quelques minutes plus tard, un homme en blouse blanche se faisant appeler Dr Mamour, arrivait en courant, le stéthoscope au vent, suivit de Melian et d’Haldir, qui traînait par là. Il examina, palpa et tripatouilla la jambe de Galadriel pendant que cette dernière grimaçait de douleur.

« Il va falloir plâtrer. Y en a au moins pour 2 mois avec interdiction de poser le pied par terre ou de grimper dans un arbre »

Galadriel soupira et tandis que le docteur partait chercher de quoi faire un plâtre, elle rabattit sa longue robe scintillante sur ses jambes pas épilées : il faut toujours que des accidents à la con arrivent quand on est en mode yéti!

 

Haldir et Melian aidaient leur souveraine à s’adosser plus confortablement à un arbre quand un braiement les fit tous sursauter. Un gros bonhomme monté sur un âne approchait.

Il portait l’uniforme caractéristique des messagers : une cape bleu foncé doublée de fourrure jaune. Le signe distinctif de la guilde des postiers était brodé sur sa tunique.

Apercevant le petit groupe au pied de l’arbre, il descendit de son âne et s’approcha de la souveraine de Lothlorien : « M’am Galadriel ? » Elle hocha la tête, un peu écœurée par la face rougeaude, les cheveux noirs et gras, l’haleine avinée et l’odeur acre de la gitane maïs qui pendouillait au bec du messager. « J’ai une lettre pour vous de la part du seigneur Gloïn ! » Et il lui balança la missive d’un coup de poignet expert. « Bon, faut que je vous laisse, j’ai rendez-vous à moins le quart à l’Estel ! »

 

Il remonta sur son âne avec difficulté et s’en fut en rotant.

« L’Estel ?, demanda Melian, c’est quoi ça ?

- Le bar le plus mal famé de toute la région. On y sert une bibine atroce et c’est le repère de tous les vendeurs de nourriture avariée et de substances illicites… »

 

 

Galadriel déroula le parchemin ; ce faisant un petit bout de papier s’en échappa et tomba à terre. Elle commença par parcourir le premier papelard et ouvrit de grands yeux tout ronds de stupeur : c’était un faire part de mariage ! Au même instant, Celeborn descendait de son arbre, tenant un porte document devant la bouche, comme s’il n’osait pas sourire car ses dents étaient tachées par le tabac, le café, l’alcool, la drogue et le chorizo… et vint s’enquérir de ce qui était arrivé à sa femme.

Elle leva la tête vers lui et l’informa : « Chéri, on est invité à un mariage, mais tu vas devoir y aller tout seul, je viens de me péter la jambe !

- Hein ?! Mais c’est quand ce mariage, tu seras peut être guérie d’ici là !!

- Euh, je crois pas : la cérémonie, c’est la semaine prochaine!!

- Quoi ?! Mais ça se fait pas d’envoyer des invitations comme ça à la dernière minute !!

- Bah, en fait, la lettre est datée d’il y a 3 mois, à mon avis c’est la Poste qui a encore merdée !

- Mais je peux pas y aller non plus !!!

- Et pourquoi ça j’te prie ?? »

 

Melian et Haldir observaient sans mot dire le ton monter entre les deux époux de longue date. Celeborn, depuis le début de la conversation, était resté planqué derrière son porte document, mais devant l’insistance de Galadriel, il l’abaissa soudain et découvrit à la vue de tous un énorme bouton de fièvre à multiples vésicules purulentes et gonflées : l’horreur absolue ! Aucune chance qu’un truc pareil guérisse dans les 8 jours, même en utilisant Activir !

 

« Outch, s’exclama Galadriel, euh ouais, t’as raison, tu peux pas y aller…

- Mais au fait qui est-ce qui se marie ?, demanda Melian curieuse

- Regarde donc toi-même, tu vas halluciner ! »

 

(à suivre)

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